Municipales 2026 à Rennes : quel scénario pour le second tour à Rennes ?

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mairie rennes

À 4 jours des élections municipales de mars 2026, Rennes s’apprête à vivre un scrutin décisif.

Ville depuis longtemps bastion socialiste, la capitale bretonne a vu s’aiguiser les appétits et se multiplier les candidatures. Dans un contexte social marqué par la crise du logement, la précarité étudiante, le retour de l’extrême pauvreté, les débats relatifs à la sécurité et la désarticulation de l’unité républicaine, ce scrutin pourrait reconfigurer durablement l’équilibre politique rennais. Le jeu des alliances a eu lieu et aura encore peut-être lieu… En février, les programmes sont parus, enfin ! Enfin ! Pourtant, les élections arrivent avec l’impression partagée par la majorité des Rennais qu’il n’y aura pas eu de vraie campagne. Combien alors de Rennais s’abstiendront d’aller voter ? 68% comme en 2020 ? Ou plus encore ? Il est urgent de complètement repenser ces élections afin que la vision politique reprenne le pas sur la communication tactique et restaurer ainsi un large intérêt populaire.

Repères – Municipales 2026 à Rennes

  • Dates : 15 & 22 mars 2026 (décret du 27 août 2025).
  • Débat TV : mercredi 4 mars 2026 à 18h30, débat TVR (diffusé aussi sur Public Sénat) réunissant plusieurs têtes de liste.
  • Gauche PS : Nathalie Appéré a annoncé se présenter à un troisième mandat le 20 novembre 2025.
  • Centre-centre-droit : Charles Compagnon (Horizons) a fusionné sa liste le 24 septembre avec Carole Gandon (Renaissance), le MoDem 35 (Boucher et Vedrenne) ainsi que l’UDI [centre-droit de Hervé Marseille], Démocrates et progressistes Territoire de Progrès [centre-gauche de Jean-Yves Le Drian], L’Union des démocrates et indépendants [centre-droit de Jean-Louis Borloo représenté par la ministre Françoise Gatel, maire de Châteaugiron et sénatrice d’Ille-et-Vilaine] et le Parti Breton [centre-gauche autonomiste] dans le collectif Vivre Rennes dès le premier tour. 
  • EELV : projet porté collectivement par la liste Confluences (soutenu par UDB et Nouvelle Donne) ; deux porte-paroles : Gaëlle Rougier & Priscilla Zamord. Mais ralliement à la liste Appéré le 18 octobre 2025, les écologistes rennais réunis dans le collectif Confluences (EELV-UDB-ND) ont validé une alliance avec le Parti socialiste dès le premier tour.
  • LFI : Marie Mesmeur & Gwénolé Bourrée désignés chefs de file (juin 2025). Marie Mesmeur est désignée tête de liste le 21 novembre 2025. L’insoumis Ulysse Rabaté, battu lors de la désignation des deux précédentes chefs de file a décidé de conduire sa propre liste « Rennes Commune ».
  • PC : Yannick Nadesan, tête de file du PC rennais, se rallie à la liste PS le 14 novembre. Sur les 127 adhérents qui constituent la section du PC à Rennes, 117 militants communistes y étaient favorables.
  • Liste socialo-écolo-communisto-autonomiste PS–EELV–PC-UDB : Alliance officialisée avec les écologistes et UDB le 18 octobre 2025 puis avec les communistes le 14 novembre. Les écolos ont préféré jouer la carte plus sûr de la majorité que d’opter pour une alliance avec les copains de la section LFI rennaise minée par les guerres intestines. C’était attendu et de bonne guerre politicienne… Les militants de LFI accusent mal le coup car ils savent que leur chance d’obtenir des positions futures est réduite et leur ambition secrète de remplacer le PS empêchée.
  • Droite LR : Thomas Rousseau conduit la liste « L’Espoir rennais » (Les Républicains). Il a le soutien du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
  • RN : Julien Masson, tête de liste officielle avec l’intégration d’un ex-directeur de la police dans l’équipe pour crédibiliser le thème sécurité.
  • Liste citoyenne : initiatives indépendantes en cours de structuration, impact à confirmer. Le parti animaliste constitue une liste nationale, liste rennaise à confirmer. Erell Duclos est tête de liste du collectif trotskyste révolutionnaire Révolution Permanente. Le Parti des travailleurs présente la liste Rennes contre la guerre avec Morgane Pernot Goarvot à sa tête. Lutte ouvrière et NPA-Révolutionnaires ont pour tête respective Sandra Chirazi et Victor Darcissac. Le nouveau parti Équinoxe défendra un programme centré uniquement sur l’écologie, Yan Mélan le représente.
    –> Rappel des règles du scrutin : 4 février 2026, date limite pour l’inscription en ligne sur les listes électorales pour pouvoir voter aux municipales ; 6 février 2026, date limite d’inscription en mairie ; 26 février 2026 à 18 heures, date limite de dépôt des candidatures pour le premier tour ; campagne électorale officielle à partir du 2 mars 2026. Une liste doit atteindre 10 % pour se maintenir au 2e tour, 5 % pour fusionner avec une autre. La répartition des sièges se fait avec une prime majoritaire pour la liste arrivée en tête, puis répartition des sièges restants à la proportionnelle.

