LE MUSÉE DE PONT-AVEN RACONTE L’IMPRESSIONNISME EN BRETAGNE

Du 29 juin 2019 au 5 janvier 2020, le musée de Pont-Aven présente L’Impressionnisme d’après Pont-Aven. Au programme : une déambulation dans l’histoire de l’impressionnisme et l’importance de la Bretagne sur la production artistique de l’époque. En regard des quatre-vingt œuvres exposées, Unidivers propose une balade artistique en compagnie des compagnons de route de Paul Gauguin sur les chemins d’une nouvelle peinture contemporaine.

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La conservatrice du musée de Pont-Aven, Estelle Guille des Buttes, face à une reproduction de l’affiche pour l’exposition de peintures du groupe impressionniste et synthétiste, au Café des Arts de Monsieur Volpini, 1889.

« Depuis des années, nous traitons des sujets ayant trait au synthétisme, à l’école de Pont-Aven autrement dit. Mais, il est attesté que des artistes à la veine impressionniste sont venus travailler en Bretagne et aussi à Pont-Aven », explique la conservatrice du musée de Pont-Aven, Estelle Guille des Buttes.

En regard des toiles de l’artiste et des peintres qui l’ont accompagné – Gustave Loiseau, Ferdinand Loyen du Puigaudeau, Maxime Maufra et Henry Moret – une balade dans l’histoire de l’impressionnisme et les retombées de ce mouvement est proposée. « Nous tentons de clarifier la situation entre 1880 et 1920, de la naissance de l’impressionnisme aux mouvements qui suivent : le postimpressionnisme, le néoimpressionnisme, le synthétisme, etc. », éclaire t-elle.

impressionnisme d'apres pont aven« Si tu veux comprendre Gauguin, regarde Pissarro »

Impressions au soleil levant, 1872. Avant la naissance officielle de l’impressionnisme, Claude Monet peint une marine qui, deux ans plus tard, donne son nom au mouvement. En rupture avec les codes académiques de l’époque, une nouvelle peinture réaliste contemporaine s’éveille.

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Camille Pissarro, La moisson à Montfoucault, 1876.

Quand Paul Gauguin rencontre Camille Pissarro en 1874, il devient un guide sur la route picturale de Gauguin. « Quand il épouse la voie impressionniste, il marche sur les traces de Pissarro. Il suit ses conseils et séjourne à Rouen (Normandie) », poursuit la conservatrice. De ce séjour naît Un verger au-dessous de l’église de Bihorel (1884). Scène difficilement lisible si l’on ne s’y attarde pas, le paysage champêtre prend le dessus sur l’église en arrière plan, sujet principal de la toile à l’origine.

Cette représentation de la nature à la manière des impressionnistes révèle les premières réflexions artistiques de Gauguin, affilié au mouvement depuis 1879. Cette sensibilité se traduit par une construction picturale dense et en mouvement.

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Paul Gauguin, Un verger au-dessous de l’église de Bihorel, 1884.

La société anonyme de peintres, de sculpteurs et de graveurs et le café Volpini

La fin de l’impressionnisme et la découverte des côtes bretonnes par les artistes accompagnent le premier séjour de Gauguin à Pont-Aven, en 1886. « Au contact de la Bretagne, il interroge le devenir de la peinture ». Une année qui annonce un tournant décisif dans l’art, sans pour autant parler de rupture.

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Paul Gauguin, Les misères humaines, 1889. Zincographie sur papier velin jaune

« Selon Gauguin, le synthétisme est le prolongement de l’impressionnisme dans l’invention de la modernité »

Parallèlement à l’Exposition Universelle de 1889, un autre événement se joue à Paris. Sur les conseils de Théo Van Gogh (frère de Vincent Van Gogh), Paul Gauguin et Emile Schuffenecker organisent l’exposition de peintures du groupe impressionniste et synthétiste, au Café des Arts de Monsieur Volpini.

