dim 23 janvier 2022

RENNES. LE RÉCIT DE SARA ISAAKOVNA : UN DIALOGUE INTIME ENTRE MÈRE ET FILS

Le Récit de Sara Isaakovna, de la Compagnie Doroguina, est la mise en scène d’un entretien datant de 1989 entre le peintre russe Alexander Putov et sa mère Sara Isaakovna. La pièce sera présentée dimanche 28 novembre 2021 à la maison de quartier de la Bellangeraie, à Rennes. Ce récit d’une absente à un absent pour les présents est l’œuvre de la comédienne et metteuse en scène Louise Putov, fille d’Alexander Putov.

Louise Putov est comédienne, metteuse en scène et traductrice de russe. Du haut de ces 27 ans, elle créé la pièce Le Récit de Sara Isaakovna qui relate un entretien au cours duquel son père, le peintre Alexander Putov, revenu en Russie après 16 ans d’exil, interroge sa mère, Sara Isaakovna, sur sa vie et l’enregistre sur un magnétophone. La jeune comédienne crée cette pièce sous le nom de sa propre compagnie, la Compagnie Doroguina, « chemin » en Russe.

En 2017, alors qu’elle vient de terminer sa licence et a besoin de se reconnecter à quelque chose de profond, Louise Putov décide de partir sur les traces de son père Alexander Putov. En 1973, ce dernier a émigré de Russie jusqu’en Israël puis s’est rendu au Canada et en France. Elle suivra alors le même chemin dans l’espoir de rencontrer les personnes qui ont croisé le chemin de son père, retrouver des tableaux qu’il a laissés derrière lui avant son départ de Russie et recueillir des témoignages sur l’homme qu’il était.

Lors de son périple dans ces différents pays, la jeune femme réussit sa quête. Elle récupère quelques tableaux et, à l’aide des différents témoignages, se construit une image de l’homme qu’était son père. Il faut dire que de son vivant, le peintre russe était un passionné, il travaillait d’arrache-pied et se consacrait entièrement à son art. « Je n’ai pas énormément de souvenir, car mon père était atteint de parkinson à la fin de sa vie. Il passait sa journée à travailler et je le voyais relativement peu. À partir du moment où il est tombé malade, il s’est enfermé dans un monde inaccessible », confie Louise Putov. « C’est un peu étrange et je le comprends maintenant, mais les souvenirs que j’ai, je les ai reconstitués à partir du témoignage de personnes, des photographies et souvenirs de ma mère. »

Louise Putov au milieu et les deux comédiennes Isabelle Ereac et Marie-Pierre Vallès

Le Récit de Sara Isaakovna

Au cours de sa vie, Alexander Putov écrit Le Réalisme du destin, œuvre autobiographique dont la préface est une transcription d’un entretien qu’il réalise avec sa mère en 1989. C’est en traduisant l’œuvre autobiographique de son père avec l’aide de sa mère que Louise découvre cette préface. Elle développe alors immédiatement une admiration pour cette dernière. Peu de temps après, la jeune femme découvre une cassette audio sur laquelle est enregistré cet entretien entre le peintre et sa mère Sara Isaakovna. Pour la comédienne, ce texte transcrit est merveilleux. « Il y a des images incroyables, c’est presque cinématographique. En le lisant, j’ai pensé que s’il y avait un bout de ce livre qu’il fallait mettre en scène, c’était cette préface. » Ainsi, à partir de la cassette et du texte, elle imagine la pièce Le Récit de Sara Isaakovna.

FETTAAR RENNES

Louise Putov crée alors la compagnie Doroguina et recrute deux actrices pour jouer le rôle de sa grand-mère. Au départ, la metteuse en scène ne recherche qu’une seule actrice âgée d’une soixantaine d’années. Mais, lors de sa rencontre avec Isabelle Ereac et Marie-Pierre Vallès, elle ne peut les départager. « Je ne pouvais pas choisir. C’est super qu’elles soient deux à jouer le rôle de Sara Isaakovna. Elles montrent deux possibilités de représentation de ma grand-mère. » Pour sa pièce, Louise Putov s’est attachée à rester fidèle à l’échange entre son père et sa grand-mère. « J’ai seulement changé le fait que ma grand-mère ne s’adresse pas à son fils mais à moi directement. C’est moi qui pose les questions », explique la comédienne.

Lors de son périple dans l’univers de son père, la jeune comédienne s’identifie comme Louise Putov, fille d’Alexander Putov, peintre connu dans les milieux russes. Pour elle, ce voyage et la réalisation de cette pièce constituent une sorte d’aboutissement dans sa quête d’elle-même et de sa liberté. « Je me suis oubliée moi-même pour aller sur ses traces. Maintenant que j’ai fait tout ça et que j’ai compris qui était mon père, il faut que je suive mon propre chemin. Cette pièce est un premier pas vers ce détachement », avoue-t-elle.

Le Récit de Sara Isaakovna est une histoire universelle qui raconte les liens familiaux, la reconnaissance des ancêtres, la recherche de racines mais aussi la nécessité des mémoires individuelle, familiale et collective.

Dimanche 28 novembre 2021, Le Récit de Sara IsaakovnaCompagnie Doroguina, organisé par la FETTAAR, dans le cadre de Dimanche à Rennes, à 15h, 45 minutes.

Mise-en-scène : Louise Putov

Avec Isabelle Ereac, Marie-Pierre Vallès et Louise Putov.

