C’était un beau vendredi d’avril frais mais ensoleillé, et le jardin du Thabor grouillait de rires d’enfants qui couvraient allègrement le chant des oiseaux qui, osons le dire, doivent se cacher, un peu interloqués par la présence de tous ces gens au milieu des installations chamarrées du festival Mythos.

A l’intérieur du Cabaret Botanique, sous la tenture rouge qui ondoie, deux cygnes chantent. Rosemary Standley (Moriarty) et Dom La Nena (violoncelliste et chanteuse) nous offre avec une admirable sobriété un répertoire proprement baroque, au sens figuré, de Monterverdi à Leonard Cohen en passant par des berceuses brésiliennes ou des chants populaires italiens c’est bel et bien le spectre infini de cet art subtil et particulier de la chanson qui est dessiné, souligné par deux voix qui esquissent, avec volupté, un espace non délimité ! Nous tanguons d’un continent à un autre, d’un siècle à un autre avec la même grâce, le même charme. Et là le terme est précis. Le chant, la chanson, au-delà du style, des tonalités, des couleurs procède d’un art de l’enchantement. Les deux magiciennes de Birds on the Wire le savent bien et ont su aussi le faire partager à leur public. Reste que, programmé à une heure un peu plus tardive, dans une ambiance plus feutrée, la magie aurait sans doute mieux opéré.

Thierry Jolif

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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