La Société du spectacle est un livre de Guy Debord publié en 1967. Il est composé de 221 paragraphes divisés en 9 chapitres.

La phrase d’ouverture est un détournement de la phrase d’ouverture du Capital de Karl Marx :

« La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une “immense accumulation de marchandises”. » (première phrase de Marx)
« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. » (première phrase de la Société du Spectacle )

La Société du spectacle est essentiellement une critique radicale de la marchandise et de sa domination sur la vie. Dominationse retrouve dans la forme particulière de l’aliénation de la société de consommation. Le concept de spectacle se réfère à un mode de reproduction de la société fondé sur la reproduction des marchandises, toujours plus nombreuses et toujours plus semblables dans leur variété. Debord prône une mise en acte de la conscience qu’on a de sa propre vie, en place d’une illusoire pseudo-vie que nous impose la société capitaliste, en particulier depuis l’après-guerre.

Selon Debord, le spectacle est le stade achevé du capitalisme. Il est un pendant concret de l’organisation de la marchandise. Le spectacle est une idéologie économique, en ce sens que la société contemporaine légitime l’universalité d’une vision unique de la vie, en l’imposant aux sens et à la conscience de tous. Comment ? À travers une sphère de manifestations audiovisuelles, bureaucratiques, politiques et économiques solidaires. Cela, afin de maintenir la reproduction du pouvoir et de l’aliénation : la perte du vivant de la vie.

Aussi le concept prend plusieurs significations. Le spectacle est à la fois l’appareil de propagande de l’emprise du capital sur les vies, aussi bien qu’un « rapport social entre des personnes médiatisé par des images ». Debord compare le spectacle à la religion de la marchandise.

Collection Folio n° 2788
Parution le 23/01/1996 224 pages
Prix : 5.7  €

Guy Debord (1931-1994) a suivi dans sa vie, jusqu’à la mort qu’il s’est choisie, une seule règle. Celle-là même qu’il résume dans l’Avertissement pour la troisième édition française de son livre La Société du Spectacle : «Il faut lire ce livre en considérant qu’il a été sciemment écrit dans l’intention de nuire à la société spectaculaire. Il n’a jamais rien dit d’outrancier.»

Guy Debord La Société du spectacle

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