Paolo Cognetti narre le destin superbe de Sofia à travers les transformations d’une existence hors-norme. De la petite fille à la femme adulte, le lecteur suit cette une si parfaite transformation. De la perte de l’innocence à la découverte de l’amour, tout est décrit avec puissance. Le lecteur est embarqué dans une sorte d’anarchie tournoyante, mais en fait très calculée. Le traitement volontairement moderne du personnage sert avec intelligence la sensibilité poétique. L’enchainement des dix moments de sa vie bouillonnants et hypnotiques s’opère comme un balai fluide et réussi. Sofia a quelque chose de fort, de percutant, d’inoubliable. Sofia s’habille toujours en noir de Paolo Cognetti vous émeut jusqu’à… l’épiderme.

En fait, depuis le jour de sa naissance, la vie est une guerre pour Sofia. Une guerre qu’elle mène contre ses proches, contre le monde entier. Inquiète, excentrique, débordante, insaisissable, Sofia est toujours habillée en noir. Et son humeur aussi. Pourtant elle fascine tous ceux qui l’approchent. De Milan à Brooklyn, leurs paroles dessinent le portrait de cette rebelle et, en filigrane, celui d’une société qui depuis la fin des années 70 cherche ses repères. De gentils ghettos résidentiels s’installent en bordure des villes, la politique perd de son aura, la liberté individuelle est le nouveau Graal… Mais Sofia, fille unique de la bourgeoisie ordinaire, trace son chemin. Résolument.

Avec une écriture qui décortique les personnages et les émotions, un roman-mosaïque fort et troublant qui a déjà conquis l’Italie. Maturité du récit, puissance du style, modernité du traitement – des ingrédients qui font de Sofia s’habille toujours en noir de Paolo Cognetti une petite merveille littéraire.

David Norgeot

Sofia s’habille toujours en noir de Paolo Cognetti, Liana Levi, 12 sept 2013, 14€,

Un extrait

 

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