Alors que l’on parle de la Syrie et des ses milliers de rebelles tués, des difficiles élections sénégalaises de la crise Iranienne, l’annulation du Nouvel An au Tibet (voir notre article) n’a que peu été relayée par les médias. Quant au Mali, la grave crise politique et humanitaire qu’il traverse n’a l’air d’émouvoir personne…

Le Mali est un grand pays par la superficie. Peuplé de 15 millions d’habitants, il est situé entre la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal. Une crise au Mali peut donc avoir de larges répercussions sur tous les pays frontaliers.

Au nord du Mali, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MLNA) s’oppose par les armes au régime du président Amadou Toumani Touré (ATT). La région nord du Mali se sent laissée pour compte dans ce pays vaste et à la faible densité. La conflit a dégénéré en véritable guérilla militaire entre touaregs et armée régulière. Ce conflit a poussé la population du nord du pays à trouver refuge dans les pays frontaliers dans des conditions des plus précaires. Ce sont ainsi plus de 10 000 réfugiés qui se retrouvent au Burkina Fasso. Au total, on estime à 50 000 les réfugiés touchés par ce conflit, chaque camp rejetant sur l’autre les exactions commises.

47 morts étaient recensés au mois de janvier, 100 autres il y a 5 jours et les informations ont encore du mal à filtrer. Les pays voisins et, notamment le président burkinabé Blaise Campaoré, tentent de faire médiation.

Médiation difficile. Car, à travers ce conflit, c’est aussi l’identité touarègue qui est en question dans un pays dont les frontières ont été tracées de manière arbitraire à la sortie du colonialisme. Qui plus est, dans cette situation chaotique, une poignée de terroristes d’AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) en profite pour organiser pillages et kidnapping. La région est ainsi l’une des moins sures du monde avec la Somalie. C’est pourquoi on attend sans trop d’espoir des images de ce conflit. Conflit où d’ailleurs les Français ne sont pas accueillis bras ouverts dans les négociations.

Au demeurant, l’intervention d’une force d’interposition et d’ONG devient cruciale. Elle seule peut permettre aux populations de survivre et aux discussions de reprendre avec tous les intervenants. Elle ne se fera pas sans la mobilisation de l’« opinion publique » par l’intermédiaire des médias. Espérons qu’il ne faudra pas attendre un point de non-retour, comme en Somalie, pour que les Occidentaux se mobilisent.

 

Ice

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