Le duo américain OM sera présent en France pour deux concerts seulement (le 15 avril à Poitiers au Confort Moderne, le 16 à Paris à La Maroquinerie). Sans autres dates, cette venue fournit tout de même l’opportunité de faire découvrir à nos lecteurs la musique enthousiasmante de ce groupe original.

Ces fondateurs Al Cisneros (basse, chant) et Chris Haikus (batterie) ne sont certainement pas des inconnus pour tous ceux qui aiment la scène « metal » américaine. Celle qui est un peu confidentielle, mais qui s’avère depuis le début des années 1990 un foyer d’inspiration et d’ingéniosité. Loin, très loin, du stéréotype de demi-décérébrés, type humano-boeufs satanistes incapables de nuance,  que les médias servent à foison.

Bien qu’émergeant dans des groupes tels que Sleep ou The Sabians (plus classiquement « metal », bien que très mélodiques et ayant assimilés avec génie les influences 70’s ou rock progressif), Cisneros et Haikus (aujourd’hui remplacé derrière les futs par Emil Amos) ont à cœur de créer une musique singulière.

Avec une relation basse/batterie et des voix répétitives, langoureuses et hypnotiques, le charme des longues mélopées opère. D’influences orientales, elles sont passées par les filtres de toutes les évolutions du « rock » que les deux musiciens ont incorporés. L’ennui ne guette jamais puisqu’une énergie contenue (sur disque, mais non sur scène, bien au contraire) sous-tend continuellement l’ensemble.

En outre, la batterie (évidemment au centre de leurs compositions) ne se réduit jamais à un accompagnement bêtement métronomique. Grâce à un patient travail sur la prise de son, cet instrument se révèle dans toute l’ampleur de ses possibilités. Tonalités variées, souplesse de l’exécution, vibrations chaleureuses créent une harmonie parfaite avec la voix et la basse de Cisnéros.

Éminemment modernes dans leur efficace dépouillement, ils se retournent vers les « traditions » (rassurez-vous :  avec une sincère intelligence à mille lieues du « new-age »)  pour y puiser leur inspiration (la Bible, essentiellement, également l’Inde et le Tibet).

L’exemple de leur camarade Justin Marler (ex-Sleep, ex-Sabians, aujourd’hui à la tête de Shiny Empire) qui quittera en plein succès la scène musicale pour se retirer sept ans dans un monastère orthodoxe américain, n’est pas fait pour démentir cette recherche d’une beauté musicale contemporaine exigeante.

Thierry Jolif



La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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