Le procès de l’ancien dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt vient d’être annulé pour vice de procédure. Parmi ses exactions présumées, on note le massacre des populations mayas du pays, notamment 1770 Indiens Ixiles, durant la guerre civile qui fit plus de 200 000 morts entre 1960 et 1980. Mais si la lumière attend d’être faite, le génocide des Indiens mayas se poursuit aujourd’hui.

L’ancien général Efrain Rios Montt affirme ne pas avoir été tenu au courant de toutes les actions de sa propre armée durant cette sombre période. Au-delà de l’inconsistance d’une telle déclaration, il reste que cet ancien correspondant de la CIA et ambassadeur de son propre pays aux États-Unis est atteint par la maladie et une quasi-sénilité qui ne favorisent pas l’élucidation de ces massacres qui riment sans doute avec génocide. Ce handicap profite à bien des intérêts, non seulement politiques mais économiques.

C’est toujours la même logique qui préside. De fait, les populations mayas et indiennes occupent historiquement des territoires riches en minerais. Si l’économie du Guatemala est tournée vers l’agriculture, ses richesses en cuivre, nickel, zinc et tungstène attisent la convoitise des multinationales de l’extraction. L’exportation de ces minerais est aux mains de puissantes familles qui cherchent à étendre leurs territoires.

Il en suit des expropriations et déplacements de population au nom de « grands projets » qui sont légion. La parole des quelques opposants n’est que très peu relayée, plusieurs ont étrangement disparu. C’est le cas de Daniel Pedro Mateo. Il s’opposait au printemps 2012 à un barrage à Santa Cruz Barillas et à des implantations minières qui entrainaient d’importantes expropriations de populations indiennes. À la suite, au mois d’octobre, sept manifestants autochtones ont été abattus par des militaires guatémaltèques dans les événements de Totonicapan.

Le président actuel, Otto Perez Molina, élu en 2012 et ancien général également, a soutenu le coup d’État contre Efrain Rios Montt. Pour autant, l’organisation indigène Waqib Kej a publié des documents prouvant la participation de Perez Molina aux exactions perpétrées contre les populations indiennes durant la période de dictature où il servait comme officier dans l’armée guatémaltèque. En effet, en 1982, Perez Molina était responsable de casernes dans la zone d’Ixiles. De là à penser que l’annulation du procès d’Efrain Rios Montt arrange bien les affaires de l’actuelle présidence…

Au demeurant, le Parti populaire du président Molina conserve le soutien des grandes familles du pays. Il en va de même de la CIA, Perez Molina ayant dirigé les services de renseignement en 1992 quand la répression faisait rage grâce au soutien américain. Politiquement isolé dans la région, le Guatemala ne peut se départir du soutien du FMI et des États-Unis. Ce qui ne devrait guère améliorer la situation qu’endurent des populations indiennes déjà fortement éprouvées.

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