A l’occasion de la Fête de la Musique à Rennes le 21 juin 2018, Mô’ti Teï envoutera le public Place du Parlement dans une envolée musicale à la frontière entre blues et folk. Seul sur scène, il sera accompagné de sa guitare, de sa voix et d’une sensibilité à fleur de peau. Rencontre.

Mô'ti Teï
Mô’ti Teï

Unidivers: Mô’ti Teï, pourquoi ce nom ? Qui se cache derrière, hors scène ?

Mô’ti Teï: Mon réel prénom est Antoine, mais il se trouve qu’il est déjà pris par un artiste connu. Au moment de la recherche d’un alias, j’avais le souvenir d’un enfant qui avait du mal à dire son prénom, il s’appelait Timothée. Ca m’a parlé. Je l’ai agrémenté d’une typographie plus jolie, juste pour le fun. En dehors de la scène, je suis encadrant facteur, un métier sans grand rapport avec la musique donc. La musique est une passion depuis toujours, c’est ce qui m’apporte ma stabilité, qui me donne de l’air au quotidien. Cela requiert de l’organisation, d’où aussi le fait que je joue seul. Je ne m’engueule avec personne, j’ai toujours raison ! Cela simplifie grandement la tache !

C’est uniquement pour ça que vous jouez seul ?

Mô’ti Teï: J’ai joué longtemps dans un groupe qui s’appelait Last Echo et qui a duré 14 ans. A l’époque, nous faisions une musique qui était la notre, que ça plaise ou non. On faisait du dub psychédélique, très différent de ce que je fais aujourd’hui. Vivre de la musique était vraiment le graal, mais sans accepter les compromis. Je me suis ainsi vite rendu compte que je ferais ça toute ma vie, que ça marche ou pas. Ce n’est pas ça l’essentiel, c’est surtout de ressentir des choses et de ne pas les garder pour soi. J’espère que ça se sent dans ma musique, c’est une musique faite avec mes tripes, pleine de sueur.

Ce groupe s’est arrêté il y a une dizaine d’années. C’était de belles amitiés, ça reste l’essentiel de la musique selon moi, un moment de partage. A la fin de l’aventure à plusieurs, je me suis posé la question de la manière dont cela continuerait pour moi. J’avais toujours fait de la musique amplifiée et je trouvais ça dommage de ne pas pouvoir jouer en acoustique, j’avais envie de pouvoir improviser n’importe où. J’enregistre, je compose, je mix en solo, cela prend du temps ! Je ne suis ainsi pas très “recherche de concert”, le peu de communication que je fais passe surtout par Facebook et Soundcloud.

Vous vous retrouvez à jouer sur la scène du Parlement lors de la fête de la musique cette année… Vous avez l’habitude de jouer en petit comité, est ce que votre façon de partager votre musique va s’en trouver impactée ?

Mô’ti Teï: C’était vraiment une grosse surprise ! J’envoyais ma candidature comme une bouteille à la mer, sans prétention aucune. C’est la première fois que je fais une si grosse scène seul. Je fais une musique assez intimiste, ça demande donc un bon choix dans les morceaux présentés. J’en ai cinq sur Soundcloud mais une quinzaine en tout.

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Quelles différences entre vos morceaux enregistrés et ceux que vous jouez en live ?

Mô’ti Teï: En concert j’ai uniquement une guitare, une stompbox et deux micros chant. Ça change, c’est plus brut, mais ça laisse plus de place à l’énergie du moment. Je n’ai pas les percussions ou les choeurs que l’on peut entendre sur les versions enregistrées.

Une préférence ?

Mô’ti Teï: Non, les deux apportent des choses différentes. Les chansons sont composées sur une base guitare voix. Elles sont d’abord interprétées sur scène avant d’être enregistrées. J’agrémente ensuite en studio. L’ajout de choeurs apporte beaucoup de sensibilité par exemple. J’ai une pièce d’enregistrement chez moi. Le home studio s’est grandement démocratisé, ça apporte beaucoup de liberté ! Mixer soi même représente une forme d’approfondissement musical pour moi, c’est extrêmement intéressant. Je suis persuadé qu’un excellent morceau peut devenir mauvais avec un mixage médiocre. Alors qu’un morceau initialement mauvais peut rendre pas mal si bien mixé !

Quels ont été vos premiers pas dans la musique et par quoi votre style musical a-t-il été influencé ?

Mô’ti Teï: Mon goût pour la musique vient de mon père. Il écoutait beaucoup de musique des années 60/70, Jimmy Hendricks, Santana, Bob Dylan… C’était également un grand fan de guitare, sans en avoir jamais joué. J’ai commencé à l’apprendre en autodidacte lorsque j’avais 13 ans, il y a plus de 20 ans donc ! Lorsque je suis passé à la guitare acoustique, la découverte de guitaristes comme Jack Rose a été une réelle claque musicale. La technique du picking m’a ouvert une porte sur mon instrument. J’ai aussi beaucoup écouté de reggae, d’où la présence importante de choeurs dans mes morceaux enregistrés. Un dénominateur commun à ces influences est leur caractère anglophone, j’ai été élevé à ça.

C’est pour cela que vous chantez et composez uniquement en anglais ?

Mô’ti Teï: C’est aussi une forme de timidité, de ne pas forcément assumer ses textes. En chantant en anglais en France on a l’impression que le public ne comprend pas trop ce que l’on dit.

Mon anglais est loin d’être parfait mais ça m’importe peu. Ce n’est pas parce que tu n’es pas le meilleur dessinateur du monde que tu ne dois pas faire de dessin ! Le plus important est que le texte te parle à toi.

Ne faut-il pas que le texte parle aux autres aussi ?

Mô’ti Teï: Je pense que c’est important quand tu as une idée que tu veux transmettre. Je commence personnellement avec la partie musicale puis j’y ajoute ensuite des mots, souvent en me basant sur des sentiments qui me traversent, sans réel fil conducteur. De ce cocktail de mots ressort toujours une phrase qui fera le thème de la chanson, qui entraine une réflexion.

La mélodie reste néanmoins plus importante que le texte dans mon travail. Il faut que la musique me fasse me hérisser les poils avant tout.

Quels projets futurs pour votre musique ?

Mô’ti Teï: Une fois la fête de la musique passée, je souhaite finir de mixer et enregistrer mes morceaux. A plus long terme, j’aimerais renouveler ma musique, prendre un peu plus de risques. Cela passera peut être par un changement d’orchestration, un retour à la guitare électrique pourquoi pas ! Essayer de trouver plus de concerts aussi. Sortir un album ? Je ne sais pas. Jack Rose sortait des vinyles entre 500 et 1000 exemplaires, je trouvais ça bien comme concept, ça pourrait être amusant de le faire. J’ai fait une croix sur tout ce qui est grosse production, je ne dois pas avoir un égo assez démesuré… Quoi que?

Il faut donc un égo démesuré pour être chanteur ?

Mô’ti Teï: Biensûr, pour se mettre en avant sur scène il faut avoir un minimum d’égo, ce qui n’est pas incompatible avec la timidité d’ailleurs !

Retrouvez Mô’ti Teï le 21 juin 2018, à 21h45 Place du Parlement (scène musiques du monde) 

Retrouvez le programme de la Fête de la Musique à Rennes ici :

Programme Fête de la Musique 21 juin 2020 Rennes

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