Voici deux livres entre Dieu et diable. Deux essais merveilleusement supplétifs. L’un est anglais. L’autre français. Chacun traite d’un sujet inépuisable entre histoire et philosophie. Le premier a l’absolution des belles amours, surtout si elles sont reproductrices. Le second relève d’un interdit qui nourrit la sexualité dans ce qu’elle a de plus solitaire. L’ensemble forme un improbable diptyque à réunir sur les présentoirs des libraires. Après les avoir lus, vous saurez tout sur le… Bidule !

Le bidule de Dieu de Tom Hickman, éditions Robert Laffont, sept. 2013, 268 p. – 21 €

"Le bidule de Dieu : Une histoire du pénis", de Tom Hickman - Editions Robert Laffont

Commençons par Le bidule de Dieu. La truculence du titre réjouit autant qu’elle étonne. Cette frisure blasphématoire était nécessaire afin d’introduire dignement la plus surprenante balade jamais organisée au pays du pénis. Par le biais d’une joyeuse érudition, Tom Hickman répond à des questions surprenantes, comme de savoir si les flèches, dômes et minarets qui s’élèvent au-dessus des lieux de culte sont des symboles phalliques. Il s’interroge sur les « Don Juan » d’autrefois devenus aujourd’hui des accros du sexe relevant d’une indispensable thérapie. Son étude remonte jusque-là Rome des Césars et l’Athènes de Péricles. Tout, vous saurez tout sur le bidule en rapport avec les sceptres royaux, les chaussures pointues, les cigares, et même les guitares électriques. Tandis que le vagin a longtemps été considéré comme un organe impur, le pénis bénéficiait de représentations flatteuses et surprenantes. Un essai d’histoire autant que sociologique dans lequel il est permit d’apprendre que les hommes à gros testicules sont statistiquement les plus infidèles. Oui, Messieurs ! Quand à vous Mesdames, si vous souhaitez connaître la différence entre Ernest Hemingway et Jimi Hendrix, c’est à la page 59. Moins licencieux et plus instructif, nous apprenons, en fin de compte, que le principal organe sexuel n’est le bidule de-rien-du-tout, mais bel et bien le cerveau… Et tous ont la même taille. 

Nouvel éloge de la masturbation de P. Brenot, éd. L’esprit du Temps, août 2013, 141 p. – 12 €

"Nouvel éloge de la masturbation", de Philippe Brenot - Editions L'Esprit du Temps

 « Je l’avoue ici publiquement et comme un acte expiatoire : Oui, je me suis masturbé… et à plusieurs reprises. » Quel homme osera dire le contraire ? Touche-pipi, branlette, paluche, pognette et autres élégances prêtent à border l’insomnie, avec son Nouvel éloge de la masturbation, Philippe Brenot consacre un texte essentiel à la veuve poignet. Initialement publié en 1996, l’ouvrage a été mis à jour, augmenté, nourri d’illustrations, d’un glossaire et de multiples citations. L’onanisme y est envisagé à travers les époques et les cultures, de son encouragement au XVIe siècle à sa réprobation, cent ans plus tard, lorsque seront découverts les spermatozoïdes. Nous sommes en 1677, le biologiste Antonie van Leeuwenhoek s’interroge sur les capacités de reproduction masculine, car si l’homme possède une quantité de spermatozoïdes limitée, cela reviendrait à dire qu’il contient en lui « toute l’humanité à venir, et que la masturbation relève en quelque sorte d’un génocide. » Un livre utile lorsque l’on sait que l’essentiel des religions condamne aujourd’hui encore la pratique masturbatoire, là où elle est considérée depuis peu comme indispensable par la médecine.

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