Le musicien-compositeur Maximilien dévoilera pour la première fois des pans de son univers musical rétro futuriste le 21 juin 2018, lors de la Fête de la Musique à Rennes. Rencontre avec le jeune artiste Maximilien dont l’électro planante aux influences pianistiques fera voyager les oreilles des spectateurs du Théâtre de Verdure au Thabor.

Unidivers : Maximilien, ça ne détonne pas un peu comme nom dans le milieu électro ?…

Maximilien : C’est l’un de mes trois prénoms. Je trouve qu’il sonne bien. J’avais envie que le nom de mon projet fasse français. L’électro est une des particularités de la musique française depuis quelques années. Nous avons de grands artistes nationaux dont certains m’ont fortement inspiré, m’ont donné envie surtout. Daft Punk, Justice, Yuksek… Jacques ou Superpose pour la nouvelle génération.

Maximilien. Crédits photos: Ousseynou Cissé

Quels-ont été vos premiers pas dans la musique ?

Maximilien : Je les dois à mes parents, de grands mélomanes. Ils m’ont lancé dans le piano à mes 8 ans, au Conservatoire. Je faisais initialement ça par contrainte. Puis au collège j’ai commencé à acheter mes premiers disques et c’est ce qui m’a fait rêver. Je pouvais rester bloqué sur le même artiste à l’écouter pendant des années en passant complètement à côté du reste. J’ai eu des périodes Muse ou Rammstein par exemple. J’ai également écouté beaucoup de musique classique.

Comment la musique classique a-t-elle déteint sur votre travail ?

Maximilien : La plupart des artistes électro français que j’ai cités précédemment ont une formation de pianiste classique comme moi. Quand cette touche classique est mélangée avec subtilité à l’électronique, je trouve que ça rend très bien. Avec le conservatoire, je pense que les accords sont rentrés par défaut dans mon esprit. Je me suis aussi imprégné des harmonies plus jazz que j’expérimentais avec Clarens, artiste rnb avec qui j’ai travaillé. Alors que dans la techno la base musicale est le beat ou la ligne de basses, pour moi ce sont les accords au piano. Tout part de là.

Comment êtes-vous arrivé à l’électro ?

Maximilien : A la fac de biologie, j’ai rencontré Joris, Léo, puis Baptiste avec qui nous avons monté Cardinale, un projet ambient post rock qui a duré trois ans. On s’est mis aux synthés, à la production sur ordinateur, au live. C’était mes premiers pas dans la composition et la production, en totale indépendance. Mon projet personnel date d’il y a trois ans, quand je tournais avec Clarens, le projet de Ousseynou Cissé, un mélange entre r’n’b et électro. Il avait fait appel à moi au clavier et en backing vocals. J’ai eu ensuite envie de développer mon propre univers.

Certains affirment que votre musique s’apparente à de l’électro futuriste…

Maximilien : Je préfère ne pas définir la musique que je fais, ça peut rapidement tourner à de la prétention. Il y a du piano, du synthé, des boites à rythmes, un peu de voix vocodées. C’est assez imagé, assez aérien, contemplatif aussi.

Crédits photo: Diane Sagnier

Pouvez-nous nous parler un peu plus de votre travail avec le label parisiano-rennais Elephant & Castle ?

Maximilien : Je donne des cours de piano à côté, mais j’ai toujours eu pour rêve de vivre de ma musique. Pour cela il faut enchainer les concerts, faire connaitre le projet, d’où la nécessité d’un label. J’ai beaucoup déménagé, je suis arrivé à Rennes en 2002, où j’ai rencontré Timsters qui a créé Elephant & Castle. Ce partenariat me fait rencontrer des collaborateurs de travail – Julien Vignon alias Timsters, Clémentin le label manager et Mateo à la communication – mais aussi les autres artistes du label comme Praa ou Colorado. On s’inspire tous les uns des autres, on se motive. Avec le label, j’ai sorti mon premier morceau Messian le 16 juin 2017. J’ai un album de prêt. Ça devrait sortir d’ici la fin de l’année, à la rentrée. Le nom n’est pas encore dévoilé, j’ai envie que ça sorte au dernier moment !

Vous avez fait une collaboration avec Praa, artiste soul r’n’b, aspirez-vous à propulser votre musique vers d’autres genres musicaux ?