Quel scénario pour le premier tour à Rennes ?

Des facteurs pondérants .
-> Les projets municipaux convaincront-ils ? Surtout, sont-il susceptibles de convaincre des électeurs autres que les déjà captifs ? Ou ne feront-il qu’ajouter au désintérêt des électeurs à l’égard des candidats et cette élection*.
-> En fonction, des jeunes et moins jeunes inscrits issus des quartiers estudiantins ou prioritaires de Rennes vont-ils se mobiliser ?
C’est une importante variable imprévisible du scrutin.
-> Le cas échéant, leur vote ira à LFI (certains Français d’origine immigrée aux revenus faibles ; en particulier de confession musulmane qui exprimeront leur soutien à Marie Mesmeur après sa participation à la flottille pour Gaza) et au RN (certains Français d’origine locale déclassés et une partie des personnes âgées et des jeunes de 18 à 26 ans qui éprouvent un sentiment d’abandon peu ou prou corrélé à une islamisation de la société et à une explosion de la délinquance que la municipalité comme la préfecture bretonnes peinent à endiguer).
-> Pour autant, dans un climat socialement tendu, les craintes économiques nationales et géo-stratégiques pourraient inciter certains électeurs ancrés à gauche mais hésitants à privilégier la stabilité républicaine incarnée par Nathalie Appéré au détriment de l’alternative LFI jugée plus radicale, de plus en plus risquée. A contrario, des écolos déçus par la politique de la majorité (y compris par les élus écolos) vont voter Duclos ou LFI.

> Bref, il y a un delta d’au moins 8 % d’électeurs susceptibles de voter aussi bien LFI que PS–PC–EELV–UDB. Ils seront l’objet de toutes les convoitises des militants des deux bords durant la campagne, car leur vote au premier tour constituera une variable capitale dans la confirmation de l’alliance PS–PC–EELV–UDB.

Voilà nos projections des tendances du premier tour [à l’heure actuelle*] :