Tables de brasserie, livres en consultation et musique plongent le public dans un espace immersif, reflet de l’ambiance des cafés parisiens de la fin du XIXe siècle. Une capsule sonore dans le but de s’imprégner d’une époque, tout en admirant les zincographies* de Gauguin, que l’on appelle aujourd’hui la Suite Volpini. « La Bretagne, les drames de la mer, le Sud ou encore les visites de musée, au delà de l’esprit de synthèse qui l’anime, Gauguin montre que l’art est partout. Il ne se réduit pas à un art du chevalet, supérieur à une forme d’art décoratif » explique la conservatrice du musée face aux œuvres.

Tirée à une cinquantaine exemplaire, la suite Volpini, véritable échec commercial à l’époque, est aujourd’hui l’une des plus recherchées du monde. Ironie du sort.

* Médium peu répandu à l’époque, la zincographie est un procédé d’impression selon les mêmes principes que la lithographie. La pierre est remplacée par le zinc.

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Paul Gauguin, Les vieilles à Arles, 1889. Zincographie sur papier velin jaune.

« Maufra, l’artiste d’avant-garde » selon Gauguin

Il est l’un des peintres les plus admirés par Paul Gauguin, qui lui dédicacera d’ailleurs un pastel conservé dans les collections permanentes du musée de Pont-Aven. Nourri des nouvelles idées de Gauguin et de l’œuvre de Claude Monet, dont on peut découvrir Pluie à Belle-Île (1886), Maxime Maufra a su capter l’atmosphère singulière des côtes bretonnes et particulièrement, le moment éphémère des vagues qui s’échouent sur les rochers. De ses réflexions naissent des toiles aux allures inachevées mais à la force picturale certaine, notamment la Crique (1894).

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Claude Monet, Pluie à Belle-Île, 1886.
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Maxime Maufra, détail du tableau La Crique, 1894.

Soucieux de capter la houle des vagues et de repousser les limites de la représentation, des amas de roches schématisées encadrent la toile. Le regard du spectateur ne se concentre plus que sur le mouvement des vagues, sujet principal de l’œuvre. Une réussite picturale entre synthétisme et impressionnisme, intensifiée par le traitement singulier de la peinture au centre du tableau.

« Maufra montre qu’il n’y a qu’un seul enseignement. On sent l’esprit du synthétisme dans les grandes masses rocheuses alors que le travail de l’écume est traité par touches à la manière des impressionnistes – souligne la conservatrice face aux toiles de Maxime Maufra. La force de Paul Gauguin réside aussi dans le fait de ne pas enfermer les artistes dans un style académique. Il les a laissé chercher et trouver leur propre voie. Maufra en fait une parfaite synthèse. Gauguin dira de lui qu’il est l’un de ceux qui a le plus osé ».

impressionnisme d'apres pont avenHenry Moret, une palette de couleur flamboyante

De sa rencontre avec Paul Gauguin à Pont-Aven dans les années 1890, Henry Moret retiendra le traitement par grandes masses et les couleurs pures. Entouré d’expériences plastiques et de toiles à la croisée des chemins artistiques, Goulphar, Belle-Île (1895) semble illuminer la salle d’exposition temporaire à elle seule. Considérée comme une des plus belles créations d’Henry Moret, ce bijou pictural à la palette vive de verts, jaunes et roses ne peut qu’aspirer le public.

À en juger par la touche virgulée et les effets de masses, la facture impressionniste se mêle au synthétisme dans une composition plus traditionnelle, où le regard est dirigé vers l’horizon.

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Henry Moret, Goulphar, Belle-Île, 1895. Propriété du musée d’Orsay, mais déposée depuis des années au musée des Beaux-Arts de Quimper.

