Le Pass Culture est un nouvel outil permettant aux jeunes d’accéder à des propositions culturelles par une application Internet. Lancé en mai 2021, il alloue à chaque jeune de 18 ans une enveloppe de 300 € dédiés à l’éducation artistique et culturelle, en plus de répertorier nombre d’activités accessibles gratuitement. Le dispositif s’est étendu depuis janvier 2022 aux jeunes de 15 à 17 ans et aux classes de la quatrième à la terminale. Unidivers a échangé avec Sébastien Cavalier, président de la SAS Pass Culture, dont l’objectif est que tous les jeunes accèdent à la culture.

Une enveloppe de 300 € confiée aux jeunes de 18 ans et dédiée à des pratiques culturelles, voilà comment on pourrait résumer le Pass Culture. Selon Sébastien Cavalier, président de la société par actions simplifiée chargée de l’exécution du dispositif, son objectif est de «  donner envie aux jeunes d’avoir plus de pratiques culturelles diversifiées, en partant du principe que les pratiques culturelles sont un des éléments importants de la construction d’un individu pour lui permettre de devenir un adulte et un citoyen éclairé  ».

Le Pass Culture est le résultat d’une promesse d’Emmanuel Macron dans le cadre de la campagne présidentielle de 2017. Le candidat s’était engagé en faveur d’une accessibilité de la culture à tous les jeunes et d’un renforcement de l’éducation artistique et culturelle à l’école. «  Aujourd’hui, tous les élèves ne bénéficient pas de ces parcours pour différentes raisons, notamment par manque de financements. La création du Pass Culture rajoute des fonds qui doivent permettre de s’approcher de cet objectif  », affirme Sébastien Cavalier.

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Expérimentation et mise au point du Pass Culture

Entre 2017 et 2019, un travail préparatoire donne lieu à la création d’une société par actions simplifiée (SAS) pour piloter le Pass Culture. Entre 2019 et 2021, le dispositif est testé dans 5, puis 14 départements. À ce stade, il consistait à offrir aux jeunes de 18 ans une somme de 500 €, à utiliser pendant 24 mois à compter de l’inscription sur l’application. En mai 2021, le président de la République annonce la généralisation du Pass à l’ensemble du territoire et sous une forme nouvelle qui s’ouvre aux jeunes de 15 à 17 ans. Car, comme le résume Sébastien Cavalier, «  si l’objectif est de faire en sorte que les jeunes aient plus de pratiques culturelles diversifiées, 18 ans c’est un peu tard  ». 

Désormais, les jeunes de 15 ans disposent d’une somme symbolique de 20 €, puis de 30 € à 16 et 17 ans et de 300 € à 18 ans. Cette part individuelle du Pass Culture est complétée d’une part collective allouée aux collèges et lycées pour les élèves de la classe de quatrième à la terminale. La dotation est de 25 € par élève pour les classes de quatrième et troisième, de 30 € pour les élèves de seconde et 20 € pour celles et ceux de première et terminale. «  Ce qui fait à peu près 800 € de crédit pour une classe, qui permettent de financer des sorties culturelles ou des cours de pratiques artistiques  », précise Sébastien Cavalier.

Ce double volet du Pass Culture donne la possibilité aux jeunes de combiner des choix personnels en matière de pratiques culturelles à des expériences collectives supervisées par les équipes enseignantes. «  Quand on observe la façon dont les crédits sont utilisés à titre individuel et à titre collectif, la complémentarité apparaît vraiment. Individuellement, les jeunes vont plutôt faire des achats de livres, de places de cinéma ou de concerts, d’instruments de musique. Collectivement, ce qui marche très bien, ce sont les spectacles vivants et les ateliers de pratique. En fin de compte, le cumul des deux permet une ouverture importante aux jeunes  », se réjouit Sébastien Cavalier.

Comment ça marche ?

Concrètement, un jeune s’inscrit sur Pass Culture et active ses droits. Le choix de passer par une application smartphone a été privilégié, car aujourd’hui, comme le souligne Sébastien Cavalier, 97 % des 15-20 ans sont équipés de smartphone. Il est tout de même possible, pour celles et ceux qui n’en disposeraient pas, d’utiliser Pass Culture par ordinateur. Une fois inscrite, la personne peut sélectionner des pratiques ou des achats à proximité de chez elle au sein d’un vaste catalogue que composent plus de 13 000 acteurs culturels sur l’ensemble du territoire français, dont déjà plus de 1 000 en Bretagne. Ces derniers peuvent proposer des activités en se créant un compte, puis en postant des annonces. Les offres sont ensuite vérifiées par les équipes du Pass Culture, en amont, au moment de leur publication, puis en aval par des sondages de satisfaction auprès des jeunes.