Bloc PS–PC–EELV–UDB : 40 à 46 %. La liste conserve un socle, bénéficie de l’avantage de la sortante et de l’union à gauche institutionnelle.
Coalition centre-droit (Compagnon–Gandon–MoDem–UDI, etc.) : 24 à 32 %. Forte capacité à agréger un électorat d’alternance, mais un plafond rennais historiquement difficile.
LFI (Mesmeur/Bourrée) : 9 à 14 %. Le passage des 10 % est l’enjeu décisif. La dynamique dépendra de la mobilisation et de la capacité à parler au-delà du noyau militant.
Listes de gauche radicale hors LFI : 3 à 4 % au total, répartis entre « Rennes Commune » (Rabaté) et Révolution Permanente (Duclos), selon la visibilité de campagne et la captation d’un vote de protestation.
Équinoxe (Yan Mélan) : 2 %, potentiel d’appoint grâce à une prestation de campagne réussie grâce à un ciblage précis des enjeux.
LR (Thomas Rousseau) : 3 à 6 %. L’enjeu est moins la conquête que la capacité à peser, franchir nettement 5 % et créer une marge de négociation.
RN (Julien Masson) : 6 à 9 %. Seuil de 5 % très probable, avec un surcroît possible si la thématique sécurité devient centrale dans la dernière ligne droite.

Au second tour, 3 articulations sont possibles :

1. (Scénario probable) Une triangulaire :

PS–EELV–PC–UDB (45-53 %), LFI (10-14 + 3-5 extrême-gauche = 13-18 %) et coalition centre-droit-droite (38–45 %).

Au cas, LFI engrangerait un fort résultat, il y aurait théoriquement deux possibilités : ou bien une alliance de circonstance avec le PS pour le second tour, mais Nathalie Appéré a dit écarter tout rapprochement avec les Insoumis (car, d’une part, leurs représentants respectifs se détestent chaudement et, d’autre part, LFI semble avoir définitivement dépassé les limites acceptables du militantisme et de la conception de l’exercice démocratique propre aux partis de gouvernement – bref, impossible de gouverner en paix une municipalité dont la majorité compterait des extrémistes) ; ou bien pas d’alliance, ce qui est désormais d’autant plus certain à Rennes que Nathalie Appéré est bien consciente que la tactique de LFI, dans la veine de la stratégie de Mélenchon, vise à faire tomber le PS local en contribuant à la victoire de l’opposition de droite afin de prendre ainsi ensuite la place du PS comme formation principale de gauche.

C’est du reste le seul scénario susceptible d’offrir à Charles Compagnon une (petite) chance de gagner.

Si LFI ne passait pas la barre des 10 % au premier tour (la stratégie d’attisement de la violence politique poursuivie par LFI de Mélenchon s’inscrit dans un climat national durci par plusieurs épisodes récents de violences politiques soulève la question des limites du militantisme), on aurait :

2. (Scénario alternatif) Un duel :

PS–EELV–PC–UDB (54-58 %) et coalition centre-droit-droite (42–46 %).

3. (Scénario alternatif) Une triangulaire ou quadrangulaire avec l’extrême-droite :

Une alliance du LR Thomas Rousseau avec le RN Julien Masson.
Si les deux listes étaient conduites à dépasser les 5 % au premier tour, ce qui est tout à fait possible pour la liste RN qui pense même franchir la barre décisive des 10%.
Si Thomas Rousseau a un bon score (+ de 7%), ce qui eu peu probable, il tentera de se rapprocher sans le RN de la liste centre-droit, laquelle n’acceptera sans doute pas, quoique…
Alors, ou en cas de faible résultat, il pourrait tenter de s’unir avec Masson.
En pratique, une liste LR–RN au second tour réunirait, sans doute, moins de votes que le cumul de leurs deux scores respectifs obtenus au premier tour, avec un poids entre 11 et 14%.
Impact consécutif : cela finirait de disperser les votes à droite et d’assurer la victoire de l’arc gauche–ecolo-communiste conduit par Nathalie Appéré.

La chronologie et les programmes :

Jeudi 20 novembre 2025 : La maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré, a mis fin au faux suspense en confirmant, au Grand Huit de Rennes, devant la presse invitée, qu’elle comptait briguer un troisième mandat lors des municipales de 2026, tout en donnant « rendez-vous en janvier » pour l’officialisation de sa candidature le 22 janvier. Nathalie Appéré et douze formations de gauche et d’extrême-gauche réformiste, notamment communiste et écologiste, lancent « Rennes Solidaire », plateforme commune en vue des municipales de mars 2026.