Maison de quartier de la Bellangerais
5 rue du Morbihan

Tarifs : 4 € / 2 €

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Le Récit de Sara Isaakovna, de la Compagnie Doroguina, est la mise en scène d'un entretien datant de 1989 entre le peintre russe Alexander Putov et sa mère Sara Isaakovna. La pièce sera présentée dimanche 28 novembre 2021 à la maison de quartier de la Bellangeraie, à Rennes. Ce récit d'une absente à un absent pour les présents est l’œuvre de la comédienne et metteuse en scène Louise Putov, fille d’Alexander Putov.

Louise Putov est comédienne, metteuse en scène et traductrice de russe. Du haut de ces 27 ans, elle créé la pièce Le Récit de Sara Isaakovna qui relate un entretien au cours duquel son père, le peintre Alexander Putov, revenu en Russie après 16 ans d'exil, interroge sa mère, Sara Isaakovna, sur sa vie et l'enregistre sur un magnétophone. La jeune comédienne crée cette pièce sous le nom de sa propre compagnie, la Compagnie Doroguina, « chemin » en Russe.

En 2017, alors qu’elle vient de terminer sa licence et a besoin de se reconnecter à quelque chose de profond, Louise Putov décide de partir sur les traces de son père Alexander Putov. En 1973, ce dernier a émigré de Russie jusqu’en Israël puis s’est rendu au Canada et en France. Elle suivra alors le même chemin dans l’espoir de rencontrer les personnes qui ont croisé le chemin de son père, retrouver des tableaux qu’il a laissés derrière lui avant son départ de Russie et recueillir des témoignages sur l’homme qu’il était.

Lors de son périple dans ces différents pays, la jeune femme réussit sa quête. Elle récupère quelques tableaux et, à l’aide des différents témoignages, se construit une image de l’homme qu’était son père. Il faut dire que de son vivant, le peintre russe était un passionné, il travaillait d’arrache-pied et se consacrait entièrement à son art. « Je n'ai pas énormément de souvenir, car mon père était atteint de parkinson à la fin de sa vie. Il passait sa journée à travailler et je le voyais relativement peu. À partir du moment où il est tombé malade, il s'est enfermé dans un monde inaccessible », confie Louise Putov. « C'est un peu étrange et je le comprends maintenant, mais les souvenirs que j'ai, je les ai reconstitués à partir du témoignage de personnes, des photographies et souvenirs de ma mère. »

Louise Putov au milieu et les deux comédiennes Isabelle Ereac et Marie-Pierre Vallès

Le Récit de Sara Isaakovna

Au cours de sa vie, Alexander Putov écrit Le Réalisme du destin, œuvre autobiographique dont la préface est une transcription d’un entretien qu’il réalise avec sa mère en 1989. C’est en traduisant l’œuvre autobiographique de son père avec l’aide de sa mère que Louise découvre cette préface. Elle développe alors immédiatement une admiration pour cette dernière. Peu de temps après, la jeune femme découvre une cassette audio sur laquelle est enregistré cet entretien entre le peintre et sa mère Sara Isaakovna. Pour la comédienne, ce texte transcrit est merveilleux. « Il y a des images incroyables, c'est presque cinématographique. En le lisant, j’ai pensé que s'il y avait un bout de ce livre qu'il fallait mettre en scène, c'était cette préface. » Ainsi, à partir de la cassette et du texte, elle imagine la pièce Le Récit de Sara Isaakovna.

FETTAAR RENNES

Louise Putov crée alors la compagnie Doroguina et recrute deux actrices pour jouer le rôle de sa grand-mère. Au départ, la metteuse en scène ne recherche qu’une seule actrice âgée d’une soixantaine d’années. Mais, lors de sa rencontre avec Isabelle Ereac et Marie-Pierre Vallès, elle ne peut les départager. « Je ne pouvais pas choisir. C’est super qu’elles soient deux à jouer le rôle de Sara Isaakovna. Elles montrent deux possibilités de représentation de ma grand-mère. » Pour sa pièce, Louise Putov s’est attachée à rester fidèle à l’échange entre son père et sa grand-mère. « J’ai seulement changé le fait que ma grand-mère ne s’adresse pas à son fils mais à moi directement. C’est moi qui pose les questions », explique la comédienne.

Lors de son périple dans l’univers de son père, la jeune comédienne s'identifie comme Louise Putov, fille d'Alexander Putov, peintre connu dans les milieux russes. Pour elle, ce voyage et la réalisation de cette pièce constituent une sorte d’aboutissement dans sa quête d’elle-même et de sa liberté. « Je me suis oubliée moi-même pour aller sur ses traces. Maintenant que j'ai fait tout ça et que j'ai compris qui était mon père, il faut que je suive mon propre chemin. Cette pièce est un premier pas vers ce détachement », avoue-t-elle.

Le Récit de Sara Isaakovna est une histoire universelle qui raconte les liens familiaux, la reconnaissance des ancêtres, la recherche de racines mais aussi la nécessité des mémoires individuelle, familiale et collective.

Dimanche 28 novembre 2021, Le Récit de Sara IsaakovnaCompagnie Doroguina, organisé par la FETTAAR, dans le cadre de Dimanche à Rennes, à 15h, 45 minutes.

Mise-en-scène : Louise Putov

Avec Isabelle Ereac, Marie-Pierre Vallès et Louise Putov.

Maison de quartier de la Bellangerais
5 rue du Morbihan

Tarifs : 4 € / 2 €

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