Notre pays aura perdu coup sur coup deux de ses plus grands éditeurs qui eurent en commun d’avoir été naturalisés français. Après Vladimir Dimitrijevic, le fondateur des éditions l’Âge d’homme (voir notre article), Hubert Nyssen, fondateur des éditions Actes Sud en 1978, s’est éteint samedi 12 novembre. Il avait découvert et édité Nina Berberova, Paul Auster, Cormac McCarthy, Günter Grass, Nancy Huston , Imre Kertész, Stieg Larsson et bien d’autres.

Né en Belgique en 1925, cet universitaire, docteur ès Lettres, a trouvé le courage et l’audace de lancer avec son épouse Christine Le Boeuf une maison d’édition près d’Aix-en-Provence.  Il fut rejoint par Bertrand Py, Jean-Paul Capitani et sa fille, Françoise Nysse. C’est à cette dernière qu’il confia la destinée d’une maison qui en un quart de siècle s’est imposée comme une référence dans le paysage littéraire national.  Installée dans une bergerie du Paradou, Actes Sud prenait ses quartiers à Arles en 1983. Cette entorse à la tradition germanopratine du milieu français des éditions en a fait jaser plus d’un.

Avec Vladimir Dimitrijevic, ils avaient en commun d’être des chercheurs et des travailleurs infatigables, de promouvoir une manière de travailler à l’ancienne, artisanalement, voire en réaction avec les procédés industrialisés en vogue dans nombre de grandes maisons parisiennes, de privilégier des formats de livre non conventionnels, d’ouvrir la France à des auteurs étrangers méconnus.

On pense, pour les plus récents, au Hongrois Imre Kertèsz dont l’Être sans destin en aura dérangé plus d’un (« on peut être heureux dans un camp de concentration ») et se trouve couronné du Prix Nobel de littérature 2002. En 2007 et 2008, la trilogie Millenium du Suédois Stieg Larsson séduit 2 millions de lecteurs. De quoi assurer à un catalogue déjà riche de nouvelles belles signatures originales.

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