2 février 2026 : Nathalie Appéré publie son programme :

14 novembre 2025 : Charles Compagnon, 52 ans, conseiller municipal d’opposition et entrepreneur rennais, annonce officiellement sa candidature à la mairie de Rennes pour les municipales de 2026, depuis la dalle Kennedy à Villejean, lieu de la fusillade du 17 avril. Au plan politique, Charles Compagnon (voir notre chronique de son livre de campagne) promeut la bannière « Vivre Rennes ! » avec Carole Gandon et un rassemblement qu’il présente comme inédit, lequel va de la social-démocratie à la droite républicaine et à la société civile, sans alliance avec « les extrêmes ». Il décrit ce bloc comme une union de conviction, opposée aux « alliances de façade » qu’il attribue à la majorité actuelle. Il se pose en candidat du terrain et des habitants plutôt que des partis, et conclut sur un appel à « l’alternance » et à un « nouveau souffle » pour que les Rennaises et les Rennais puissent « Vivre Rennes pleinement, librement, ensemble ».

7 février 2026 : Charles Compagnon publie son programme :

Comparatif des programmes de Nathalie Appéré et Charles Compagnon

Un style différent :
Appéré : écriture plus longue, plus outillée, portée par une narration de « ville protectrice » et un lexique de politiques publiques (droits, dispositifs, trajectoires, instruments). Ton de sortante qui explicite une continuité et des objectifs.
Compagnon : écriture plus brève et pragmatique, structurée par trois verbes (« Protéger / Respirer / Relancer »), centrée sur l’usage, la présence, l’ordre et l’exécution visible.

Leur plus grande différence :
Le mode de gouvernement promis. Appéré promet une protection par dispositifs (boîte à outils, services, amortisseurs sociaux) ; Compagnon promet une remise en ordre par l’exécution (règles, intensification des services, présence, amplitudes).

Leur plus grande ressemblance :
La fragilité de la valeur d’exécution et de sa traduction budgétaire. Les deux textes entretiennent un flou peu artistique à propos de qui décide, qui paie, qui met en œuvre et quels indicateurs permettront de vérifier.

Un même angle mort générationnel (et un même déficit d’imagination)
Les deux programmes parlent beaucoup au plan institutionnel et très peu au plan existentiel. Ils gouvernent des dispositifs plus qu’ils ne décrivent des vies. On y lit une ville pensée depuis des routines relativement stables quand une part croissante des Rennais vit en horaires cassés, en logement instable, en mobilités contraintes avec une anxiété climatique diffuse, une archipélisation sociétale, une pauvreté, des maux et des troubles grandissants, des solitudes plus massives
L’effet paradoxal est que ces deux textes, pourtant opposés en tonalité, écrivent Rennes comme un organisme administratif davantage que comme une expérience, au risque d’accentuer, chez des jeunes déjà désenchantés, l’impression de programmes « de vieux » écrits « par des vieux ».
La question que beaucoup voudraient voir posée comme fil directeur est pourtant simple : à quoi ressemble une vie bonne à Rennes en 2030, et qu’est-ce qu’une mairie peut réellement faire pour la rendre possible ?

Les programmes des autres listes sont ici analysés :

À l’extrême-gauche, la liste LFI « Faire mieux pour Rennes » conduite par Marie Mesmeur revendique un programme de rupture sociale et écologique, centré sur le logement, l’accès aux droits, la mobilité, la démocratie locale et la lutte contre les discriminations. Le texte se présente sous la forme de « 11 garanties » et met notamment en avant la création d’une brigade anti mal-logement (lutte contre l’insalubrité et pratiques illégales de bailleurs, avec aide juridique), une police municipale de proximité orientée médiation et prévention, une trajectoire vers la gratuité des transports (moins de 26 ans dès septembre 2026, puis extension), des cantines scolaires annoncées comme gratuites, bio et sans plastique, une politique contre le non-recours aux droits, des outils de démocratie locale (référendum d’initiative citoyenne, droit de pétition, participation dès 16 ans sans condition de nationalité), un renforcement des moyens pour la culture, ainsi qu’un projet de « maison du peuple » place de la République.

