NICOLAS DELESALLE : LA FACTRICE N’HABITE PLUS À L’ADRESSE INDIQUÉE

N’habite plus à l’adresse indiquée de Nicolas Delesalle … Et si le destin d’une factrice était bouleversé par d’étranges courriers tombés dans sa propre boîte aux lettres…

On existe beaucoup moins quand personne ne vous regarde.

Nicolas DELESALLE

 

Qui est la mystérieuse Sissi ? Une factrice pas comme les autres, c’est le moins que l’on découvre dans ce roman mené tambour battant au rythme d’un centre de tri qui ne sait plus où donner de la tête dès que les plis journaliers défilent dans les bacs. Qui est donc ce mystérieux destinateur aux allures de corbeau qui adresse des lettres enflammées à cette mystérieuse Sissi ? Admettons que c’est tout de même un comble pour une factrice d’être la victime d’un corbeau. Et puis à qui peut franchement plaire Sissi ? Parce qu’elle n’affiche pas un physique de rêve du haut de sa cinquantaine bien tapée.

Commence alors une drôle d’enquête menée par son entourage professionnel et les rares amis qu’elle compte parce que pas si facile la Sissi malgré son nom de rêve (elle n’en a visiblement que le nom, rien à voir avec la délicieuse Romy). Donc Simon, le fidèle Simon, décide de venir en aide à Sissi pour dénicher de son arbre perché cet oiseau de mauvais augure qui ne cesse d’importuner la dame par ses missives douteuses. Et c’est qu’il en pince sérieusement pour elle. Alors on fouille, on revisite le passé de Sissi. A-t-elle laissé un amant éconduit sur le bord du chemin ? A-t-elle importuné quelque membre de la gent masculine ou féminine ? On ne sait jamais avec cette joyeuse équipée.

Parce que si ce n’est pas nécessairement drôle tout le temps de recevoir des plis d’amour, des promesses de lendemains enchanteurs, l’humour – même grinçant – participe allègrement de cette farce qui réserve bien des surprises quand elle tournera à des événements plus dramatiques voire tragiques. C’est qu’il s’en passe des choses entre les centres de tri et la boîte aux lettres de chacune et chacun d’entre nous. Que l’on habite ou pas, ou plus, à l’adresse indiquée. On rêverait même parfois ne pas savoir du tout ce qui se dépose dans le fond de nos boîtes en zinc, en fonte, en plastique, ou ce qui se glisse subrepticement sous nos portes.

Avec l’esprit et la sensibilité qui caractérisent ses textes, Nicolas Delesalle livre dans ce roman les portraits bouleversants de femmes et d’hommes qui nous ressemblent, confirmant qu’il est de ces plumes qui savent donner des ailes aux âmes en peine.

Une jolie performance littéraire !

N’habite plus à l’adresse indiquéeNicolas Delesalle – Éditions Préludes – 225 pages
Parution : octobre 2019. Prix : 15,90 €.

Couverture : © Gyane ; Francesco Cantone/iStock – Photo auteur Nicolas Delesalle © Hermance Triay.

Lire un extrait ici.

Né en 1972, Nicolas Delesalle a été grand reporter à Télérama pendant quinze ans avant de rejoindre Paris Match. Il a dirigé l’ouvrage Télérama 60 ans publié aux Arènes. N’habite plus à l’adresse indiquée est son quatrième livre.

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