ACF contre la faim lance un plan de riposte pour faire face à la crise alimentaire prévue au printemps dans le Sahel. Des milliers de personnes pourraient être concernées. Il y a urgence…

 

Tout indique une nouvelle crise alimentaire au Sahel d’ici avril 2012. En Mauritanie, où la récolte atteint la moitié de la moyenne de ces cinq dernières années, plus de 700 000 personnes seront menacées par la faim d’ici janvier. Tandis qu’au Niger un million de personnes ont déjà besoin de nourriture. Le Mali et le Burkina Faso sont quant à eux en état d’alerte depuis que leur gouvernement a appelé à l’aide internationale. Au Tchad, la situation est également très préoccupante avec des taux de malnutrition déjà très au-dessus des seuils d’alerte.

Une accumulation de facteurs peut expliquer cette situation dans la région. Les spécialistes avancent notamment les pluies médiocres, les récoltes insuffisantes, la baisse du franc CFA, la limitation des exportations de céréales par le Nigeria, le retour des émigrés de Lybie et Côte d’Ivoire, qui soutenaient financièrement leurs familles…

Face à l’imminence de la crise, Action contre la Faim, avec le soutien financier de l’Union Européenne, a lancé un plan de riposte au Mali, en Mauritanie et au Burkina Faso. Il vise 64 000 personnes afin de couvrir les besoins alimentaires de base et d’éviter une crise comme celle de la Corne de l’Afrique. Des plans du même type devraient être prochainement lancés au Tchad et au Niger.

L’organisation lance un appel à la communauté internationale. « Agir maintenant ne permettra pas seulement de sauver de nombreuses vies, ce sera aussi plus rentable qu’intervenir en urgence au moment où les indicateurs de malnutrition dépasseront tous des seuils d’alarme » explique Amador Gomez, Directeur Technique d’ACF.

ACF fournira un soutien financier aux familles les plus vulnérables pour acheter des aliments là où les marchés locaux fonctionnent. Ce transfert d’argent, accompagné de séances de sensibilisation à la nutrition, sera conditionné par la réalisation de travaux communautaires (réhabilitation de points d’eau, de routes ou de champs) pour les familles. Toutefois, ACF n’écarte pas les distributions alimentaires comme mesures d’urgences dans certaines zones. Elle appelle désormais la communauté internationale, les donateurs, et les gouvernements nationaux à ce qu’ils agissent sans attendre.

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