F.J. Ossang est sans doute le dernier grand poète du cinéma français. C’est Gaspard Ulliel, l’acteur, qui le dit. Il est loin d’être le seul. Toutefois la poésie et l’exigence du réalisateur français a un prix. L’audace ne paie pas toujours, alors l’existence de 9 Doigts dépend aussi de l’aide de ses futurs spectateurs.

 

Un cinéaste déterritorialise au lieu de dénoncer, il remonte instinctivement au génie supérieur de la lumière, comme le poète – au lieu de trivialiser l’esprit des lieux en les passant au crible délateur de sa caméra – sinon à quoi bon !… (F.J. Ossang, Mercure insolent, p.106)

9 doigtsDepuis les glaciales furies punk de son groupe MKB Fraction Provisoire (fondé en 1982) jusqu’à la frénésie du cinéma le plus singulièrement moderne et poétique en passant par l’aventure de l’écrit avec la revue Cée (édité par Christian Bourgois, excusez du peu), Ossang scrute les racines creuses et les cieux blafards de nos mythologies contemporaines… Depuis 1982 F.J Ossang (voir notre article sur son livre Mercure insolent) a bataillé pour réaliser ses 5 courts-métrages et 4 longs-métrages. Il fait jouer Clovis Cornillac à ses débuts dans Le trésor des îles chiennes (1990, pour lequel il reçoit le grand prix au festival de Belfort), met en scène le leader des Clash, Joe Strummer, dans Docteur Chance (1997) et toujours, toujours il affirme son indépendance et sa haute conception de l’art du kinématographe.

9 doigtsRejeton enflammé et effronté de la Nouvelle vague et de la New Wave Ossang promet avec 9 Doigts dans nous promener encore dans un onirisme noir et blanc, cinglant et décalé qui se fait désormais bien rare dans le cinéma français. A ses côtés dans l’aventure rien moins que Gaspard Ulliel donc, mais aussi Pascal Greggory, Paul Hamy, Alexis Manenti, Damien Bonnard, Lisa Hartmann… Avec le producteur Sébastien Haguenauer (et sa société 1015 production) et toute l’équipe de tournage F.J. Ossang est parvenu a réaliser la première partie de son odyssée sur pellicule. Pour continuer et nous délivrer l’épopée entière il lance sur touscoprod.com une proposition de financement participatif afin de voir aboutir 9 Doigts son oeuvre melvilienne des antipodes :

9 DOIGTS commence à la manière d’un film noir : dans la nuit d’une ville méditerranéenne surprise par la neige et la glace, une gare où tous les trains sont arrêtés. Un homme, du nom de Magloire, sort fumer une cigarette le temps d’une escale. Soudain, tout se précipite, quand survient un contrôle de police. Magloire se résout à prendre la fuite, comme il est : sans bagages – et sans avenir. Sous l’effet du hasard, Magloire tombe sur un homme sur le point de mourir – Delgado. Cherchant à le secourir, il hérite d’un paquet d’argent tandis que l’autre agonise, mais les ennuis commencent : une bande est à ses trousses, dont il finit otage, puis complice. C’est la bande de Kurtz. Finalement il s’arrange avec eux, car Magloire s’arrange de tout : il essaie de survivre, de s’adapter aux situations, comme un être que rien n’attend. De restitution d’argent captif en braquage, il intègre cette bande criminelle dont il devient l’associé, pour découvrir que celle-ci est impliquée dans une conspiration où tous ses proches ne sont que des exécutants secondaires. La figure mystérieuse de « 9 Doigts » semble le centre de cette conspiration.

 

Tous les détails et les conditions pour devenir coproducteur de 9 Doigts ici 

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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