INÜIT est un étrange combo en provenance de Nantes. Étrange dans sa structure, six musiciens, des machines, des percus, des cuivres et une chanteuse au répertoire vocal chaleureusement étendu.

 

 INÜIT 1 - crédit Chama ChereauNé il y a peu de la rencontre de six jeunes musiciens nantais, INÜIT n’a pas tardé à se faire remarquer. Autant pour sa musique envoûtante, savoureuse et dansante que pour sa formation originale. Les titres qui composent leur set habituel et qui seront bientôt disponibles sur le E.P. Tomboy. La chanson (magnifiquement « clipée » par Vincent Vanlerberghe) qui donne son titre au disque donne le ton. Intelligence rythmique, raideur implacable, quasi tribal, et groove subtil qui s’impose, le jeu des voix hypnotise et ravit, l’ensemble tout en serpentant invite aux suaves déhanchements.

C’est ce mix harmonique complexe et séduisant d’une musique à la fois électro et profondément organique que le clan INÜIT viendra proposer et, espérons-le, imposer le jeudi 3 décembre à l’Etage dans le cadre des concerts gratuits des Transmusicales de Rennes. Quelques heures avant de monter sur scène INÜIT a accepté de répondre a nos questions.

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Unidivers : INÜIT – un nom qui évoque le froid, la glace pour une musique qui bien qu’à base de sons électroniques est loin d’être froide et figée… Lèveriez-vous une part du mystère sur le choix de ce nom ?

INÜITINÜIT : Si on a choisi Inüit comme nom, c’est pour deux raisons.

Tout d’abord, on voulait un nom de projet qui fasse penser au champ lexical du tribal, non pas au sens culturel à proprement parler, mais pour faire écho à notre manière de vivre ensemble. On est un groupe à la scène, mais aussi dans la vie, il y a quelque chose de très fusionnel dans les relations humaines au sein d’Inüit. Cela se ressent dans nos phases de composition, basées sur l’égalité de la valeur des idées de chacun.
Dans un second temps, c’est tout simplement pour l’aspect plastique/pratique du mot qui nous a séduit : on le trouve joli et il se retient facilement.

Et sur les origines du groupe ?

INÜIT : Pour la genèse du groupe, on peut dire pour faire court que nous jouons ensemble dans divers projets depuis 7 ans environ. On a appris durant ces années à se connaître, tant dans nos bons que dans nos mauvais côtés. Cela nous permet de nous prendre la tête et de vite nous pardonner, de partager nos découvertes et de se voir évoluer mutuellement. En ce qui concerne Coline, même si elle arrivée que très récemment, Pierre (sax, percus) et Alexis (Moog) avaient déjà amorcé un projet avec elle en 2013.

Rythmée et légère, profonde et dansante, la musique d’INUIT est un alliage sacrément complexe… Comment se déroule donc l’écriture de vos chansons ? À six, ce doit-être coton…

INÜIT 2 - crédit Chama ChereauINÜIT : L’écriture dans Inüit se fait à 12 mains… C’est compliqué, laborieux, on se prend beaucoup la tête, mais quand on réussi et que tout le monde se retrouve dans la chanson, ça n’a pas de prix, on est trop heureux ! Le postulat de base c’est que personne n’a plus raison qu’un autre. Cette légitimité partagée permet à tout le monde d’écrire, s’il le souhaite, pour tous les pupitres. C’est notre point de départ, une idée lancée pour chaque pupitre. À partir du moment où l’on a quelque chose qui tourne, la machine est lancée.

Ce processus de création s’applique à la musique comme au texte. L’écriture commence par le choix d’un thème commun. Quand on l’a trouvé, on se centralise autour de Coline et on lui communique nos idées de phrases. Au fur et à mesure des idées adoubées par l’ensemble des Inüits, la chanson s’écrit.
In fine, on se retrouve avec un arrangement et un texte écrit à 6, mais qui nous parle à tous, qui semble nous appartenir à part égale.

INÜIT

Concert Trans Musicales à l’Etage le jeudi 3 décembre 
De 15 heures 30 à 19 heures 15.
Entrée gratuite.
Avec Inuït à 16 heures.
Nico And The Red Shoes à 17 heures 10.
Et Holy Strays à 18 heures 20.

Toute la programmation du jeudi 3 décembre aux Transmusicales

Crédit photo : Chama Chereau

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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