« Pourquoi les parents français sont-ils supérieurs ? », c’est la question que posait la journaliste américaine Pamela Druckerman, dans un article paru le 5 février dernier dans le Wall Street Journal. Voilà une entrée en matière fracassante pour promouvoir un essai qui vient de paraître en librairie sous le titre Bringing Up Bébé: One American Mother Discovers the Wisdom of French Parenting. L’écrivain y confesse son admiration pour l’éducation à la française. Tout est affaire de culture, selon elle. N°3 des ventes aux États-Unis.

Épouse et mère vivant à Paris, la correspondante de journaux américains a étudié l’éducation des enfants à la française. « Les Français ne sont pas parfaits, mais ils ont quelques secrets d’éducation qui fonctionnent vraiment très bien. » Comment caractériser l’éducation française ? Mélange improbable de calme et d’autorité.

Points saillants de son analyse : une bonne conjugaison des rôles de mère et de femme, une absence de culpabilité (notamment dans le placement en crèche) et un recours accepté à la structuration et à l’interdiction comme mode d’éducation (heures des repas, interdiction de regarder la télé). Ce sont donc les enfants qui s’adaptent aux parents, et non l’inverse. Conclusion, l’éducation française est très cadrée, mais laisse l’enfant libre au sein du cadre. De fait, on est loin des ritournelles en vogue outre-Atlantique : « Si tu ne réussis pas à l’école, tu n’auras pas d’assurance-maladie »…

Selon Pamela Druckerman, « les Français promeuvent la tradition et la solidarité alors que les Anglo-saxons privilégient le tout nouveau et l’individualisme […] L’école américaine fournit aux enfants une panoplie de nouveautés technologiques en les incitant à s’en servir pour être les meilleurs alors que l’école française reste très scolaire et s’emploie à autonomiser les enfants dans leur réflexion. »

Différence également notable : « En France l’ascension sociale est rare, voire impossible. En Amérique, en revanche, n’importe qui peut passer de son garage où il a une idée et invente un truc nouveau à la couverture du Time. »

La question de l’allaitement est bien entendu abordée : « Seules 55% des mères françaises allaitent contre la majorité aux États-Unis. Les parents français ne veulent pas abandonner leurs avantages d’adultes en se réduisant à n’être que des parents. Ni jouets dans le salon, ni tétine dans le lit — chacun à sa place. »

 Conclusion assez réaliste : « Si les enfants français sont sages avec leurs parents, ils deviennent des démons une fois que ces derniers ont le dos tourné. Nous autres Américains connaissons d’avantage le scénario inverse : les enfants sont sages à l’école et en société et moins avec leurs parents. »

Alors, quelle éducation est la meilleure ? Bien savante qui le dira.

 Nicolas Roberti

 

Bringing Up Bebe: One American Mother Discovers the Wisdom of French Parenting, (the Penguin Press, 7 février 2012, 304 p. 26$

 

 

Animula blandula vagula : Âme de diaphane intimité, hôtesse et compagne de mon corps, tu verses vers des lieux délavés, escarpés et dénudés, où ne résonnent tes jeux d’esprit…

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