Le chœur de chambre Mélisme(s), sous la direction de Gildas Pungier, donne vie à l’œuvre culte de Brahms à l’opéra de Rennes lors de deux concerts plein d’émotion et d’espoir en cette période de crise sanitaire. Par sa composition unique qui renverse les codes, le Requiem allemand rompt avec la funeste fatalité du deuil afin d’en extraire la lumière. Un hommage à la fraternité humaine confrontée aux épreuves et aux peines, pourtant ce n’est pas la mort qui est l’héroïne, mais c’est bel et bien le vivant qui est porté haut et fort par les voix du chœur Mélisme(s). Un moment réconfortant bien précieux en ces moments difficiles à découvrir le 1er et 2 octobre 2020 à l’opéra de Rennes.

Opera Chœur Concert Gildas Pungier
Choeur de chambre Mélisme(s) en concert à l’Opéra de Rennes en Avril 2018 dirigé par Gildas Pungier.

Après être rentré à l’Opéra de Rennes en 1994 en tant que chef de chœur, Gildas Pungier crée le chœur de chambre Mélisme(s) en 2003. Porté par la volonté de doter la région Bretagne d’un chœur professionnel qui existait alors seulement dans un cadre lyrique, Mélisme(s) explore à la fois un répertoire généraliste, mais aussi des compositeurs bretons oubliés remis sur le devant de la scène. « Lorsque j’ai créé Mélisme(s), j’avais déjà cette envie qui est devenue une mission de s’intéresser aux compositeurs méconnus de la région. Nous explorons énormément de siècles de musique tout en gardant nos domaines de prédilection comme le romantisme allemand, la musique française fin XIXe au début XXe et les compositeurs bretons, un répertoire que nous aimons interpréter et défendre. »

Le chœur composé de 32 voix s’est déployé au fil des années jusque dans les plus prestigieux opéras de France en travaillant de nombreux compositeurs notamment Paul Ladmirault, Joseph-Guy Ropartz, mais aussi Paul Le Flem. Le chœur a aussi répondu à d’autres demandes, notamment à des partenariats avec l’OSB et l’Ensemble Matheus de Jean-Christophe Spinosi à Brest. Ce n’est pas la première fois que le chœur se tourne vers Brahms, un compositeur qu’il avait déjà visité il y a plusieurs années sous l’angle de sa relation avec Robert et Clara Schumann et, plus récemment, autour des chants de tzigane composés par Brahms.

« Cela m’intéressait d’explorer le lien entre la musique de Brahms et son inspiration de la musique tzigane alors j’ai créé le programme Brahms Tziganes dans lequel nous allons faire rencontrer la musique de Brahms et la musique tzigane à travers des mélanges audacieux pour montrer les liens entre musiques populaires et musiques savantes. » Ce programme devait avoir lieu l’été dernier, il verra le jour plus tard.

En attendant, vous pouvez retrouver un avant-goût de ce programme dans le prochain épisode de La petite cuisine musicale, une série culinaire fondée par le chœur qui invite des musiciens et chanteurs d’Opéra autour d’un menu musical. « Nous avons tourné ce format pour expliquer au travers de quelques œuvres les liens entre la musique de Brahms et la musique tzigane. Pour cela, j’ai rajouté des parties de violon qui n’existait pas dans la partition originale à la manière d’un ingrédient de recette, en ajoutant un peu de sauce tzigane au plat, on se rend compte des inspirations présentes dès le début grâce à la présence de Fabien Boudot, violon super-soliste de l’orchestre de Bretagne. » La vidéo sera publiée le 29 septembre sur la chaîne YouTube du programme.

« Il y a des compositeurs vers lesquels j’aime revenir régulièrement, Brahms en est l’un d’eux. J’avais déjà eu l’occasion de monter une très belle version du Requiem Allemand écrite par le compositeur lui-même lorsqu’il s’est rendu à Londres pour y faire connaître son œuvre où l’orchestre est remplacé par deux pianos. La musique de Brahms a cette particularité qu’elle part toujours du piano en réussissant à trouver un équilibre remarquable entre l’écriture du piano et les voix du chœur. »

C’est cette version d’exception à deux pianos, diffusée il y a seulement une vingtaine d’années, que Gildas Pungier a choisi de présenter au public lors du concert à l’Opéra de Rennes. Brahms y conjugue les pianos et le chœur de façon harmonieuse, dans un unisson complémentaire. « En perdant l’orchestre nous gagnons un fruité des voix qui permet d’aller chercher de nouvelles couleurs et de mettre le chœur à l’honneur qui est le personnage principal du requiem présent du début jusqu’à la fin et je ne pense pas que ce soit un hasard en sachant que Brahms voulait l’appeler Un Requiem Humain. Par rapport à d’autres œuvres que nous connaissons telles que le requiem de Mozart ou de Verdi avec un texte catholique nous avons ici un texte protestant qui est moins vertical, les passages sombres de la vie se mêlent au halo de la transcendance rendant ce requiem extrêmement lumineux. »

Chœur Mélisme(s) Opéra

Une oeuvre universelle et un beau message d’espoir. « Il y a ce moment magnifique lorsque la soprane et le chœur se rejoigne en une figure maternelle qui console ceux qui souffrent. Ils deviennent les représentants de l’humanité. »

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Jeudi 1er octobre 2020 à 20h – Diffusion en direct au Tambour – Université de Rennes 2, sur www.lairedu.fr  et www.opera-rennes.fr

Vendredi 2 octobre 2020 à 20h

Gildas Pungier : Direction Musicale
Camille Poul : Soprano solo
Timothée Varon : Baryton solo
Choeur de chambre Mélisme(s) – Ensemble en résidence à l’Opéra de Rennes
Colette Diard, Coralie Karpus : Piano

Site de l’ensemble Mélisme(s)

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