Country-punk, surf-psychotique ? Avec un style énervé qui ne paie pas de mine, le groupe Sapin pourrait se révéler la bûche qui met le feu qui met le feu à une scène rock française quelque peu désincarnée… 

 

Unidivers : Un jeune groupe qui sent le sapin… Pourquoi ce nom ? Vous êtes des inconditionnels de Noël…

sapinSapin : Non plutôt de Jacques Dutronc… (rires s’il vous plaît). En fait, ce nom est une stratégie marketing. On a payé super cher deux types un peu bizarres pour trouver un nom vendeur. Je me souviens, on leur a donné une enveloppe avec beaucoup de liquide, ils sont venus vider nos frigos et prendre les numéros de nos sœurs, ils ont laissé un papier avec  SAPIN écrit dessus, on ne les a jamais revus… Après coup, on trouve ça un peu louche parce que le téléphone de leur société n’est pas attribué…

Vous jouez au Bar en Trans vendredi 6 décembre… Votre musique, inspirée par l’énergie du garage,  est-elle particulièrement adaptée aux concerts dans les bars ?

sapinSapin : Quand tu commences la musique et que comme nous, tu ne connais personne, tu joues dans les endroits paumés où aucun groupe ne souhaite aller : les PMU, les rades perdus dans des bourgs de campagne… Je peux te dire qu’on s’en est tapé une bonne palanquée, trop te diront certains. Pendant longtemps on n’a pas vraiment eu le choix. L’avantage des bars mêmes les plus équipés, c’est qu’on entend vachement moins les fausses notes que sur une vraie scène ; pour des musiciens comme nous, c’est super. Rajoute un public le plus souvent éméché et tu obtiens la recette parfaite pour sapin. C’est quand même chouette de jouer sur une grosse scène hein, on ne dit pas non à un petit Zénith ou au Madison square garden.

sapin 3

Les Bars en Trans ont consacré la première page de programme papier à un entretien avec une spécialiste sur la musique et les phénomènes de transes… Rock énergique, un brin potache, qui donne envie de se bouger… Sapin vous en pensez quoi ?

Sapin : Les rares personnes qu’on a vues en transe devant nous, c’était grâce à la drogue. Plus sérieusement, on n’est pas du genre à intellectualiser la musique. On écoute des trucs complètement différents chez nous, mais notre groupe, on l’a construit en se marrant et en dansant. Il y a des types qui ont besoin de jouer au foot, de taper sur un autre type ou de marcher en forêt, nous notre truc pour évacuer le quotidien est un truc irréfléchi chargé d’un max de bonne humeur. On l’a fait avant tout pour nous, si les gens le ressentent comme ça aussi c’est cool parce que ça veut dire qu’on est tous aussi stupides.

L’ARTISTE ASSOIFFÉ
SAMEDI 6 DÉCEMBRE 2014
5 EUROS | OUVERTURE DE LA BILLETTERIE : 20 h


La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l’ouvrage « Sur la route des plus belles légendes celtes » (Arthaud, 2013)
thierry.jolif [@] unidivers .fr

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