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Concernant la part collective du Pass Culture, l’objectif était de simplifier les démarches sans pour autant bouleverser ce qui se faisait déjà pour l’éducation artistique et culturelle (EAC). «  L’arrivée du Pass Culture a suscité beaucoup de discussions parmi les acteurs concernés. Elle a amené à se poser des questions sur le fonctionnement de l’EAC. Des sujets en général connus, mais pas forcément traités refont surface et on essaie de trouver des solutions concrètes pour les dépasser. Il y a un effet d’entraînement qui dépasse la simple création du dispositif  », explique Sébastien Cavalier

La part collective du Pass Culture s’appuie sur un outil préexistant, le logiciel Adage, développé par le ministère de l’Éducation nationale pour faciliter l’accès scolaire aux activités culturelles. De la même manière qu’auparavant, les équipes enseignantes peuvent construire un programme avec des acteurs culturels, puis le réserver sur le logiciel sans plus se préoccuper des démarches administratives et comptables qui pesaient lourd dans l’emploi du temps. Un certain nombre d’acteurs culturels avaient déjà l’agrément des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture pour proposer des offres sur le logiciel Adage. L’extension du Pass Culture aux jeunes de 15 à 17 ans a suscité une vague d’inscriptions, et plus de 3000 acteurs culturels ont été formés pour proposer des projets d’éducation artistique et culturelle dans ce nouveau cadre.

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Visite de l’exposition Dark-en-ciel à La Criée, Rennes.

En un peu plus d’un an, le Pass Culture est déjà un succès : 75 % des jeunes de 18 ans en bénéficient. En comptant les jeunes de 15 à 17 ans, qui ont commencé à s’inscrire depuis janvier 2022, ils sont plus de deux millions à utiliser l’application, dont 166 000 en Bretagne. Mais pour atteindre l’objectif d’accessibilité à tous, le Pass Culture devra encore améliorer ce qu’il propose. 

Aspirations : l’accessibilité à toutes et tous

Un des facteurs de cette amélioration est la cohérence entre les activités proposées et celles présentes sur le territoire, dont l’application doit se faire le reflet le plus exact possible. «  On a fait beaucoup d’efforts pour ajouter aussi les offres gratuites. Ce n’est pas parce qu’un musée ou une bibliothèque a un accès gratuit pour les jeunes que ces institutions n’ont pas vocation à figurer dans le Pass Culture. Au contraire, cela permet de leur donner de la visibilité et de proposer aux jeunes des découvertes sans enjeu financier  », raconte Sébastien Cavalier. Ainsi, au-delà d’un argent de poche pour la culture, le Pass Culture a pour ambition de devenir un véritable agenda culturel qui soit force de proposition à destination des jeunes.

Dans le même ordre d’idée, la SAS Pass Culture, dans l’esprit d’une start-up, cherche à améliorer son application en affinant les fonctions de recherche et de recommandation. L’objectif est que l’utilisateur puisse, à partir de ses recherches personnelles, se perdre dans le catalogue à la découverte de pratiques, de lieux, de thématiques qu’il ne connaissait pas. L’attractivité des propositions est un autre facteur important. «  On accompagne les acteurs culturels dans la manière dont ils vont travailler avec les jeunes, qui ont une façon de s’informer et de s’intéresser qui leur est propre. Cette évidence, il faut la traduire par une capacité à donner envie, en choisissant les bons sujets, en les présentant de la bonne façon, en proposant des bons plans, des exclus, etc.  », explique Sébastien Cavalier

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En guise d’exemple, le président du Pass Culture cite le cas de 25 jeunes à Rennes qui ont pu découvrir les expositions et rencontrer les artistes participant au vaste programme estival Exporama. «  On parle de jeunes dont ce sont les premières expériences culturelles. Il nous semble essentiel qu’ils soient bien accueillis pour leur donner envie de revenir, car il n’y a pas que des barrières financières dans la culture, mais aussi des barrières symboliques  », renchérit Sébastien Cavalier.

Bien d’autres réflexions sont en cours pour pérenniser le Pass Culture, comme la possibilité de le recharger, ou l’ajout de fonctions qui pourraient décider les utilisateurs à continuer à utiliser l’application, même après 18 ans. Il est aussi question d’élargir la part collective du dispositif aux élèves de sixième et de cinquième, ainsi qu’aux jeunes en apprentissage qui, pour le moment, n’en bénéficient pas. Autant d’initiatives qui pourraient contribuer à se rapprocher de l’objectif encore lointain d’une culture accessible à toutes et tous, quel que soit le lieu de résidence, le niveau d’étude, ou le milieu social.

Découvrez le Pass Culture sur l’application

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Jean Gueguen
J'aime ma littérature télévisée, ma musique électronique, et ma culture festive !

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