Les éditions Denoël publient Six mois, dix ans et un jour, un roman de Mathieu Trautmann. Dans ce récit de presque 150 pages, on n’est pas loin de l’univers hitchcockien de Fenêtre sur Cour. Comme dans le film du maître, David, traducteur, scrute depuis sa fenêtre les ombres qui vont et viennent dans l’hôtel voisin. Seule différence, il n’assiste pas à un meurtre en direct… Il crée au contraire la vie, en donnant chair à des personnages nommés par des lettres de l’alphabet

Intensément, Mathieu Trautmann nous livre, leur passé, leurs amours et leur avenir. Mais on ne devient pas le médium du destin des autres sans qu’ils fassent soudain irruption dans votre vie… Ce roman est sans doute celui d’un romancier encore jeune dans le métier. Des beaux passages toutefois dans le récit de la jeunesse de David à Paris et dans cette petite diatribe contre les piqûres de moustiques durant le sommeil. Mathieu Trautmann a même trouvé un remède efficace pour éviter les boutons qui grattent : un verre de sang à côté de son lit..

Mathieu Trautmann a de l’avenir littéraire devant lui, des histoires à raconter et du style à revendre. Il faut le lire afin de voir à nouveau un ouvrage signé de sa main dans les bacs.

A découvrir au plus vite.

[stextbox id=”info”]Six mois, dix ans et un jour, aux éditions Denoël, 150 p., 16 €, dans toutes les bonnes librairies.[/stextbox]

Un commentaire

  1. Assez d’accord avec cette critique, encore que la référence à Hitchock s’arrête à la fenêtre. J’y ai trouvé, pour ma part, le parfum bien-aimé de Truffaut et Antoine Doisnel. Une tristesse doucement désinvolte, l’errance hors du monde, hors la vie, mais la vie qui revient et avec elle la fulgurante nécessité d’aimer.
    Ce livre est écrit comme un chant de bossa nova : c’est beau, c’est sobre, mais c’est triste, mais c’est beau.

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