Chaque mois est aujourd’hui source de nouvelles promesses. Juin, habituellement pauvre en nouveautés littéraires, nous offre cette fois quelques beaux récits. N’hésitons pas à retrouver le chemin des librairies, masqué peut-être, à distance sûrement, mais heureux de retrouver la richesse d’un lieu et les conseils d’un connaisseur.

Alexandre jardin francaise

Alexandre Jardin est un des auteurs français les plus lus. Avec Française (Albin Michel, 4 juin 2020), une saga sociale et amoureuse, l’auteur nous surprend en campant les vies ordinaires de trois soeurs. Elles sont trois Françaises modestes, mère célibataire, femme trompée ou perdue, trois amoureuses confrontées aux complexités de la vie. Lorsque l’entreprise de leur région ferme, elles se retrouvent sur les rond-points avec tous les incompris de la société. Avec Française, Alexandre Jardin réinvente le roman populaire.

christine de mazières

Christine de Mazières est Franco-Allemande. Après Trois jours à Berlin, son premier roman remarquable sur la période de la chute du mur de Berlin, elle revient avec La route des Balkans (Sabine Wespieser) sur un moment plus récent de l’Allemagne avec l’afflux massif en 2015 de réfugiés syriens. Alternant les points de vue, Christine de Mazières met en scène quelques-uns des acteurs de ce drame humanitaire. Le récit mêle les destins d’Asma, de Tamin , et d’Helga, chacun confronté à la douleur de l’exil avec les processus de décisions en haut lieu.

OLIVIA RUIZ

On la connaissait chanteuse, Olivia Ruiz signe son premier roman, La commode aux tiroirs de couleur (JC Lattès, 3 juin 2020), une fresque romanesque sur l’exil. À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes  de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations  de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

ELENA FERRANTE

Elena Ferrante a séduit de nombreux lecteurs avec sa trilogie, L’amie prodigieuse. La vie mensongère des adultes (Gallimard, 9 juin 2020) campe une nouvelle fois la différence sociale des quartiers napolitains. Giovanna, fille unique d’un couple de professeurs, cherche à en savoir davantage sur une tante étrange à laquelle son père la compare. Avec cette tante, elle découvre les quartiers pauvres de Naples. Entre espérance et désillusion, Giovanna voit son éducation remise en cause et doit trouver sa voie entre deux façons de vivre.

isabel allende

Avec Plus loin que l’hiver (Grasset, 10 juin 2020), Isabel Allende nous livre un roman intime, une histoire d’amitié et de rédemption autour des thèmes de l’identité et de la migration. Chilienne expatriée au Canada pendant la dictature de Pinochet, Lucia Maraz porte encore les cicatrices de son passé. Invitée par l’université de New-York, elle loge chez Richard Bownaster, homme endeuillé et taciturne. Lors d’un accident de voiture, ce dernier rencontre une Guatémaltèque sans papier qui va les entraîner vers un destin inattendu.

r j ellory

R.J. Ellory s’attaque à une des grandes énigmes de l’histoire des États-Unis. Mais le 22 novembre 1963, date de l’assassinat de Kennedy devient Le jour où Kennedy n’est pas mort (Sonatine, 4 juin 2020). Par contre, quelques jours plus tard, la fiancée du photojournaliste Mitch Newman se suicide. En tentant de comprendre ce qui s’est passé, Mitch se retrouve confronté au travail de sa fiancée, une enquête sur la famille Kennedy. Il s’aventure ainsi dans le monde dangereux et complexe de la politique américaine.

smith noyade

Dans Noyade (Gallimard, 4 juin 2020) , le dernier thriller de J.P. Smith, un riche homme d’affaires se fait rattraper par son passé. Alex Manson était moniteur de natation dans un camp de vacances. Pour lui, tous les enfants devaient savoir nager à la fin du séjour. Joey, huit ans, a peur de l’eau. Alex le laisse seul sur un radeau, le mettant au défi de rentrer à la nage. On ne retrouvera jamais l’enfant. Mais vingt ans plus tard, au sommet de sa réussite, la vie d’Alex Manson tourne au cauchemar. Joey serait-il venu le hanter ?

bernhard schlink olga

En version poche, retrouvez le dernier roman de Bernhard Schlink, Olga (Folio, 4 juin 2020). L’auteur allemand dresse un magnifique portrait de femme sous toile de fond de l’histoire allemande. Un roman d’amour et de transmission dans une Allemagne qui sacrifie toute une génération pour ses rêves de grandeur.

ryan gattis en lieu sûr

Question récurrente du roman noir, jusqu’où iriez-vous pour protéger ceux que vous aimez ? Ryan Gattis y répond avec une tragédie réaliste sur fond de crise financière entre docks et faubourgs de Los Angeles. En lieu sûr (Livre de poche, 10 juin 2020) est un thriller au rythme haletant qui ne vous laissera aucun répit.

2 Commentaires

  1. Tout cela est fort alléchant. Quant aux auteurs étrangers, ne laissez pas croire qu’ils sont aussi auteurs de la traduction française de leurs livres. La moindre des élégances – ou des honnêtetés – serait de nous dire qui a traduit ces textes en français. Les traducteurs et traductrices sont, certes, des auteurs en second, mais le texte français leur appartient et on doit mentionner qui l’a écrit.

  2. J’ai un grand respect pour les traducteurs. Je ne manque pas de les citer dans les chroniques de mon blog personnel et de ce magazine. Sur un article plus général comme celui-ci, c’est moins évident. Mais je prends en compte votre remarque pour les parutions mensuelles suivantes. Merci pour votre message et votre fidélité.

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