Quelque part sur un plateau isolé. Johann a repris la ferme de son père. Il y consacre tout son temps et toute son énergie. Aux portes de l’hiver, l’équilibre fragile de son exploitation est menacé. Johann se replie sur lui-même, fuit les êtres qui l’entourent. Prisonnier de son héritage, il continue à accomplir les mêmes gestes et tente d’aimer comme il peut l’univers dans lequel il vit, au moment même où ce monde est sur le point de disparaître.

 Le cinéma belge déferle sur les écrans français. Et c’est souvent très bon, comme on l’a observé récemment avec le magistral Bullhead. L’hiver dernier est, quant à lui, assez réussi. Il conte lyriquement le combat d’un fermier de l’Aubrac attaché à sa terre qui doit manifester une énergie et des convictions hors du commun pour résister à l’inévitable craquement de son monde…

La force de ce film repose en premier lieu sur son casting, masculin et féminin. Ensuite, la beauté des images n’est pas en reste. L’ensemble est raffiné. Chaque moment se construit sur des gestes quasi désuets. Ce qui fait de ce film, en plus d’une œuvre cinématographique, une œuvre musicale. Reste un aspect trop linéaire, notamment dans la radicalité, qui dessert la profondeur du propos. Il est toutefois compensé par une forme d’enveloppant mystique qui procure au spectateur une sensation d’élévation. Une belle expérimentation qui donne envie de partager la prochaine aventure de ce jeune réalisateur John Shank.

Et vive le royaume de Belgique !

David Norgeot

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De John Shank
Avec Vincent Rottiers, Anaïs Demoustier, Florence Loiret-caille, Michel Subor, Aurore Clément, Carlo Brandt, Théo Laborie et Hélier Cisterne
Genre : Drame – Nationalité : Belge
Durée : 1h43min – Année de production : 2011
Date de sortie : 29 février 2012

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