À en croire la presse internationale depuis peu, tout laisse croire que l’humanité va se nourrir d’insectes dans quelques années. Pourquoi ? Parce que c’est bon, écologique et original, bien sûr ! Pour tester cette affirmation, Unidivers s’est prêté au jeu de la dégustation…

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Qui veut du criquet ?

L’épicerie du Porche, située à Acigné (35) 11 place de la Mairie, vend depuis peu les produits de Jimini’s, une start-up située non loin d’Évreux. Au menu : larves de molitors et criquets assaisonnés ! Pour le moment, l’entreprise ne commercialise que des insectes destinés à l’apéritif. Mais, sur internet, d’autres sites proposent à la vente des insectes comestibles à déguster à tous les moments. Cela étant, attention à la qualité et à la traçabilité… Ces mignons petits vers ne sont pas toujours élevés dans des conditions irréprochables, notamment en Asie et en Afrique.

Pour l’heure, Unidivers a poussé la porte de l’épicerie du Porche. Depuis un mois qu’ils sont en vente, les insectes à déguster y connaissent un franc succès : « Nous sommes presque en rupture de stock, je pense que je vais en recommander bientôt », confie la gérante. « Le premier samedi où on en avait, on a ouvert une dégustation, les gens ont plutôt apprécié et peu ont refusé de goûter ». Aussi étonnant soit-il, l’insecte à manger est à la mode. Même les enfants n’hésitent pas. Au contraire.

criquet comestibleEt à l’épicerie du Porche, la gérante affirme en voir défiler. Les têtes blondes sont très fières de manger les petites bêtes et beaucoup moins réticentes que les adultes. Le constat est vérifié le soir lors d’une conférence de rédaction autour d’un ver. Alors que certains membres d’Unidivers hésitaient peu ou prou à croquer le lombric (un ou deux étaient même carrément verts), Jean, 2 ans, les avale à pleines poignées. « Toi, quand on te dira ce que l’on t’a fait manger plus tard… » Notre réticence, voire dégoût, est donc bien psychologique et culturel. L’insecte dans notre imaginaire est repoussant, nuisible et sûrement pas comestible. Les yeux brillants du petit Jean, enchanté d’avoir un plat entier à sa disposition, nous ont fait comprendre que les a priori non justifiés des adultes constituaient pour lui une aubaine !

Les insectes qu’Unidivers a fait goûter viennent de chez Jimini’s. Reste qu’ils ont peu de goût, ce sont les assaisonnements qui leur en donnent. Curry, ail et fines herbes, sésame… il y en a pour tous les goûts. Une fois la barrière psychologique passée, on a vraiment l’impression d’avaler des gâteaux apéro. Le criquet au curry ressemble à s’y méprendre à un curly. Selon Clément Scellier, l’un des cofondateurs de Jimini’s, c’est un choix : « Les clients occidentaux ne sont pas encore prêts à déguster des insectes frais, cela voudrait dire qu’il reste du jus et que le goût soit plus prégnant. Nous on les déshydrate et on les assaisonne. Les insectes apportent un goût de noisette ou de noix de cajou en fonction du produit et les épices font le reste. »

Assiette de vers…
Assiette de vers

 Dans d’autres contrées et à d’autres époques, la consommation entomophage était bien ancrée dans les mœurs. Aristote nous parle des cigales comme étant un plat de luxe. En Asie, mais aussi en Afrique, en Amérique latine et dans les territoires français d’outre-mer, l’insecte fait partie des plats courants.

 La consommation entomophage est montrée comme une solution à un problème qui se profile : en 2050, nous serons 9 milliards sur la planète ; la demande en protéines animales sera trop importante pour que l’élevage classique suive. Or les insectes apportent autant, si ce n’est plus de protéines animales que la viande. Sur le plan de l’élevage, la rentabilité est plus élevée, car il ne leur faut que quelques mois et peu d’espace pour parvenir à maturité. Sur le plan de l’impact écologique, la pollution est moindre, car un élevage d’insectes rejette bien moins que tout autre élevage animal. Une solution écologique serait donc d’introduire des insectes dans nos modes alimentaires et de baisser notre consommation de viande. C’est une recommandation de la FAO depuis 2008.

Cependant, beaucoup de personnes qui se prêtent au jeu de la dégustation sont plutôt attirées par le côté ludique de cette consommation hors du commun. L’aspect écologique n’entre pas vraiment en ligne de compte. Et vous, êtes-vous prêts à vous mettre au criquet ?

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L’humanité se nourrira-t-elle d’insectes comestibles en 2050 ? Vu à Rennes…

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