En s’arrêtant aux premières notes de la techno industrielle et fracassante de Jean Terechkova, on pourrait imaginer derrière ce pseudonyme un personnage sombre, imposant, presque agressif. Et pourtant, Anne-Sophie n’est rien de cela. Jeune Rennaise dans la vingtaine, elle est plutôt timide bien que très souriante. Et si elle admet volontiers le caractère brut de sa musique, c’est avant tout la joie qu’elle souhaite partager. Rencontre.

Un peu gênée et timide en visuel, Anne-Sophie a.k.a Jean (comme l’appellent tous ses amis) se révèle réellement derrière ses platines. Cette Rennaise de 23 ans a commencé à mixer il y a près de 3 ans. À la base de cette révélation musicale : une histoire d’amour. Anne-Sophie et son copain sont en couple depuis près de 4 ans. Lui-même pratique le mix et a ainsi initié Anne-Sophie à cet univers. Le premier mix de la DJ ? Une compilation pour la Saint-Valentin, destinée à son amoureux. C’est ainsi que la jeune femme mit le pied à l’étrier.

JEAN TERECHKOVAPuis les choses se sont vite enchaînées, elle avoue pourtant ne pas avoir spécialement cherché à multiplier les dates. En novembre 2016, Jean Terechkova remporte le Tremplin « Concert against Cancer », lui ouvrant les portes du 1988 Live Club, où elle jouera de nombreuses fois depuis. Une scène qui lui permettra d’ailleurs de gagner en notoriété. Elle l’explique pourtant humblement, elle ne cherche pas à démarcher des lieux pour se produire : le plus souvent, on la contacte et lui offre différentes opportunités. Comme pour le festival Maintenant, où elle se produira au mois d’octobre 2017.

Il faut dire que la musique de Jean plaît. Techno industrielle et brutale, la musique de la jeune DJ n’est pas violente pour autant. D’ailleurs si elle apprécie la brutalité de cette musique c’est, selon elle, car celle-ci permet de faire passer des émotions plus intenses. C’est aussi pour cela qu’elle se sent plus à l’aise en fin de soirée, son style étant plus pertinent une fois la nuit déjà bien entamée, lorsque la piste de danse est déjà bien remplie. Elle-même apprécie passer de l’autre côté des platines, pour la musique et aussi pour danser. Pas trop casanière, la DJ sort régulièrement faire les différentes scènes rennaises et de Bretagne, toujours plutôt électro. Pourtant le premier amour de la DJ, c’est la musique classique. Pianiste depuis ses 6 ans, la jeune femme pratiquait aussi la danse classique. Elle a longtemps souhaité poursuivre dans cette voie (elle avait été acceptée au conservatoire de Rennes), mais une carrière artistique n’était pas nécessairement dans les plans de sa famille. On sent encore une certaine frustration de l’artiste lorsqu’elle en parle, des années après.

JEAN TERECHKOVA

Aujourd’hui, elle oscille donc entre un travail qui lui permet de payer ses factures et son passe-temps de DJ. Elle tient cependant à souligner qu’il s’agit vraiment d’un loisir pour elle. « C’est utopique de rêver de devenir DJ ». D’ailleurs, elle n’est pas toujours payée. Pas que cela lui déplaise, elle ne fait pas cela pour gagner sa vie, mais vraiment par plaisir. C’est pourquoi elle préfère voir ses moments derrière les platines comme des moments de détente.

Plus tard, elle se voit bien continuer ce passe-temps, sans que cela soit sa priorité. Elle aspire surtout à fonder une famille et vivre sa petite vie, tranquillement. D’ailleurs, elle se verrait bien rester à Rennes. Mais aussi voyager, faire des rencontres, et surtout continuer de pratiquer la musique, qu’elle-même considère comme un médicament. Car derrière Jean se trouve Anne-Sophie, qui n’a pas nécessairement une confiance en elle à la hauteur de son talent. Un manque de confiance que la jeune artiste soigne peu à peu, au fur et à mesure de ses prestations.

Elle l’explique, c’est parfois plus compliqué de s’imposer et de prendre confiance en soi en tant que femme dans le milieu de la techno. Des commentaires déplacés remettant en cause sa légitimité ou la qualité de sa musique, Jean en a entendu passer. « C’est bien ce que tu fais… pour une nana » et autres. Si bien que, lorsqu’elle a gagné le tremplin « Concert against Cancer » elle s’est interrogée. L’a-t-on fait gagner pour sa prestation ? Pour son physique ? Pour rentrer dans des quotas ? Les jurés l’ont vite rassuré, c’est bien sa musique qui a été jugée.

JEAN TERECHKOVA

Le 20 juillet dernier, elle jouait sa dernière date de la saison, en résidence au 1988 Live Club accompagnée de Ronod, son copain. Tous les deux jouaient en B2B (back to back), c’est-à-dire l’un après l’autre. Cette pratique demande d’être très attentif au travail de l’autre DJ, afin d’être en cohérence avec l’ambiance et le beat qui précède. Entre elle et son copain, les sons s’enchaînent. « C’est un peu comme un ping-pong » où chacun s’adapte à l’autre. Si Jean appréhendait un peu la soirée (tenir 6h en continu est loin d’être aisé), elle n’en retire que du positif et a vraiment éprouvé beaucoup de plaisir.

 

Retrouvez Anne-Sophie sur sa page Facebook sous le nom de Jean Terechkova, et en live lors du festival Maintenant le vendredi 13 octobre.

 

Ambiance Électronique 4 ● Jean Terechkova ● Théâtre du Vieux St-Étienne ● Vendredi 13 octobre. Carte blanche à ÖND.
Homonyme de la première femme ayant été dans l’espace en 1963, Jean Terechkova distille une techno sans concession. Elle jouera en b2b avec Vanadís qui s’est illustrée récemment sur la scène tremplin du FESTIVAL ASTROPOLIS.

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