genji murasaki shikibu
Tosa Mitsuyoshi, Coup de théâtre, Musée Kuboso, Izumi. © Mary and Jackson Burke Foundation, New-York / Photo Carl Nadiello.

Les Éditions Diane de Sellier ont publié dans son intégralité, en mai 2018, dans la traduction de René Sieffert, le « Dit du Genji », monument de la littérature nippone. L’ouvrage impressionnant et fondamental de la littérature japonaise avait déjà connu une belle publication, en 2008, illustrée de sublimes peintures traditionnelles du Soleil levant. Quelques années auparavant, ce grand texte de la littérature japonaise avait été offert au public francophone par les Éditions Verdier.

Le Dit du Genji, ce grand classique de la littérature universelle dont Borges disait qu’il n’a jamais été égalé, fut écrit au début du 11è siècle par dame Murasaki, une aristocrate qui vécut à la cour impériale de Heian-Kyô (l’actuelle Kyôto). René Sieffert qui a travaillé à sa traduction près de vingt ans, l’avoue : « Pas un instant je n’ai eu le sentiment d’un véritable dépaysement, ni dans le temps ni dans l’espace, mais au contraire me hantait l’impression constante d’être engagé dans une aventure mentale étonnamment moderne. Il m’a semblé découvrir des situations, des analyses, des dialogues qui pouvaient avoir été imaginés hier, si ce n’est demain. »

Ce « roman-fleuve », qui retrace le destin politique et la riche vie amoureuse d’un prince, le Genji, vaut autant par la vigueur de la narration que par l’évocation d’un climat, une atmosphère, un état d’âme, les accords d’une cithare ou le parfum d’un prunier en fleur – illustration parfaite de l’impermanence de ce monde et de la vanité ultime de toute entreprise humaine.

Le dit du genji murasaki shikibu

Alain Kervern, écrivain brestois, poète et spécialiste de la littérature nippone, en parle ainsi :

« Le Dit du Genji (Genji monogatari), le plus célèbre ouvrage de la littérature classique japonaise de l’époque de Héïan (794-1185), connaîtra un immense retentissement à travers les siècles. Ce roman est considéré comme le premier témoignage, dans l’archipel, d’une culture nationale se dégageant peu à peu de l’influence chinoise. Son auteure, connue sous le nom de Murasaki Shikibu, était la fille du directeur du Bureau des Rites devenue Dame de la Cour au service de l’Impératrice Akiko. Elle écrivit ce roman-fleuve aux environs de l’an Mil.

Composé de 54 volumes, cet ouvrage monumental relate les états d’âme et les aventures galantes d’un prince impérial, puis de son fils, dans l’atmosphère raffinée du Palais Impérial.
Cette œuvre d’imagination donne de l’univers de la Cour une image transposée, quand la finesse psychologique qui dépeint les personnages leur donne densité et authenticité. L’art de Murasaki Shikibu consiste à décrire très succinctement une scène, mais à déployer tout son talent à en évoquer l’atmosphère.

L’ensemble de l’œuvre est constitué de deux parties : les livres 1 à 44 relatent la vie du Prince Hikaru. Homme doué de tous les talents et de toutes les séductions, épris des femmes, il est rongé par une secrète blessure. Les livres 45 à 54 ont pour héros son fils Kaoru.
Cette œuvre extraordinaire, nourrie de la tradition poétique et romanesque antérieure, remarquable par son ampleur, sa force dramatique, l’émotion poétique de ses évocations, un ton particulier où la tendresse se teinte d’humour, fut admirée tant par ses contemporains que par les générations suivantes. Elle marqua toute la tradition littéraire postérieure au point qu’un grand auteur contemporain, Tanizaki Junichirô (1885-1965), en entreprit la traduction en japonais moderne du chef d’œuvre de Murasaki Shikibu
. »

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Tosa Mitsuoki, Portrait de Murasaki-shikibu, Monastère Ishiyama, Ôtsu © Monastère Ishiyama, Ôtsu.

Murasaki Shikibu, Le dit du Genji, illustré par la peinture traditionnelle japonaise, traduction de René Sieffert, éditions Diane de Selliers, 1312 pages et 520 illustrations, 2008, prix : 165 euros.

Le coffret comprend trois volumes et un livret d’accompagnement : À la découverte du Dit du Genji . Ce dernier est aussi disponible séparément depuis 2018, au prix de 19 €.

Une édition complète a été publiée antérieurement par les éditions Verdier, traduite et présentée par René Sieffert, livre relié à couverture rigide sur papier bible, collection Littérature japonaise, 1 472 pages, 2011, ISBN 978-2-86432-653-3, prix 60,00 €.

Alain Kervern, qui nous a communiqué le texte ci-dessus, a écrit beaucoup d’ouvrages, de veine poétique et d’inspiration japonisante, publiés essentiellement par deux éditeurs rennais, Folle Avoine et La Part Commune.

À lire également sur Unidivers : Murasaki Shikibu – Le Dit du Genji

Pour aller plus loin, retrouvez le podcast de France Culture sur le sujet

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