Dans le cadre de la résidence de Raphaël Jeune intitulé « L’événement ou la plasticité des situations », le Phakt – centre Culturel Colombier Rennes – accueille jusqu’au 18 décembre 2015 l’exposition Last Seen standing between brackets – indoors de l’artiste, chorégraphe, performeuse et curatrice israélienne Adva Zakai.

 

Petit retour en arrière : au mois de février 2015, Unidivers vous a raconté par le menu l’événement Sticky Recipe. Animée par l’artiste Nico Docks, cette journée consista en un temps de partage autour d’un repas confectionné par tous les participants. Ponctué par des temps de paroles autour du neurobiologiste Francisco J. Varela, Sticky Recipe clôturait la première exposition de la résidence de Raphaël Jeune. Le deuxième artiste invité, François Deck, poursuit actuellement dans une collaboration plus souterraine. Dans un module à huit clos, il invite Raphaël Jeune à partager son protocole de l’Ecole erratique…

Et nous revoici donc au Phakt dix mois plus tard pour découvrir l’œuvre d’Adva Zakai !

adva zakaï phaktVendredi 13 novembre, le vernissage de Last seen standing been brackets – indoors inaugurait le deuxième événement public de cette résidence. Sur invitation de Raphaël Jeune, l’artiste israélienne Adva Zakaï « passe le cap de l’expositition », autrement dit elle expose pour la première fois. Dans ce projet conçu pour le Phakt, la performeuse et chorégraphe déserte la scène et tente de créer une chorégraphie de mots.

Pour rappel, Raphaël Jeune questionne l’expérience de la présence ici et maintenant ; l’art et l’œuvre comme expériences ou l’expérience de l’œuvre elle-même. C’est ainsi une rencontre entre deux subjectivités qui se donne à voir. Des questionnements qui se retrouvent dans la pratique d’Adva Zakai qui explore les différents champs de la performance à travers un dialogue corps et langage.

Je ne crois pas faire ici une exposition, mais plutôt travailler dans un espace d’exposition. Je ne change pas vraiment de médium, car j’utilise l’espace pour mes performances. (entretien Raphaël Jeune/Adva Zakaï)

adva zakaï phaktComment danser dans un lieu non adapté, comme le réseau internet ? Est-il possible de développer des subjectivités avec la standardisation ? Cette réflexion commune autour de la corporalité les réunit.

Dans cette salle aux murs blancs, des projections envahissent les quatre cloisons. Des lettres blanches apparaissent sur fond noir. Des mots se forment puis des phrases se construisent. Phrases en lien avec les mots et l’espace. « Espace immatériel », « mots émancipés »… Par cette installation, Adva Zakaï invite le spectateur à se confronter à un texte qui grandit lui-même comme sujet dans l’espace. Les mots deviennent en quelque sorte des codes qui dépassent la subjectivité d’une personne.

adva zakaï phaktDe fait, avec ses projections, les mots envahissent l’espace afin de prendre corps… Bouger, changer, se cacher… Le spectateur cherche la suite et crée inconsciemment une chorégraphie…que l’artiste aime appeler « un pas de deux ». Le corps bouge en fonction du texte, parfois dissimulé par la silhouette d’un corps ; le nôtre, celui d’un inconnu… nous sommes alors renvoyés à notre propre présence dans l’espace.

Adva ZAKAÏComme le spectateur d’une chorégraphie, le visiteur est invité à donner du temps à quelque chose qui évolue sous ses yeux. (entretien Raphaël Jeune/ Adva Zakaï, pour le Phakt – Centre Culturel Colombier).

 Adva ZAKAÏ Sur un des murs, un petit renfoncement horizontal laisse apparaître une série de livres. Ils attendent. Intriguent. Et comme l’Unidivers est un grand curieux, nous nous approchons. « Tu as dû te sentir attiré par moi si tu as fini par venir ici. » C’est l’histoire d’une rencontre et d’un dialogue. Le texte s’écrit au fur et à mesure que les pages se tournent. Encore une fois, un dialogue se crée entre le corps et le langage. Il est aussi question d’un jeu. L’espace et le livre se renvoient mutuellement la balle pour une meilleure compréhension de l’ensemble.

Afin de clôturer ce deuxième événement de la résidence de Raphaël Jeune Adva Zakaï donnera une performance au Musée de la danse, le vendredi 18 décembre à 19 h. A ne pas manquer.


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