Le gothique en musique est souvent l’objet de vifs débats. Authenticité, style, tout est bon pour critiquer les artistes s’en revendiquant. Chelsea Wolfe est de celle-là : son style est difficile à définir mais recèle un incontestable charisme. Même la série Game Of Throne s’y intéresse… Présentation de son quatrième album : Pain is Beauty.

 

Trois ans et déjà quatre albums : On peut dire qu’elle ne chôme pas à Sacramento. Elle a installé son univers sombre et éthéré, oscillant entre folk et pop avec quelques touches électroniques, voire industrielles. Et ce Pain is Beauty s’annonce aussi fascinant que le reste. Feral Love a été repris comme thème dans la saison 4 de Game of Throne, comme pour marquer une étape dans sa carrière.

Chelsea-WolfeC’est d’ailleurs le single de l’album et on peut dire qu’on le remarque avec sa rythmique proche de l’industriel. On côtoie des sonorités plus ambient et électroniques sur « House of Metal » sans que cela choque par rapport au reste de l’album. L’utilisation d’écho et de forts reverb est récurrente. On pense même à du Goldfrapp lorsqu’elle tutoie les aigues dans « The Warden ». Chelsea Wolfe ne dédaigne pas utiliser des samples en rythmique pour renforcer l’ambiance d’un morceau, comme dans « Sick » avec son orgue, ses déclencheurs photos. Le cœur de l’album use et parfois même abuse d’artifices, mettant la chanteuse en retrait. C’est bien dommage lorsqu’on l’entend donner de sa voix et de son feeling sur « Reins » titre presque progressif.

Pain_is_beauty_cover

« We Hit a Wall »  ou bien encore « Destruction makes the world burn brighter » rappelleront du Neil Young avec les sonorités folk rock sombre et un style bien plus épuré. Finalement entre les deux, notre cœur balance. La chanteuse et son univers ont quelque chose de diablement fascinant et enlever un de ces éléments risquerait de faire tomber cette fragile cathédrale….gothique bien sûr. Car elle ne semble pas vraiment dévier de son chemin déjà difficile à définir. C’est peut être en live qu’elle apporte le plus de présence, se rapprochant alors de Portishead. Ce quatrième album s’avère peut être plus riche au niveau sonore, ce qui peut autant lui attirer de nouveaux fans qu’en dérouter beaucoup. Une réussite, donc, mais bien malin celui qui devinera à quoi ressemblera le prochain.

Pain Is Beauty  par Chelsea Wolfe – Label Sargent House

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