Comme tous les mois, les chiffres du chômage sont tombés avec toujours cet objectif « d’inverser la courbe du chômage » ! Comme si un indicateur de performance allait faire oublier la réalité…

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de critiquer le président Hollande plus que les autres auparavant sur ce problème du chômage. Il ne fait, et son administration avec, que perpétuer une politique du chiffre et de la navigation aux instruments (les plus moqueurs diront qu’on en manque sur un pédalo). Il ne fait aussi que perpétuer ce qui a cours à la fois dans les administrations et dans les grandes entreprises, c’est-à-dire l’utilisation de tableaux de bord et d’indicateurs qui renforcent le phénomène de « tour d’Ivoire ». Le dirigeant d’entreprise est un manager et ne connaît plus le produit qu’il vend. Apple engagea un ancien de Pepsi en son temps avec le peu de résultats que l’on connaît. Philippe Varin, pointé du doigt cette semaine pour sa retraite de 21 millions, n’était pas un « car guy ». Des contre-exemples existent si les dirigeants se passionnent vraiment pour le produit et sortent de la routine de la présentation hebdomadaire des indicateurs.

Ainsi, sur le chômage, on peut se féliciter de voir les chiffres baisser de 20 000 chômeurs…sauf que pendant ce temps, plus de 60 000 sont radiés des listes ! Sauf que pendant ce temps, les personnes de plus de 45 ans trinquent puisqu’il n’y a rien de prévues pour elles : pas d’emplois aidés, plus de formations, pas d’aides au retour à l’emploi et la durée moyenne d’inscription poursuit son inexorable augmentation. Les radiations des listes de Pôle Emploi sont, depuis 4 mois, de 20% supérieure à la moyenne des 2 dernières années. Doit-on y voir un simple hasard ou une volonté de grignoter les chiffres pour atteindre des objectifs chiffrés ? Car la gestion de pôle emploi n’est pas différente de celle des autres entreprises avec objectifs pour les managers qui se répercutent ensuite sur « leur produit », à savoir les hommes et les femmes qui sont inscrits.

Pire encore, cette gestion chiffrée de l’humain se retrouve dans les indicateurs démographiques et économiques mondiaux : PIB/habitant, niveau de vie, revenu moyen. Il n’est pas évident de juger de la « qualité » de vie en regardant seulement la « quantité ». La vision macro qui a cours empêche de voir les disparités, gomme beaucoup trop de défauts si elle n’est pas accompagnée par une connaissance du terrain qui va bien plus loin que le parcours guidé dans un pays, une usine… Ainsi, visiter deux heures un site de Pole Emploi, rencontrer 2 ou 3 chômeurs ne permet pas de connaître véritablement la situation de précarité, de pauvreté. Nous oublions très vite d’où nous sommes issus lorsque nous réussissons, ce que peuvent endurer les autres, ceux que l’on refuse de voir parfois. Alors lorsque l’on rajoute une couche d’indicateurs par dessus pour nous donner bonne conscience, il est impossible de prendre une décision qui tienne compte de l’humain… ou de l’animal lorsqu’il s’agit aussi de décisions politiques et économiques. Il faut garder à l’esprit que nous ne sommes pas sur cette terre pour gagner plus durant la petite période de vie que l’on nous octroie. Nous sommes ici pour vivre ensemble dans le meilleur cadre qui soit et en sauvegardant le plus possible cet environnement de vie pour les générations futures, humaines, animales et végétales. Si les indicateurs sont utiles, ils ne doivent jamais masquer le but premier.

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