Gustave Loiseau, impressionniste jusqu’au bout

Après le départ de Gauguin, les peintres du groupe de Pont-Aven décident de prolonger leur séjour en Bretagne ou de s’y installer. « Il est un de ceux qui va porter le style impressionniste le plus longtemps, dans les années 1920 ». Sans succomber au symbolisme de Gauguin et à ses compositions « japonisantes », chacun a poursuivi les travaux de Claude Monet en apportant des réponses personnelles, à l’image de Gustave Loiseau à Pont-Aven. « Chaque artiste travaillait une gamme chromatique spécifique ».

« La mer a compté dans la production artistique de l’époque, mais tout un pan de lA création se trouve à l’intérieur des terres »

De sa chambre d’hôtel, ses pinceaux matérialisent les rues de Pont-Aven dans un travail en plongée. Fidèle au mouvement impressionniste, ses toiles révèlent la sensibilité avec laquelle il peint la ville, perméable à ce qui s’y est joué.

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Vue de l’exposition L’impressionnisme d’après Pont-Aven. Toiles de Loiseau au premier plan et Puigaudeau au second.

Ferdinand du Puigaudeau, « peintre des atmosphères diurne et nocturne »

« Puigaudeau a été un compagnon de route de Gauguin dans les années 1880, à l’époque où il vivait à Pont-Aven », explique Estelle Guille des Buttes. On retiendra de ses toiles le travail de la lumière, les effets d’illusions et les lumières dorées qui se reflètent dans l’eau… La lune, personnage à part entière de ses toiles nocturnes, donne une atmosphère singulière et propre à son travail qui ne peut laisser le spectateur indifférent. Une poésie entre synthétisme et impressionnisme qui, au final résume, le travail artistique des peintres présents dans l’exposition…

impressionnisme d'apres pont avenDu 29 juin 2019 au 5 janvier 2020. Exposition L’impressionnisme d’après Pont-Aven, musée de Pont-Aven. 

Jours et horaires d’ouverture 2019

FERME LE LUNDI (sauf juillet et août)

VACANCES SCOLAIRES toutes zones : Du mardi au dimanche de 10h à 18h

HORS VACANCES SCOLAIRES

Février, mars, novembre, décembre du mardi au dimanche de 14h à 17h30 – Fermé le lundi
Avril, mai, juin, septembre et octobre du mardi au dimanche de 10h à 18h – Fermé le lundi
Juillet et août 7 / 7 jours (du lundi au dimanche) de 10h à 19h (sauf les lundis 1er et 8 juillet)

Le musée de Pont-Aven sera ouvert exceptionnellement le lundi de Pâques, le lundi 29 avril, le lundi 6 mai et le lundi de Pentecôte.

TARIFS 2019

Si l’exposition temporaire est présentée : Tarif plein : 8 € / réduit : 6 € – Tarif groupe (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 5 €

Si l’exposition temporaire n’est pas présentée : Tarif plein : 5 € / réduit : 3 € – Tarif groupe (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 3 €

TARIFS RÉDUITS

Sur présentation d’un justificatif : jeunes de 18-26 ans, étudiants, détenteurs du Passeport culturel

CD29, enseignants, personnels du Ministère de la Culture, CNAS, CEZAM, amis du musée d’Orsay, musée de l’Orangerie et musée du Louvre à Paris, et sur présentation d’un billet tarif plein de l’année en cours du Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture

(Landerneau) et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau.

GRATUITÉ

Sur présentation d’un justificatif : moins de 18 ans, demandeurs d’emplois (avec justificatifs de – 6 mois), journalistes, conservateurs du patrimoine, animateurs du patrimoine, guides-interprètes, guides-conférenciers, détenteurs des cartes «Bretagne musées» et ICOM

Conseil international des musées, adhérents aux Amis du Musée de Pont-Aven et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau, personne en situation de handicap et son accompagnateur : sur présentation d’une carte d’invalidité.

OFFRE TARIFAIRE

Sur présentation du ticket, une entrée au Musée de Pont-Aven donne droit à une entrée à tarif réduit au Fonds Hélène & Edouard Leclerc, à Landerneau et au Musée de la Pêche, à Concarneau. Réduction valable durant l’année en cours.

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