Maximilien : Le métissage, je pense que c’est clé. J’écoute énormément de hip hop et de r’n’b. J’aimerais aussi faire des musiques de film, des instru pour des artistes du monde du rap. Travailler avec des très gros artistes comme Drake ou Georgia Smith serait un rêve. Je ne prétends aucunement avoir le niveau de leurs producteurs. J’aimerais aussi beaucoup collaborer avec Clara Luciani en ce qui concerne la scène française.
Avec Her on compose aussi depuis des années, par intermittence, on garde ça dans un coin, pour nous. On avait tenté un remix d’Etienne daho avec Simon pour Nage indienne par exemple. On fait ça pour s’amuser avec Victor. L’entourage c’est vraiment le plus important. C’est Victor de Her qui m’a fait rencontrer la scène rennaise et qui m’avait proposé de jouer avec lui et les Popopopops, c’était mon premier concert.

D’où vous viennent ces mélodies planantes ?

Maximilien : Quand je compose, je n’ai rien dans la tête, je passe en mode automatique et je cherche. Je me mets au piano et je me laisse guider par mes doigts. Il n’y a jamais rien de conscient. Frida Khalo disait que la création était un chaos et qu’il fallait puiser dans son enfer personnel pour en tirer son propre paradis. C’est exactement ça. Au début c’est douloureux, puis au bout d’un moment il y a un déclic. L’inspiration tu ne la maitrises pas. C’est comme un travail de  photographe, il faut saisir l’instant, quand c’est passé c’est déjà trop tard. J’ai deux morceaux d’enregistrés, mais j’en ai des centaines en stock, j’ai de quoi faire trois disques, mais il faut que je travaille sur tous ces morceaux avec mon producteur. Mon premier vrai live en public sera pour la fête de la musique !
Maximilien

Vous proposez des morceaux très imagés, tant musicalement que visuellement, quelle place pour l’esthétique dans votre travail ?

Maximilien : L’unique pâte visuelle que j’ai pour l’instant c’est la figure de lion, un visuel que j’ai fait seul. Je suis passionné par l’histoire de l’art et des civilisations et ça se ressent dans mon univers artistique. Pour les clips, je donne les grands axes aux réalisateurs puis je leur fais confiance et les laisse exprimer leur créativité. J’ai ainsi travaillé avec Diane Sagnier pour le clip de Messian. Elle avait réalisé les clips de Cardinale.
L’univers du projet est caractérisé par le mélange entre ancien et moderne. Dans le clip de Messian, il y a des statues de lion, une cavalière, un côté classique. Dans le clip d’Alliance réalisé par Liswaya, qui a fait la plupart des clips de Her, il y a également une ambiance spécifique, de grandes colones, un côté monumental. J’adore le rétro futurisme, tant dans les visuels que sur le plan esthétique, comme dans Star Wars par exemple.

Vous aurez des visuels en concert ?

Maximilien : Pour l’instant, je n’ai pas encore les moyens de le faire, mais à terme j’ai envie de travailler pour qu’il y ait une vraie ambiance en live. Pour la fête de la musique je vais être seul avec mes machines, mais bientôt je serai accompagné de Léo (batteur) et Baptiste (synthé) qui étaient dans Cardinale. J’ai envie de rendre le plus organique possible la musique électro. Ça peut être une musique très froide sinon.

Comment préparez-vous votre set, vous laissez une part à l’improvisation ?

Maximilien : Non. Tout est préparé en amont, je sais quelle partie je dois jouer, je préfère travailler comme ça, tout est millimétré. J’ai besoin de jouer du clavier, de toucher à des effets, de lancer moi-même les séquences. J’essaye quand même de prendre un minimum de risque, mais ça reste un live électronique donc forcément il y a un ordinateur, des machines, mais aussi des pianos et de vrais synthétiseurs. Les voix sont enregistrées en studio.

Comment se démarque-t-on dans une industrie musicale où de plus en plus de projets électro émergent chaque année ?

Maximilien : Je pense qu’il faut aimer ce que tu fais et digérer tes influences, c’est ce qu’il y a de plus dur. Quand tu es fan d’un artiste, le problème c’est que tu as tendance à le copier. Il faut dépasser ça et travailler jusqu’à créer sa propre patte.
Créer un univers singulier, ça passe par les visuels, les clips, l’image, les réseaux sociaux. Il parait qu’aujourd’hui il faut être très présent. Je trouve ça triste. Ça peut un peu gâcher la part de rêve et de mystère. Si je fais de la musique, c’est pour emmener les gens ailleurs et pour moi-même sortir de la réalité. C’est ce qu’on cherche tous avec l’art. J’ai l’impression que les réseaux sociaux rationalisent la chose. Je n’ai pas envie de me mettre moi en avant, mais ce que j’ai dans la tête.

Retrouvez Maximilien au Théâtre de Verdure du Parc du Thabor, le 21 juin 2018, de 21h50 à 22h30.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom