Les temples bouddhiques disposent de moulins à prières.
Le conseil municipal de Rennes, en date du lundi 14 novembre, a donné satisfaction aux adeptes du bouddhisme. Comme Unidivers l’annonçait et s’en réjouissait dans un précédent article, un Centre culturel bouddhiste ouvrira ses portes dès le mois de décembre, au 2 rue des Veyettes, dans la ZI du sud. En attendant leur emménagement, coup de projecteur sur un autre temple et une autre expérience… au cœur du bocage normand.

À quelques kilomètres de Gacé, pays de la Dame aux camélias, Aubry-le-Panthou se blottit dans le bocage normand, loin de tout. Pour trouver ce joli petit village aux 90 âmes, il faut être vigilant et ne pas rater la bifurcation. Les mauvais plaisantins évoqueraient un vrai…chemin de croix. Mais miracle, le panneau d’entrée de la commune, cerclé de rouge, apparait au détour de la route. Étonnamment, rien n’indique le centre tibétain dans ce bourg typique avec église et mairie, au demeurant très croquignolet. Tout juste remarque-t-on une pancarte au détour de la route principale qui invite à descendre prudemment un chemin caillouteux et brinquebalant. Petit à petit, l’automobiliste découvre l’incroyable, l’impensable : un centre tibétain au cœur du bocage.

Cent millions de mantras

 À ce moment-là, il n’est plus question de reculer…Des drapeaux multicolores en haut de mâts flottent au vent et accompagnent votre route vers l’entrée du centre. Laissant sur la gauche un château de briques rouges, les visiteurs arrivent finalement à destination. Sur le perron, Joëlle Brault, la responsable du site, vous accueille avec un grand sourire et vous convie à entrer dans les lieux. « Nous sommes dans la dépendance du château depuis 1982, » confie-t-elle. À l’époque, le Lama Gyourmé, responsable d’un centre à Paris, recherchait un endroit calme à la campagne pour des séminaires et des retraites. Tombé sous le charme, il signe tout de suite et ne regrette pas son choix.

Vingt ans après, les bouddhistes sont toujours là. Naturellement, leur arrivée n’a pas été sans interpeller les habitants, peu habitués aux pratiques tibétaines. « Ils étaient curieux de savoir qui nous étions, » confirme Joëlle Brault. Mais au fil du temps, les fidèles des enseignements bouddhistes sont acceptés par tous. « Nous sommes comme tout le monde et nous participons à la vie de la commune, » insiste-t-elle.

N’empêche, leur installation a mis un coup de projecteur très médiatique sur la commune. En 2008, le Dalaï-Lama est même venu en personne consacrer le Stupa, temple au sein duquel les bouddhistes distribuent des offrandes. Élevé en l’honneur d’un haut dignitaire tibétain, qui peu avant avait prophétisé… son existence, le monument se visite en silence et pieds nus. On y découvre un Bouddha grand et majestueux, placé au cœur d’une grande salle colorée et nimbée de dévotion.

La surprise ne s’arrête pas là et la découverte spirituelle se poursuit dans le centre. Derrière une porte, Joëlle présente le moulin à prières, lui aussi béni par le Dalaï-Lama. Il contient aux dires de la responsable cent millions de mantras consacrés au Bouddha de la purification, dont la mise en mouvement répand sur tous les êtres du monde des flots de bénédiction.

C’est encore dans cet esprit que les bouddhistes veulent ériger un temple pour la paix, à deux pas de leur stupa. Cet espace sacré, s’il est construit, rassemblera pratiquants et visiteurs pour se recueillir et méditer. Il sera aussi un lieu d’éducation et d’échanges œcuméniques. Une manière de communier avec un pays de Normandie qui selon Joëlle ressemble parfois au Tibet quand la neige fait son apparition.

Pratique. La congrégation Dachang Vajradhara Ling, Domaine de château d’Osmont, 61 120 Aubry-le-Panthou.

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