Dans l’exposition La Mer retrouvée au Lavoir – Atelier réunis, la peintre Michèle Van Son dévoile les tableaux réalisés pendant le confinement. Réalisées pour la grande majorité pendant le confinement, les femmes de Michèle Van Son vivent dans une touche picturale lumineuse, libérées de tout interdit. Entre plages de sable et cafés, une exposition à découvrir jusqu’au 15 septembre 2020.

lavoir michele van son

Âgée de 70 ans et des poussières, Michèle Van Son prend des cours de peinture depuis des années. C’est de cette manière, au cours du soir de l’EESAB, que Christine van Geen, directrice du Lavoir – Atelier réunis la rencontre. Et quand cette dernière demande au professeur des Beaux Arts de venir donner des cours à l’espace de travail collaboratif qu’elle dirige, Michèle Van Son est au rendez-vous tous les jeudis soir.

Celle qui se surnomme avec humour « la plus vieille élève de Mariano Otero » peint les femmes. Comme son maître. « Mariano et Michèle étaient très proches, elle connaissait toute sa famille. Et comme dans une famille, elle ne voit pas forcément la ressemblance entre les deux œuvres. La première fois que l’on a parlé de son travail et que j’ai vu ses tableaux, sa peinture m’a immédiatement rappelée celle de Mariano Otero sans savoir qu’elle était son élève. Je le lui ai dit et ça la fait rire », se souvient la directrice du Lavoir.

« Toutes les personnes représentées dans ses tableaux viennent des nus qu’elle croque pendant les cours. Une fois chez elle, elle reprend les poses, les habille et les met en situation dans un décor qui sort de son imagination », raconte Christine van Geen. Les femmes de Michèle Van Son sont certes plus fines, moins en rondeur, mais l’apprentissage qu’elle a reçu auprès du plus breton des Espagnols entre 1970 et les années 1990 semble avoir marqué son œuvre. L’exposition La mer retrouvée en est un exemple frappant.

« Les femmes de Michèle Van Son vivent tout simplement »

Comme nous tous, la peintre s’est occupée pendant le confinement. Dans une frénésie picturale faite de gris de payne, bleu et touches rougeâtres, l’artiste a trouvé un moyen de s’évader hors des murs de son domicile alors que toute la France était confinée. Ses pinceaux et tubes de peinture ont été son échappatoire. « Elle a été très prolifique pendant cette période. Chaque tableau constitue une sorte de fenêtre sur l’extérieur, sur la mer. Elle n’habite pas près de la mer et cela lui manquait ». Si elle ne pouvait pas aller à la plage, la plage viendrait à elle. Ses envies ont pris la forme de femmes libérées qui semblent vivre pleinement l’instant présent.

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Un simple morceau de couleurs habillent ces corps féminins initialement nus de vêtements intemporels aux nuances rétro. Leur corps se dessine sur petits et moyens formats, enrobé d’un tracé au gris de payne caractéristique de son œuvre. Elles se prélassent sur la plage, s’amusent dans l’eau ou boivent un verre accoudé à un bar. Elles sont seules, en famille ou entre amis… mais quoiqu’il arrive, elles sont à l’extérieur. Tous les interdits du confinement disparaissent dans la touche de Michèle Van Son. On imagine le soleil sur les corps étendus et l’ambiance festive des cafés. Si l’on se concentre, on peut même entendre le bruit des vagues et le rire des personnages. Ces visions picturales s’opposent à la réalité du moment dans une douce nostalgie. Celle de Michèle Van Son. Plus que la sensualité naturelle et la volupté du corps qui caractérise l’oeuvre de Mariano Otero, elle peint la femme dans toute sa simplicité : détendue, légère et apaisée.

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À sa sensibilité pour les courbes féminines, s’ajoute l’omniprésence de la couleur rouge. Une nouvelle trace de l’enseignement de Mariano Otero.

Vêtements, ballon, vin, livre, seau d’enfant, même dans les vagues, la couleur rouge est omniprésente dans l’œuvre de Michèle van Son comme elle l’est dans celle de Mariano Otero. Un écho coloré « Elle sait d’où venait le rouge profond de Mariano Otero, mais c’était une couleur propre à lui. Dans les tableaux de Michèle, cette touche rouge vient contrebalancer les notes de gris de Payne. Je pense que c’est ce qu’il lui a appris. Elle a passé tellement de temps à peindre avec lui qu’un lien s’est créé et cela transparaît dans son travail ».

« Une amie m’a contactée et m’a parlé du très joli choix de date pour le vernissage. Je n’ai pas fait le lien directement, mais cela faisait un an jour pour jour que Mariano Otero était parti ». Même involontaire, la coïncidence est au final une belle façon de rendre hommage au peintre décédé le 1er juillet 2019. « Beaucoup de personnes qui connaissaient Mariano Otero sont venus au vernissage. Chacun s’est souvenu de ce qu’il faisait ce jour-là quand ils ont appris la nouvelle. C’est aussi la première exposition après le déconfinement. Toute cette conjonction a rendu ce moment très touchant ».

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Du 1er juillet au 15 septembre 2020, exposition La mer retrouvée de Michèle Van Son

Pendant l’été, l’exposition se visite sur rendez-vous via l’email de contact du Lavoir, sur le site

 

Email :
contact@lelavoir-ateliersreunis.fr

Téléphone :
06 13 27 08 64

Courrier :
Le Lavoir – Ateliers Réunis
26, rue de Léon – 35000 Rennes – France

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