  • Logement : brigade anti mal-logement, lutte contre l’insalubrité et les abus, aide juridique.
  • Transports : gratuité annoncée pour les moins de 26 ans dès septembre 2026, puis objectif d’extension à l’ensemble des usagers d’ici la fin du mandat.
  • École et social : cantines gratuites, bio, sans plastique, lutte contre le non-recours aux droits.
  • Sécurité : police de proximité orientée prévention et médiation.
  • Démocratie et communs : référendum d’initiative citoyenne, droit de pétition, participation dès 16 ans, projet de « maison du peuple ».

À droite, la liste « L’Espoir Rennais » conduite par Thomas Rousseau (Les Républicains) propose un projet structuré autour de quatre axes prioritaires. Le programme met particulièrement l’accent sur la sécurité — avec le doublement des effectifs de police municipale, l’armement de la police et le triplement des caméras de vidéoprotection — ainsi que sur la maîtrise des dépenses publiques et l’attractivité économique de la ville. Dans les 100 premiers jours, l’équipe envisage une baisse de 10 % des taxes locales (ordures ménagères et foncière), la promotion de l’entrepreneuriat local et la mise en place d’assises de la culture pour dynamiser l’offre culturelle rennaise. Il s’agit d’un projet qui se veut une « rupture » avec la politique actuelle pour renforcer aussi la cohésion sociale, l’accès au logement et la valorisation du patrimoine rennais.

À l’extrême droite, la liste « Rassemblement pour Rennes » menée par Julien Masson (RN) fait de la sécurité et de l’ordre les axes centraux de son projet municipal. Le programme met la sécurité au cœur de l’action municipale avec la volonté de doubler les effectifs de police municipale, d’armer ces derniers et de déployer des brigades de proximité dans les quartiers. La question migratoire est aussi abordée comme un enjeu local à traiter, avec des critiques des politiques d’accueil actuelles. Au plan économique, la liste propose un « plan Marshall pour le commerce » et une révision du plan de circulation, tandis que pour la gouvernance locale elle plaide pour l’instauration de référendums obligatoires pour les projets municipaux de plus de 10 millions d’euros afin de renforcer la participation citoyenne.


–> Par ailleurs, en 2026, à Rennes comme ailleurs, la question n’est plus seulement de savoir qui s’alliera avec qui, mais qui est prêt à signer noir sur blanc un socle minimal en réponse aux agressions de Poutine.

Dès lors, une exigence élémentaire devrait s’imposer à tous les candidats — notamment aux candidats PC, LFI et RN et autres formations d’inspirations rouges-brunes — un engagement public d’opposition à la Russie poutinienne et de soutien à l’Ukraine. À l’heure où la perspective d’un conflit prolongé avec Moscou ne relève plus de la fiction, il serait paradoxal que Rennes se choisisse une majorité locale floue ou ambiguë sur ce point.

Charte d’engagement en réponse aux agissements hostiles de Moscou

Nommer le régime
Reconnaître explicitement que la Russie postsoviétique de Vladimir Poutine est un régime autoritaire, responsable d’une guerre d’agression contre l’Ukraine et qu’elle représente aujourd’hui une menace majeure pour la sécurité nationale et européenne.

Reconnaître le droit de l’Ukraine à se défendre
Affirmer sans ambiguïté que l’Ukraine a le droit de défendre son intégrité territoriale et que la France et l’Europe ont intérêt à ce qu’elle ne soit pas réduite à un protectorat russe.

Refuser toute dépendance envers Moscou
S’engager à ne solliciter ni accepter aucun financement, direct ou indirect, lié à des intérêts russes et/ou au pouvoir poutinien, et à rendre publiques toutes les relations officielles entretenues avec ses représentants.

