Aux éditions Arthaud, la Nantaise Catherine de Baecque réserve sa plume à un maître de l’alpinisme, Maurice Herzog.  Elle rend hommage à celui qui un jour lui tendit la main au moment où elle en avait le plus besoin. Car est-il nécessaire de le rappeler encore et encore… Victime de la lâcheté des hommes, cette ex-lanceuse de marteau fut violée par d’autres athlètes, condamnés par la justice en 1993 et 1994.

 

Licenciée du ministère des sports où elle avait déniché un emploi, elle a retrouvé la foi de ses jeunes débuts sportifs dans l’écriture d’un récit haletant. Naturellement, Catherine de Baecque n’est pas Roger Frison-Roche, auteur de Premier de Cordée. Mais, elle donne du piquant à l’histoire d’un homme hors du commun. Mieux encore, elle procure de la vie à celui qui fut sans aucun doute son père spirituel.
Son style est limpide et glissant, comme une luge à pleine vitesse sur une pente verglacée. Par petite phrase courte, à coups de « piolet », elle raconte cet aventurier du siècle dernier. Maurice Herzog était un aristocrate de la montagne, un résistant de la première heure et un homme de  conviction. Fils de bourgeois, il gravit les échelons du courage, se gardant bien de “dévisser” en chemin.
Maurice Herzog n’est pas simplement le vainqueur de l’extrême, le premier à atteindre un sommet de 8000 mètres le 3 juin 1950. Il est de ceux qui inspirent le courage et la volonté d’accomplir. Bien sûr, il revint de l’Annapurna amputé, après avoir frôlé la mort. Bien sûr, il gagna le respect de toute une profession et du public friand d’audace. Mais c’est naturellement bien que plus que l’auteur offre à ses lecteurs. Herzog suscite le respect par sa personnalité, par son humanité rare et par sa gentillesse extrême.
Catherine de Baecque entre à pas feutrés dans l’existence du pionnier. Elle évoque son parcours d’homme politique, de grand patron et de membre du comité international olympique. Mais qui mieux qu’elle pouvait le faire… Elle trouve le ton juste, évitant les écueils de la sensiblerie et de l’autosatisfaction. On est dans la biographie du vrai et de l’admiration raisonnée.

JCC

Catherine Moyon de Baecque, Arthaud, 25/10/2011, 368 p., 22€

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Maurice Herzog, survivant de l’Annapurna > Catherine de Baecque l Un sommet d’amour

Un commentaire

  1. Le récit de Catherine de Baecque sur la personnalité et les actions de Maurice Herzog ne se situe pas dans l’analyse réaliste et n’utilise pas la méthode historique. Il s’agit d’hagiographie, dont le résultat est éloigné du réel. Tant sur les actions : il n’est pas sûr que les deux hommes, Lachenal et Herzog, aient atteint le sommet de l’Annapurna. Que sur la personnalité d’Herzog, qui a focalisé sur lui seul égoïstement la renommée : il n’a pas été honnête avec Lachenal, tripatouillant ses manuscrits.
    L’ouvrage de Catherine de Baecque n’a pas de crédit auprès des connaisseurs de la montagne, et des hommes qui la pratiquent.

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