Simon Darnell est né en Martinique, mais il a passé la majeure partie de sa vie en métropole. Il retourne sur son île natale et jongle avec les souvenirs, les ombres du passé, les membres de sa famille encore vivants, les disparus. Est-ce un roman ou pas ? Il faudra attendre la fin pour se faire un avis ou questionner l’auteur Roland Brival lors d’une séance de dédicace.

LES FLEURS ROUGES DU FLAMBOYANT

Flamboyant. La couleur est donnée au roman. Tant dans les ambiances décrites que dans les éléments évoqués par Simon, le narrateur, qui s’exprime par le « je ». Tous les sens du lecteur sont sollicités au fil des pages, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût. L’auteur taquine sans cesse l’existentiel et nous rappelle qu’au-delà du sens que l’on donne, que l’on tente de donner à notre vie, celle-ci est souvent sinon généralement influencée par ce qui a été vécu, subi, partagé dans l’enfance, dans l’adolescence, avec les siens, les amis, lors de rencontres probables sinon improbables, des moments heureux comme les coups du sort qui parfois laissent des stigmates ; des périodes fondatrices qui promettent la lumière autant que des moments plus diaphanes sinon plus sombres.

Le récit est construit presque de façon linéaire encore que. Ainsi, Simon nous entraîne dans l’innocence de son enfance, aux côtés de sa mère, lui né de père inconnu, aux côtés de ses grands-parents, de son oncle, étrange personnage, et déroule le quotidien dans les faubourgs de Fort-de-France avant de traverser l’Atlantique pour rejoindre sa mère venue travailler à Paris. S’il a plutôt vécu heureux, protégé des mauvais coups, s’il a pu suivre des études et trouver sa voie, à la cinquantaine, peut-être une période où un premier bilan s’impose, il ressent le besoin d’aller se confronter à son passé, à sa terre natale. Et chacun sait que lorsque l’on décide d’ouvrir la boîte de Pandore, les choses peuvent s’avérer éprouvantes, car certaines familles conservent bien précieusement quelques cadavres dans ses placards.

Et puis il y a La délicieuse Évanyse, la jeune fille dont Simon était amoureux alors adolescent. Qu’est-elle devenue ? Est-elle toujours en vie ? A-t-elle quitté la Martinique ? Simon veut savoir, lui qui est parti sans la revoir. Lui qui ne l’a jamais oubliée. Évanyse a-t-elle balayé les premières amours tourmentées et partagées avec le jeune homme de l’époque ?

Roland Brival revient ici à ses racines antillaises pour nous offrir un poignant hommage à l’enfance et à la magie sombre et complexe des fantômes insulaires.

Les fleurs rouges du flamboyant, Roland Brival. Éditions Mercure de France. 280 pages. Parution : mai 2018. 18,80 €.

Feuilletez le livre ici

Roland Brival
Photo © Brigitte Paoli

Biographie de Roland Brival, issue de son site :

Roland Brival est un artiste complet. Écrivain, mais aussi poète, musicien et plasticien, il a publié quinze romans chez différents éditeurs (Gallimard, Lattès, Phebus, Ramsay, Orban), produit une dizaine d’albums (dont un album de poèmes personnels intitulé « Les Mots », enregistré à Taiwan en 2009, à l’occasion du salon du livre de Taipei) et participé à de nombreuses expositions.
Il a également travaillé dans le domaine du théâtre en qualité de metteur en scène et a été le fondateur d’un laboratoire de recherches théâtrales et d’une troupe de marionnettes antillaise, « la compagnie BWA-BWA ».
Enfin, Roland Brival a exercé ses talents de critique littéraire au sein du journal Elle dans les années 90.
« Circonstances aggravantes », son dernier album a vu le jour en 2014 sous le label « Such Productions ».
En janvier 2013 il a été fait chevalier des arts et des lettres par Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture. Né en Martinique, il a longtemps vécu à Londres, New York et Paris où il vit désormais.

Laisser une réponse

SVP rédigez votre commentaire
Merci d'inscrire votre nom