Ne pas relayer la propagande du Kremlin
S’interdire de reprendre les éléments de langage russes (dénazification, relativisation des crimes de guerre, inversion des responsabilités) et s’engager à lutter contre les relais de désinformation pro-Kremlin et toute forme d’ingérence.

Assumer la solidarité avec les victimes du régime
Affirmer le soutien durable aux Ukrainiens, aux opposants russes et aux exilés des régimes alliés de Moscou, y compris à l’échelle locale (accueil, coopération, mémoire), comme un devoir politique et moral.

*

Données de référence
Population de Rennes (2025) : ~226 000 habitants.
Population majeure (18 ans et +) : environ 170 000 personnes.
Inscrits sur les listes électorales (2020) : ~111 000.
→ Cela signifie qu’environ 35 % des majeurs rennais n’étaient pas inscrits (soit par choix, soit par déménagement non signalé, soit par désintérêt).

Impact sur la légitimité électorale
Prenons le scénario le plus “fort” de ces 20 dernières années à Rennes :
Daniel Delaveau en 2008 : 39 500 voix.
Rapporté aux inscrits : 36,5 %.
Rapporté à l’ensemble des majeurs (inscrits + non-inscrits) : environ 23 %.

Le cas le plus faible :
Nathalie Appéré en 2020 : 32 528 voix.
65,35 % au 2d tour
Rapporté aux inscrits : 29,3 %.
Rapporté à l’ensemble des majeurs : 19 %.
Abstention : 68,32 %

Avec abstention seule, un maire de Rennes est élu avec autour de 1/3 des inscrits.
Avec abstention + non-inscrits, entre 19 et 23 %.

Municipales 2020 (1er tour, liste EELV seule menée par Matthieu Theurier)
Résultat : 25,4 % des exprimés
Voix : 11 725
Inscrits : ~111 000
Abstention : 63 %
→ 10,5 % des inscrits
→ environ 6,9 % des majeurs rennais (si on rapporte aux ~170 000 adultes)

* En 2014, près de la moitié des Rennais se sont abstenus de voter et 68,32 % en 2020 (le COVID n’a pas aidé). Ce qui aurait dû et devrait alerter quant à la crise de la représentation élective en France et la nécessaire refondation plus élargie, plus populaire et dynamique de l’expression politique. Pourtant, peu de choses bougent, la classe politique française et ses 600 000 élus ne se remettent pas ou que peu en question, la moyenne générale des qualités intellectuelles et des capacités visionnaires des élus accuse un large repli aux yeux de l’opinion qui se méfie toujours plus du personnel politique, et le militantisme politique est en train de se recomposer dans de nouvelles expressions en communautés et réseaux en marge des processus institutionnels hérités de la Ve République.

La France compte 600 000 élus pour 69 millions d’habitants ; la Chine compte 2,6 millions d’élus (soit 4 fois plus) pour une population de 1,4 milliard (soit 20 fois plus). À la Chambre des représentants américaine, on trouve 435 représentants et au Sénat, 100 sénateurs. En France, entre l’Assemblée nationale et le Sénat, on arrive à 925 parlementaires, soit 1,7 fois plus qu’aux États-Unis pour une population 5 fois inférieure. Bref, on a 1 élu pour 100 habitants en France contre 1 pour 500 en Allemagne, 1 pour 550 en Chine, 1 pour 600 aux États-Unis. La réduction en France à 150 000 élus entraînerait une économie annuelle de 4 milliards d’euros selon la fondation IFRAP.

  • * estimations internes sans sondage public local
Nicolas Roberti
Nicolas Roberti est passionné par toutes les formes d'expression culturelle. Docteur de l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il étudie les interactions entre conceptions spirituelles univoques du monde et pratiques idéologiques totalitaires. Conscient d’une crise dangereuse de la démocratie, il a créé en 2011 le magazine Unidivers, dont il dirige la rédaction, au profit de la nécessaire refondation d’un en-commun démocratique inclusif, solidaire et heureux.