Inophis : guitariste breton à la conquête de l’Empire du Milieu

dans la rubrique Musique, Rennes Bretagne.

inophis

Publié le 08 Oct 2015

On connaît la propension des Bretons à ouvrir des crêperies dans le monde entier. On sait moins que certains sont partis sur les pas de Tintin au pays du Lotus bleu pour faire héros de télé, moine tao ou conducteur de side-car sur la Grande Muraille ! Quasi inconnu chez nous, Inophis joue la star avec sa guitare à Shanghaï. Rencontre avec le musicien qui fait hurler sa guitare et… les Chinoises !

 

inophisUnidivers : Inophis, c’est un drôle de nom !

Inophis : Je l’ai créé par suite d’anagrammes pour un des personnages dont on narrait les aventures dans mon groupe Équinox.

Unidivers : Et vous voilà ce personnage, aux antipodes ! Le Far East, ça vous tentait depuis longtemps ?

Inophis : Oui, si on considère que les contraires s’attirent ! Je suis né et j’ai grandi dans le Finistère, entre Cornouailles et Léon, de parents corse et breton. Après avoir suivi des études de biotechnologies à Brest, j’ai obtenu une bourse d’un an pour finir mon DU de chinois à Qingdao, en 2005/2006. Pour mettre du beurre dans les épinards — ou plutôt dans le riz ! —, je jouais dans les clubs « chics » de la ville tout en donnant des cours de français et de guitare.

Unidivers : De là à devenir la mascotte d’une marque de guitares chinoises !

inophisInophis : Farida est le premier constructeur de guitares en Chine. Ils sous-traitent pour bon nombre d’autres marques bien connues. Ils m’ont invité à me produire pour eux la première fois en mai 2008 lors du salon international de la musique (Palm Expo) de Pékin puis une seconde fois en octobre de la même année à Shanghaï, à Music China Expo qui est l’événement musical le plus important d’Asie.

Unidivers : Un beau petit Frenchy, ça plaît ?

Inophis : Disons que c’est d’abord mon profil Myspace qui a créé le lien ! Après j’ai été invité à me produire dans des clubs à Shanghaï, à Kunshan et à la télé à Wenzhou. Farida m’a redemandé au Salon de Pékin en 2009. Depuis, notre collaboration se poursuit avec des tournées en Asie, dont une cinquantaine de villes de Chine.

Unidivers : Ils vous aiment tellement que Farida a créé une guitare pour vous !

inophisInophis : Effectivement, un modèle de guitare que j’ai imaginé, porte la signature FIS 60. F c’est pour Farida, IS c’est pour Inophis. 60 est la référence haut de gamme pour la guitare, car elle existe aussi en FIS 36.

Unidivers : Dans quelle catégorie classez-vous votre musique ?

Inophis : Mes influences sont très nombreuses. Même si le rock et le métal dominent, on peut repérer des références au blues, au jazz, au classique, au pop, au funk, et même au celtique !

Unidivers : Parlons-en. Vous avez joué avec des groupes bretons.

Inophis : Oui. Avec Merzhin, groupe basé à Landerneau, nous avons joué au festival de Bobital. Avec la Kevrenn de Brest Saint-Mark, on s’est produit en Espagne, en Roumanie et… au Japon ! J’ai aussi collaboré à un spectacle avec le compositeur Philippe Guével et composé la B.O. du film Abalam, produit par Olivier Feunteun.

inophisUnidivers : Vous reverra-t-on en Bretagne ?

Inophis : J’y compte bien ! Après le Salon à Shanghai (qui se déroule cette année du 14 au 17 octobre) je retrouve Equinox, groupe composé de Pascal Mulot à la basse, d’Aurelien Ouzoulias à la batterie, et Emmanuel Creis au chant. Notre premier album The Cry Of Gaïa (mixé par Steve Prestage) que j’ai écrit, composé et produit a reçu un bel accueil à travers le monde. J’ai commencé l’écriture du deuxième album et nous devons tourner les clips vidéo bientôt. Last, but not least, nous recherchons un bon tourneur/manager.

Unidivers  : À bon entendeur, salut !

Inophis

 

Sa dernière vidéo, 恋春风(Lian Chun Feng) adaptation d’une célèbre musique traditionnelle chinoise, à l’origine écrite pour l’instrument 古筝 (Gu Zheng) une sorte de harpe chinoise :


Inophis : guitariste breton à la conquête de l’Empire du Milieu was last modified: octobre 14th, 2015 by Marie-Christine Biet