Moby sort un nouvel album ? musicien et DJ new-yorkais nous aurait fait bondir sur son nouvel opus après Play. Mais depuis, il s’était un peu perdu dans les méandres du succès entre son militantisme végétarien ou politique et ses gouts musicaux éclectiques. Que penser de cet « Innocents » ?

 L’auteur de ces lignes a un souvenir très personnel avec le fameux album « Play » de 1999…Oui de 1999, acheté un été sur la foi d’un single entendu par hasard et vite abandonné par les playlists radiophoniques avant une nouvelle sortie en 2000 qui l’amènera à devenir un classique de la musique électronique. Moby passait de remixeur de génie à celui de musicien tout court. Car on ne peut pas dire que ses premiers albums auguraient de grand-chose, avec une techno ambient plutôt basique. Mais Play fit mouche en mêlant gospel, blues, jazz, folk et house music. L’album suivant fut raté : entre un single accrocheur, mais trop pop et des titres sans saveur. Les albums studios qui suivirent n’eurent pas le soutien de la maison de disque, et Moby semblait rangé avec les gloires du passé de la musique électronique. Jusqu’à ce qu’une publicité annonçant son retour ne nous intrigue…. « le meilleur album de Moby depuis Play ». Ce coup-là, on nous l’a déjà fait…

Ne tergiversons pas, le marketing n’a pas trop menti cette fois-ci, car cet album vaut amplement le détour. Ce n’est peut être pas aussi vendeur et « pop » que Play, mais il y a plus que les habituels trois morceaux  réussis que l’on retrouve sur bon nombre de sorties musicales. Cette fois, il y a une tonalité plus ambient, plus conforme à son début de carrière, mais avec l’ampleur et la qualité de production atteinte par plaie. On frise l’erreur de casting avec le single « The Perfect Life » comme celui de « 18 ». Mais ne boudons pas notre plaisir d’écouter des mélodies simples et épurées, des arrangements atmosphériques du meilleur cru. Il s’y mêle de la soul, du jazz, par exemple les excellents « A Case for Shame » ou « The Last day ». Ce dernier est d’ailleurs l’un des morceaux les plus proches de ce qu’était « Play ». Moby s’embarque aussi sur un style plus « trip hop » qui pourra séduire les amateurs de Massive Attack. Il y a ce qu’il faut de surprises et de groove pour ne pas s’ennuyer, par exemple « Don’t Love me ». Moby nous fait voyager, rêver et l’oreille de l’auditeur exercé ne pourra qu’être séduite par les arrangements de notre DJ. Si j’avoue ma préférence pour son « A Long Time » qui m’embarque dans un style plus dub comme le faisait avec délice le collectif Dreadzone, d’autres à Unidivers ont craqué sur la grandiloquence de « Saints » ou sur la voix de Mark Lanegan des Queens Of the Stone Age sur « Lonely Night » …

Innocents s’avère être un album varié, mais cohérent et homogène. On ne s’y ennuie pas et il peut convenir autant à une écoute attentive que distraite pour une ambience musicale. Comme son glorieux ainé Play, certains de ses titres ne manqueront pas d’être utilisés pour des films ou des publicités. Un plaisir à savourer sans modération.

Moby Innocents sorti le 30 Septembre chez Because Music

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