(publié le 10 novembre 2011) Konrad Lorenz est un biologiste et zoologiste autrichien titulaire du prix Nobel de physiologie ou médecine. Il a étudié les comportements des animaux sauvages et domestiques. Ses livres ont touché un large public tels qu’Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons ou L’Agression, une histoire naturelle du mal. Ses recherches se concentrent sur l’étude des coordinations héréditaires, des mécanismes innés, du fonctionnement des désirs et motivations et des procédures d’apprentissage. Deux grands axes théoriques peuvent être mis en valeur.

La théorie de la dégénérescence

La théorie de la dégénérescence de Lorenz inscrit dans la nature biologique de l’homme les problèmes de décadence des civilisations. Cette constatation vient de la comparaison entre les caractéristiques de l’homme civilisé et des animaux domestiqués. En cela, Lorenz remarque que les animaux domestiques se caractérisent souvent par :

  1. Des problèmes alimentaires et un manque de contrôle des mécanismes de l’appétit pouvant entraîner l’obésité
  2. Des problèmes de régulation de la sexualité et une hypersexualisation.
  3. Une régression infantile des individus, les adultes se comportant comme des individus immatures (dépendance parentale et activité ludique).

Selon Lorenz, l’homme civilisé, n’étant plus contraint par l’environnement sauvage, a été forgé par la sélection artificielle produite par la civilisation elle-même. Ainsi, l’espèce humaine s’est auto-domestiquée. Toujours selon Lorenz, sans un système social de valeurs fortes imposées et régulatrices des moeurs, la nature «domestique» de l’homme civilisé prendra le dessus. Nous obtiendrons alors une civilisation d’obèses, hypersexualisés, immatures et passant leur temps à se divertir. Plus inquiétant, si l’évolution de l’homme depuis un million d’années fut propulsée par l’ajout génétique d’instincts typiquement humains, celui de l’homme civilisé depuis dix mille ans est caractérisé par une dégénérescence génétique.

La théorie de l’agression

La théorie de l’agression de Lorenz est une généralisation de la théorie anthropologique du bouc émissaire(cf. notamment notre article sur Réné Girard) En premier lieu, Lorenz démontre que la parade nuptiale de plusieurs espèces animales est une variation du comportement d’agression. Le schéma général de la parade nuptiale consiste en un comportement d’attaque entre le mâle et la femelle qui, à la dernière seconde, est réorienté vers un ennemi commun. La raison : l’instinct d’appropriation du territoire chez chacun augmente  la motivation d’agression ; la sélection naturelle a simplement permis ce rapprochement en permettant de détourner cette agressivité vers un ennemi commun.

L’application de cette théorie à l’homme fait en sorte que pour que l’amour soit possible, il faille nécessairement haïr les mêmes choses ensemble. De même, tout regroupement social ne peut exister que par réorientation de l’agressivité interindividuelle contre un ennemi commun : nation contre nation, classe supérieure contre inférieure, syndicat contre patronat, parti politique contre parti politique, équipe contre équipe, etc.

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