Le Prix Folire 2012 attribué à Gilles Paris pour son roman Au pays des kangourous (Editions Don Quichotte) sous le parrainage de Bernard Pivot. Ce prix original a pour objectif de permettre aux personnes souffrant de troubles psychiques de couronner la qualité littéraire d’un récit ou d’un roman d’un jeune auteur francophone.

Le jury du prix FOLIRE s’est réuni le 23 novembre 2012 au Centre Hospitalier de Thuir (Etablissement Public de Santé Mentale située en Pyrénées-Orientales). Composé de 58 patients de l’établissement de santé, il avait la lourde tâche de départager les trois finalistes de l’édition 2012 du prix : Gilles Paris, Au pays des kangourous (Don Quichotte), Julie de La Patellière, Notre nuit tombée (Denoël) et Martin Belskis, Dans le square (Buchet Chastel). Le prix a été attribué au premier tour du scrutin à Gilles Paris, par 36 voix contre 12 à Julie de La Patellière et 10 à Martin Belskis.

Gilles Paris
Gilles Paris

Avec Au pays des kangourous (voir notre article), Gilles Paris a pris le parti de faire parler un enfant de 9 ans, « un âge ou l’enfant ne juge pas. Il essaye de comprendre. Sa vision du monde donne la distance nécessaire pour aborder les choses graves de la vie ». A l’annonce du prix, Gilles Paris s’est dit très ému :

Parce que j’ai le Prix ? Bien sûr, comme tout lauréat, heureux d’être reconnu. Mais plus encore. Car depuis huit ans, les dépressions que j’ai vécues et vaincues à trois reprises, ont toutefois gardé leurs empreintes et le fait que des patients aient voté pour moi change tout. C’est une revanche sur ces années noires aujourd’hui enfuies. Je me souviens des patients avec qui je partageais mes journées et qui m’ont aidé à surmonter mes angoisses et mes peurs. Car bien au-delà de la médecine et de mes efforts, je sais que je leur dois en grande partie ma survie. Des anonymes pour la plupart que je n’ai jamais revus, mais qui restent en moi comme les meilleurs antidépresseurs qui soient. Être lu par un homme ou une femme qui aujourd’hui traverse ce long tunnel, et apprécie ce roman où la dépression d’un père est évoquée de manière légère par les yeux et les mots d’un enfant, est la plus belle des récompenses qui m’aura été faite tout au long de la promotion de ce roman. Et bien au-delà, car « ce corps étranger » qui pénètre tout dépressif et fait de lui un être vulnérable et fragile, donne un sens à l’écrivain que je suis.

 

 

 

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