RENNES EXPO. LA JÉGADO AUX ARCHIVES DÉPARTEMENTALES : FLEUR DE TONNERRE SERIAL KILLEUSE BRETONNE

Les Archives départementales d’Ille-et-Vilaine présentent une exposition consacrée à Hélène Jégado, serial killeuse bretonne ayant sévit au 19e siècle pendant 2 décennies avant d’être finalement arrêtée et guillotinée à Rennes. Elle serait par ailleurs la plus grande criminelle française à ce jour.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Cette exposition, 13ème édition du cycle BD et Histoire, associe des documents d’archives et des planches originales des deux tomes de la bande dessinée Arsenic, d’Olivier Keraval pour le scénario et de Luc Monnerais pour les dessins, publiés chez SIXTO.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Hélène Jégado cette Morbihannaise, qui fut domestique, cuisinière et parfois prostituée d’après certaines sources, a empoisonné à l’arsenic des dizaines de personnes en Bretagne au milieu du XIXe siècle (peut-être jusqu’à 60 !).

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Allant de maisons en maisons en Bretagne (mais épargnant le Finistère), semant la mort à chaque passage pendant presque 20 ans, elle est finalement arrêtée, jugée et guillotinée à Rennes le 26 février 1852 sur le Champ de Mars (aujourd’hui Esplanade Charles de Gaulle). Ce 13e opus du cycle Bande dessinée et Histoire lui est consacré, replaçant cette épopée morbide dans le contexte politique et social de l’époque.

A cette époque, la vie est très dure en Bretagne, la mortalité est élevée et le choléra sévit depuis plusieurs années explique Philippe Bohuon, adjoint à l’animateur de l’architecture et du patrimoine. Il y a beaucoup de morts durant cette période, ceux causés par Hélène Jegado s’y ajoutent, mais passent finalement inaperçus pendant des années.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

L’enfance de « la Jégado« 

Fleur de Tonnerre naît dans une famille de cultivateurs pauvres. Ses parents seraient pourtant de vieille noblesse issue peut-être d’un des frères de Jehan de Jegado, gouverneur de Concarneau qui sauva autrefois la ville de Quimper. La famille au fil des générations s’appauvrit et cette branche des Jegado devint cultivateurs.

ANKOU
Ploudiry Finistère, Ankou et laboureur

Hélène Jégado vit dans la petite ferme familiale de Plouhinec, élevée dans la religion et les contes et légendes bretonnes qui parfois la terrorise comme la légende de l’Ankou (le serviteur de la mort) qui vient chercher les âmes pour les faire passer de l’autre côté quand leur temps sur terre est achevé. L’Ankou sera évoqué lors du procès comme ayant marqué Hélène Jégado au point qu’elle se serait identifié à lui, en même temps il n’était pas facile de trouver des justifications à tous ces crimes. A l’âge de 7 ans, sa mère décède et elle est alors confiée à une de ses tantes, domestique chez le curé de Bubry.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE
Film Fleur de Tonnerre

Le road-trip mortifère commence en 1833. Hélène Jégado a 30 ans et travaille au service du curé de Guern, Le Drogo, où elle remplace sa soeur Anna, partie travailler au presbytère de Bubry. Très rapidement, le sort s’acharne sur les membres de la maisonnée : le père et la mère du curé, sa nièce de 7 ans, ses deux domestiques et le curé lui-même décèdent à tour de rôle. Anna Jégado, venue assister aux obsèques de son ancien patron, fait elle aussi partie des victimes. Le choléra ayant fait rage un an auparavant et les symptômes s’apparentant à l’empoisonnement à l’arsenic, La Jégado n’est pas soupçonnée et fait même figure de miraculée, sans compter qu’elle veille les mourants jusqu’à leur dernier souffle.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE
Film Fleur de Tonnerre

Cuisinière, elle empoisonnera indifféremment adultes et enfants de la vingtaine de maisons dans laquelle elle travaillera, mais sa série de crimes prendra fin à Rennes lorsqu’elle sera au service de Théophile Bidard de la Noë, (Conseiller municipal de Rennes en 1865 et Maire de Rennes entre octobre 1870 et janvier 1871, son successeur sera Edgar Le Bastard) avocat, professeur de droit et expert en affaires criminelles, qui finira par avoir des soupçons après le décès de plusieurs domestiques à son service. Les autopsies pratiquées sur les corps révéleront finalement un empoisonnement à l’arsenic. Hélène Jégado sera arrêtée et le lien se fera ensuite avec toute la série de morts violentes qui avaient jalonné sa route.

