Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer est essai décalé et passionnant : remarquable!

Oublions la polémique actuelle autour de l’industrie alimentaire et de l’élevage industriel, des défenseurs du tout-végétal et des aficionados de la côte de bœuf. Jonathan safran Foer nous propose une vision complètement inédite de l’essai en littérature. Drôle, addictif, incroyablement original tant sur la forme que sur le fond, Faut-il manger les animaux? est un oasis dans le désert aride des essais, documentaires et autres récits qui fleurissent, tous sujets confondus, dans notre panorama littéraire ces dernières années.

Faut-il manger les animaux, Jonathan Safran Foer, végétarisme, végétalisme, Vegan, essai, journalisme, élevage, volaille, batterie, industriel, findusL’auteur fait preuve d’une incroyable ingéniosité pour étayer ses propos : des pages couvertes d’une alternance de mots pour illustrer le nombre d’animaux consommé par un Américain durant sa vie (21 000 lettres sur treize pages), un dictionnaire improbable et inédit autour de l’alimentation (connaissiez-vous les « aliments d’inconfort »?), des titres de chapitres accrocheurs (« tranches de paradis/ tas de merde »). Quant au style, soyons clair : Jonathan Safran Foer est un journaliste remarquable au talent littéraire indéniable. À tel point que Faut-il manger les animaux? se dévore comme un roman passionnant.

On tire également notre chapeau à Jonathan Safran Foer pour avoir su aborder un épineux sujet sans prosélytisme ni provocation. Il relate sa lente conversion à l’alimentation végétale — et ses retours successifs à ses tendances carnivores. Fort de deux années d’enquête, aidé par deux personnes qui ont vérifié chacune des sources et des témoignages cités, l’auteur est allé à la rencontre de personnalités aussi incroyables qu’une végétarienne qui s’est lancé dans l’élevage de volaille, ou d’un végétalien dont le métier consiste à… construire des abattoirs.

Avec humour et sérieux, Jonathan Safran Foer ne dit pas au lecteur quelle voie choisir, mais explique comment et pourquoi il a choisi de devenir végétarien. Tant sur la forme que sur le fond, Faut-il manger les animaux? est un livre remarquable.

Cela fait maintenant plus de la moitié de ma vie que je suis végétalien*, et si cet engagement en faveur du végétalisme est motivé par plusieurs raisons — la durabilité et les conditions de travail avant tout, mais aussi la santé individuelle et publique —, ce sont les animaux qui sont au cœur de mes préoccupations. C’est pour cela que les gens qui me connaissent bien sont surpris d’apprendre que j’ai participé à la conception d’un abattoir.

PETIT LEXIQUE :
Végétarien : ne mange aucun animal (ni viande, ni poisson, ni crustacés…).
Végétalien : végétarien ne mangeant pas non plus de produits issus des animaux (lait, miel, œufs…)
Vegan : anglicisme — végétalien qui ne mange ni ne consomme de produits issus des animaux (ne porte pas de cuir, ne consomme pas de produits testés sur les animaux…)

 Faut-il manger les animaux? , Jonathan Safran Foer, Éditions de L’Olivier, 362 pages, 22.30 euros

Un commentaire

  1. En effet, il ne faut pas forcer totalement les choses mais donner des pistes de réflexion ou de réaction. Si l’on interroge des végétariens/végétaliens, on s’apperçoit que chacun a une raison pour cette transition et que cela peut être progressif ou brutal. La question du titre du livre aurait aussi pu être : « Pourquoi mangent on des animaux? ». Comme on le voit aujourd’hui avec l’affaire en cours, certains sont choqués parce qu’un cheval termine en viande hachée tandis que d’autres trouvent cela normal. Certains ne savent pas que les produits cosmétiques qu’ils utilisent sont testés sur des cousins de leur minou préféré ou de leur médor adoré. La question de fond est aussi la place des animaux dans notre société. Regarder d’autres modes de vie que notre société française ou occidentale me semble aussi impérative pour tenter de décrypter le pourquoi de nos à-priori.

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