ART-IME. C’est le projet caritatif lancé par L’Institut de la Mère de et de l’Enfant au début du confinement. Répondant à cet appel à la solidarité, une soixantaine d’artistes plasticiens ont mis en vente leurs œuvres pour soutenir l’association rennaise dans sa mission d’améliorer les conditions de vie des enfants hospitalisés. Aurait-on enfin trouvé de l’argent magique pour les services publics ?

Depuis plusieurs semaines déjà, le site Internet de l’Institut de la Mère de et de l’Enfant (IME) présente une galerie d’œuvres plastiques réunissant plus de soixante artistes. Peintres, street artistes, dessinat.eur.ice.s, photographes, plasticien. ne. s, pendant le confinement, tous ont répondu volontaires à ce projet solidaire : vendre leurs œuvres au bénéfice des enfants hospitalisés de l’hôpital Sud de Rennes. Des œuvres réalisées pendant le confinement, s’en inspirant parfois.

Fondée en 1970 à l’initiative de pédiatres du CHU de Rennes, l’IME vise à accompagner l’hospitalisation des mères et des enfants, en complément des soins médicaux. « Son action va de la femme à l’enfant », précise Linda Lassel, présidente de l’association, également gynécologue-obstétricienne à l’hôpital Sud de Rennes. Celui-ci regroupe les services de gynécologie-obstétrique et ceux destinés aux soins médicaux et chirurgicaux de l’enfant. C’est donc bien naturellement qu’il a été le berceau de cette initiative associative impulsée à l’époque par le professeur Jean Sénécal, figure de la pédiatrie sociale. L’association est d’ailleurs essentiellement composée de personnels soignants de cet établissement et y est hébergée gracieusement

Son action s’étend du développement de programmes de prévention et d’aide aux familles des enfants malades, handicapés ou victimes de mauvais traitement, à la mise en place d’occupations pour les enfants hospitalisés. Elle finance aussi des recherches et formations dans le domaine de la gynécologie, de l’obstétrique, de la pédiatrie et de la génétique.

« Avec la crise sanitaire, les enfants hospitalisés ont vu leurs visites et leurs possibilités d’activités restreintes », affirme Linda Lassel, « On a donc voulu trouver un moyen de renforcer notre aide ». Le projet ART-IME a vu le jour grâce à la rencontre avec Patrice Daniello, amateur et acteur rennais du street art, notamment à travers l’association M. U.R qu’il préside. Quel plus beau moyen que de mettre à contribution les artistes, quand les pouvoirs publics s’essoufflent face à la crise ?

WAR!, “De l’agent magique pour la santé”. Prix : 80 €. Vendu

C’est d’ailleurs, à n’en pas douter, le message sous-jacent des deux billets de WAR!. Sur deux billets de banque, le street artiste local bien connu, dont l’œuvre est un leitmotiv du paysage urbain rennais, résume avec une ironie mordante le principe du projet ART-IME : de l’argent « magique » pour la santé et les services publics. La référence directe à une de ces saillies dont Emmanuel Macron a le secret se double d’un pied de nez à la marchandisation abstraite du monde de l’art contemporain. Une simple signature, si reconnaissable, sur un billet de banque, fait gagner à celui-ci de la valeur, les deux billets, l’un de 10 €, l’autre de 50 €, étant vendu au prix de 80 €. Une spéculation artistique qui bénéficie pour une fois aux plus démunis et à l’esprit de solidarité. Du grand WAR!

Vendues en ligne sur le site Internet de l’IME, les œuvres seront remises, quand les conditions sanitaires le permettront, lors d’une soirée de rencontre avec les artistes, ces magiciens faisant pousser l’argent du bout de leurs doigts

Toutes les oeuvres à vendre sont sur le site de la mère et de l’enfant (IME)

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