Le 6 décembre 1851 son procès débute devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine. La Jégado est accusée d’empoisonnements, de tentatives d’empoisonnement et de vols, mais la plupart de ses crimes sont prescrits. Son jeune avocat, Me Magloire Dorange, plaide la folie pour des crimes commis sans mobiles. Elle sera pourtant guillotinée en place publique.

Elle a tué sans motifs ou, encore une fois, pour se venger d’un grief pour lequel un cerveau mieux équilibré se serait contenté d’une plainte, d’une injure, d’une correction insignifiante. Hélène est donc une erreur de la nature ou plutôt un fléau de Dieu.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE
Masque mortuaire d’Hélène Jegado conservé au Musée de Bretagne

Malgré sa très longue liste de crimes, Hélène Jégado était une femme croyante, enfin comment en aurait-il pu être autrement dans cette Bretagne imprégnée de catholicisme ?
Dans un premier temps elle niera tous ces crimes en bloc :

Ma conscience ne me reproche rien puisque je suis innocente. Je n’ai jamais donné la mort à personne. Si je l’avais fait, je le dirais. Et je dirais que je mérite de mourir moi-même.

A l’annonce du verdict, Hélène accuse à son tour

Je suis victime de faux témoins et de méchantes langues. J’ai ma conscience pour moi. Le Bon Dieu est juste, et il nous jugera tous.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Elle finira par confesser ses crimes à l’abbé Tiercelin la veille de son exécution, tout en accusant au passage Marie Le Dantec, qu’elle détestait, de 3 crimes au presbytère de Guern. Cette dernière fut totalement innocentée. Que valent donc ces aveux ? Pas grand-chose sans doute… Cherchant la « bosse du crime », des médecins vont autopsier le corps de cette « serial killeuse » et son masque mortuaire est aujourd’hui conservé au Musée de Bretagne.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE
Photo twitter Chocolatier Durand Rennes

Après avoir goûté au gâteau d’Hélène Jegado préparé par la maison Durand (sans arsenic…), Jean Teulé fait d’elle l’héroïne de son roman « Fleur de Tonnerre » en 2013, il sera adapté par la suite au cinéma, en 2017.

Exposition BD et Histoire #13. Hélène Jégado : Un bol d’Arsenic ?
Du 10 Septembre 2019 (Jour entier) au 10 Janvier 2020 (Jour entier)

Archives départementales d’Ille-et-Vilaine
1, rue Jacques Léonard à Rennes

Entrée libre et gratuite du lundi au vendredi de 8h30 à 17h30
Fermeture le 1er lundi de chaque mois et les jours fériés

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Cette exposition également adaptée au jeune public propose des panneaux spécifiques, à hauteur d’enfant, qui jalonnent la visite. Les faits réels sont bien entendus évoqués mais prennent soin de ne pas heurter la sensibilité des enfants.

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Un grand jeu-concours avec de nombreux lots à gagner !
L’exposition est accompagnée d’un jeu-concours  » Mystères et bulles de gomme  » auquel les visiteurs mais aussi les internautes pourront jouer ! Le but : retrouver des dessins cachés… dans d’autres dessins ! Comment jouer : des tablettes seront à disposition à coté de la salle d’exposition ainsi que des casques de réalité virtuelle afin de plonger dans une bulle immersive en 360°. Au joueur de retrouver alors les dessins cachés. Pour les internautes, une application sera téléchargeable ( disponible à partir de la mi-septembre) afin de pouvoir jouer et participer à domicile. Les gagnants seront tirés au sort à la fin de l’exposition.

 

 

La recette du gâteau de la Jégado

 

 

JEGADO FLEUR DE TONNERRE

Fleur de Tonnerre est sorti le 18 janvier 2017. Scénario et dialogues : Stéphanie Pillonca-Kervern et Gustave Kervern d’après le roman éponyme de Jean Teulé (Editions Julliard), Réalisation : Stéphanie Pillonca-Kervern, produit par JPG Films (Jean-Pierre Guérin), en coproduction avec Les Productions du Ch’timi et Nexus Factory.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom