IN VIA Au temps pour toi ? Depuis le succès planétaire de Jésus-christ Superstar ou l’excellent Godspell au Théâtre de la Porte Saint-Martin, on avait un peu perdu l’habitude de ce genre particulier qu’est la comédie musicale chrétienne. L’association ADOLESANCTUS le fait revivre avec une revigorante énergie et un souffle de jeunesse devant lequel il est difficile de ne pas céder. Dans la capitale bretonne, 2700 personnes ont répondu à l’invitation de la troupe de IN VIA Au temps pour toi.

in via spectacle chrétien

Ne nous voilons pas la sainte face : tout ce que Rennes compte de bons catholiques romains était présent au Liberté. Un grand nombre d’enfants, même très jeunes, avaient accompagné leurs parents. Malgré un public tout acquis à leur cause, ces jeunes artistes de quelques soirs ont donné avec une authentique générosité, un spectacle de qualité.

C’est du rêve de l’auteur, Bernard Pelou, assisté de Mathieu Poisbeau et de Bruno Ferry, à la mise en scène, qu’est née cette comédie musicale. L’intrigue en est simple : trois lycéens parisiens, assez différents, sont confrontés à la disparition d’un camarade de classe récemment arrivé. Pour faire suite à un curieux message téléphonique, ils sont entraînés dans une sorte de tourbillon temporel et historique, qui leur fera vivre de nombreuses et riches expériences.

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Avec beaucoup d’ingéniosité, le décor changeant est projeté sur trois écrans géants et donne une réelle authenticité au déroulement de la comédie musicale . Le trio principal est emmené avec conviction par l’énergique Raphaël de Barbeyrac, autrement dit Alexis, il est accompagné d’Emma et de Manon, interprétées par Appoline Louis et Blandine Bodet. C’est Briac Beutter qui, avec une touchante naïveté, incarne le personnage de Thomas.

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Le message chrétien est évident, on s’en serait douté, mais il aurait sans doute gagné à être parfois un peu plus subtil… Certes, quand on va assister à une représentation de IN VIA, on sait où l’on met les pieds. Comme il faut toujours un méchant, c’est de toute évidence Satan qui s’y collera, Pascal Beutter y est parfais et nous propose un maître des enfers des plus crédibles. Son assistant, malfaisant à souhait, prend la forme d’un homme vêtu de noir, qui paraît s’acharner sur Thomas en le poursuivant à travers lieux et époques. Le jeune Baptiste Pelou tient ce rôle avec brio.

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Parmi les voyages initiatiques qui nous sont proposés, une première halte en Italie nous permet de faire connaissance de Saint François d’Assise. Le rôle est joué par Michel de Vasselot qui est purement et simplement remarquable. Plutôt que de jouer un rôle, il est, pour quelques instants, le personnage, ce qui est la marque des vrais artistes. Étonnant ! Qui sait si nous n’assistons pas à l’avènement d’un futur acteur.

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Les autres déambulations temporelles nous conduiront auprès de Jeanne d’Arc, incarnée par la délicieuse Clara Tran qui fait preuve d’une belle présence et sera vocalement notre petit coup de cœur du jour. Étonnant pape Jean-Paul II que celui que nous propose avec beaucoup de sincérité le souriant Henry Delaunay, devenu pour l’occasion « oncle Carol ».

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C’est avec l’épisode mettant en scène le sacrifice du père Maximilien Kolbe au camp d’Auschwitz que nous atteindrons un niveau d’émotion intense. Gabriel de Barbeyrac, avec l’économie de moyens qu’impose son texte, tient sous sa coupe un public qui ne peut s’empêcher de sentir sa gorge de se serrer. C’est sans doute à cet instant que se mesure avec le plus d’intensité la valeur exemplaire qu’est censé véhiculer le message chrétien. Générosité, oubli de soi, sacrifice, lequel sacrifice peut aller jusqu’au don de sa propre vie.

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Cela nous conduit à réfléchir sur la finalité d’une telle comédie musicale. Le but est-il de faire plaisir à une communauté définie ? Dans ce cas il est atteint au-delà de toute espérance. A contrario, si les auteurs comme les acteurs de In Via souhaitent présenter un spectacle « tout public » le challenge semble un peu plus difficile. Reconnaissons que pour un non-chrétien, les voix de Jeanne d’Arc comme les apparitions de Bernadette Soubirou peuvent paraître des plus étonnantes, à ne pas dire suspectes. À l’inverse, les actes de personnes comme mère Thérésa, sœur Emmanuelle, comme ceux de l’Abbé Pierre sont magnifiques et indiscutables. RES NON VERBA, des actes et pas de mots, il semble que cette ligne de conduite permettrait une compréhension plus aisée du but que poursuit le chrétien. Il ne s’agirait pas d’inviter le public à croire, mais plutôt à constater que même des êtres modestes, comme ces trois religieux, ont trouvé dans leur foi une énergie capable de soulever les montagnes.

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Il y aurait bien sur d’autres remarques à formuler, comme les petites erreurs de justesse, ou rendre plus solennel un personnage un peu trop virevoltant pour être un archange, mais ce ne sont là que des détails. Avant toute chose, il convient de se souvenir que ce spectacle de deux heures est entièrement réalisé par des jeunes lycéens et étudiants (et au moins deux collégiens). Entièrement bénévoles, ils se sont investis pendant de nombreux mois. Ils ont dû sacrifier beaucoup de soirées ou de samedi pendant lesquels ils auraient pu faire des choses plus futiles ou plus drôles, mais ils ont préféré se livrer à ce travail, apprenant en même temps le sens du mot engagement. Rien n’est plus louable que cela et le résultat est assez impressionnant. Reste que le public a ressenti un pur enthousiasme quand, à la fin du spectacle, tous ces jeunes comédiens sont montés sur scène saluer l’assistance. Voir tous ces acteurs en herbe s’impliquer, s’engager et œuvrer pour une cause qui leur est chère a quelque chose de beau et de réconfortant.

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