YAOUANK 2018 : LE GRAND PROJET DE JEAN-CHARLES GUICHEN

Ce sont les noces de cristal entre Yaouank et Jean-Charles Guichen. Pour la 15e fois en 20 éditions, le Quimpérois est de retour avec son nouveau projet Breizh An Ankou. Il emmène sur « sa » scène le chanteur Denez Prigent, le guitariste Dan Ar Braz et le bagad de Perros.

JEAN-CHARLES GUICHEN
Jean-Charles Guichen devant la jaquette de son album Breizh An Ankou qu’il a peint lui-même

Lui et le festival sont inséparables. Jean-Charles Guichen est de retour à Yaouank pour la quinzième fois. Il y est passé en solo, en duo, avec son groupe qui l’a fait connaître, Ar Re Yaouank, avec sa troupe de musiciens… Cette fois-ci, il réunit des cadors de la musique bretonne pour jouer son album Breizh An Ankou, sorti en 2017 : Denez Prigent et Dan Ar Braz. Une voix mémorable et un guitariste d’exception dans les milieux des Fest-Noz. Parfumez le tout avec le bagad de Perros et vous obtiendrez un moment exceptionnel au hall 9 du parc des expositions samedi à 22 heures. En attendant, rencontre chez Jean-Charles Guichen auteur, compositeur, directeur artistique et peintre à ses (quelques) heures perdues.

Unidivers : Nous sommes à quelques jours du fest-noz. Parlez-nous un peu de ce que vous allez nous présenter sur scène et de ce projet Breizh An Ankou. 

Jean-Charles Guichen : Je suis très impatient, car c’est un gros projet. On voulait parler de la Bretagne et la mettre en musique et en image. J’ai tout composé et produit moi-même. Ainsi, j’ai mis absolument tout ce je souhaitais. Avec ce projet demandé par Glenn Jegou (le directeur du festival NDLR) j’ai ramené le chanteur Denez Prigent, le guitariste Dan Ar Braz et le bagad de Perros. J’ai aussi fait le décor. On va mettre une surprise scénique. Cela fait un an que je me prépare pour ce Yaouank.

Le concert de samedi va être exceptionnel, car ça n’a jamais été fait de réunir tout ce monde.

Après quinze passages à Yaouank avec Ar Re Yaouank, les frères Guichen et enfin seul, vous préférez jouer en solo ou en groupe ?

Toute expérience est bonne à prendre. Par exemple quand j’ai joué le solo de l’Ankou, seul, face à tout le public, c’est impressionnant. C’est un challenge d’être tout seul. Mais là ce groupe-ci c’est complètement différent, c’est le plus gros projet de ma vie. Mais après on ne sait jamais pour la suite.

Comment percevez-vous la musique bretonne aujourd’hui ?

Il y a une sacrée évolution. Avant la musique était très traditionnelle. Dans les années 80, il n’y avait pas forcément de festival à part Cléguérec à la fin des années 80. Aujourd’hui on donne l’envie à des jeunes devenir danser, mais aussi de jouer. La musique bretonne d’aujourd’hui se relie à plein de styles différents. Par exemple avec mon premier groupe Ar Re Yaouank on avait mis notre côté rock voir hard rock dans le traditionnel. On observe vraiment une alchimie entre les musiciens et les danseurs.

« Petit, je dessinais une grande scène avec la foule. Et aujourd’hui je le vis ».

Comment faire pour que la musique bretonne sorte de ce côté « petit comité » ?

À l’époque, on allait dans les facs pour la faire connaître. On faisait des fest-noz dans les universités. Mais c’est vrai que c’est un gros labeur. Maintenant, tout se fait au bouche-à-oreille et toutes les générations s’éclatent. Il y avait aussi des discothèques qui organisaient des fest-noz. Je me souviens d’un concert que j’avais fait au club 88.

« Cela fait un an que je me prépare pour ce Yaouank ».

Est-ce que ça continue toujours ces opérations promotions dans les milieux culturels ?

En 95 on avait eu un gros succès. Et aujourd’hui autour de Yaouank on y voit plein de fest-noz. Mais le fait que ce festival marche c’est notamment parce qu’il est en ville et non en campagne sans doute. Mais ce sont eux qui participent à la construction du festival. Glenn est fort là-dessus : il voit ce qui marche et ce qui va marcher pour le 17 novembre.

Après plus de vingt ans de carrières, quels conseils donneriez-vous aux groupes jouant à leur premier Yaouank ?

Profitez. Regardez à droite à gauche, profitez du festival pour faire des rencontres musicales avec d’autres artistes. Il faut savoir que plus jeune, j’étais très timide. C’était atroce la scène à mes débuts. Elle m’a permis d’enlever cette timidité, car on se force à y aller. On se guérit et aujourd’hui on est assoiffé de scène et de rencontres.

JEAN-CHARLES GUICHEN
Jean-Charles Guichen dans son studio avec ses peintures et ses guitares.

Pour la suite, vous vous voyez plus revenir à vos anciens groupes ou continuer à développer de nouveaux projets ?

J’ai déjà beaucoup de projets à l’avenir. Et comme il m’est impossible de faire les choses à moitié j’ai du boulot ! Entre mes activités de peintre, de compositeur, de directeur artistique, je ne m’ennuie pas. Je travaille également sur une bande dessinée, enfin bref, plein de projets. Mais ça ne sera pas pour revenir en arrière. C’est la scène qui donne envie de faire de la musique et j’aime bien les choses improbables.

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