dim25 juillet 2021

INUI MET LE FEU AVEC « INCENDIE »

Détonnant et inclassable, le quartet toulousain de trance vocale aux influences multiples revient sur le devant de la scène avec « Incendie », deuxième extrait de l’EP Murmuration en préparation. Le titre et son clip, sorti le 20 mai, offrent une plongée dans l’univers du groupe.

Des voix qui se répondent, s’entremêlent, jusqu’à donner la sensation de ne former qu’un seul cri venu de nulle part ; des rythmes endiablés à la batterie, qui s’accélèrent comme des battements de cœur frénétiques jusqu’au bouquet final ; des ostinatos hypnotiques au synthétiseur… Bienvenue dans l’univers musical du groupe INUI (prononcer : i-nuit), fraîchement débarqué sur la scène musicale toulousaine. Tout est parti de l’envie de nouveauté de Clémence Reigal, passée par le JAM à Montpellier, le Conservatoire de Jazz de Montauban et lʼécole MusicʼHalle à Toulouse, et de Valeria Vitrano, diplômée du Conservatoire de Montauban. « À la fin de nos études, on avait envie de travailler ensemble, d’expérimenter des choses », déclare Clémence Reigal. Le duo se transforme rapidement en quartet avec l’arrivée du batteur Dimitri Kogane et de la pianiste Maya Cros il y a deux ans : INUI est né. INUI, parce qu’« on voulait jouer avec le concept de symétrie, car notre style est fait de questions-réponses dans les voix », explique Valeria Vitrano. « On voulait le reproduire graphiquement, et la sonorité nous plaît. » INUI aussi en référence aux Inuits, dont « les chants sont une source d’inspiration pour nous. »

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Nature et liberté

D’inspirations, justement, le groupe ne manque pas. « Nous avons tous des influences différentes, constate Clémence Reigal : le jazz, la patte rock de Dimitri à la batterie, la pop, les musiques du monde… Quand on a monté le projet, on a mélangé un peu toutes nos inspirations. Cela s’est fait assez naturellement. » « Forcément, cela se retrouve dans l’écriture et la façon de chanter : « Incendie » évoque, par les contrechants et les dialogues entre les voix, les chants de l’Est », complète Valeria Vitrano. Tout cela rend INUI difficile à classer, et c’est peut-être ce qui plait : le groupe fait partie des artistes retenus cette année par le dispositif d’accompagnement « Sur mesure », coordonné par Le Metronum, l’école Music’Halle et la Direction des Musiques de la Ville de Toulouse.

Fort de ce répertoire varié, INUI propose « un univers hypnotique, qui propose une immersion dans un monde, une sorte de voyage », avance Valeria Vitrano. Un monde dans lequel la nature et la liberté, « des sujets puissants, que l’on a en commun », occupent une place prépondérante, exprimés par des techniques d’écriture empruntées au jazz, auxquels les quatre membres ont été formés : ostinatos, harmonies, métriques impaires… « La trance, c’est une musique qui fait voyager », reconnaît Valeria Vitrano. « Après, chacun se fait sa propre histoire, son propre voyage, c’est ce qui fait la richesse de notre univers », complète Clémence Reigal.

Feu d’artifice

Deuxième titre de l’EP Murmuration, en cours de préparation (il devrait être finalisé début 2022), « Incendie » résume parfaitement l’univers musical d’INUI. Toute l’esthétique est conférée par une utilisation primitive de la voix, avec des onomatopées plus que du texte. D’abord, en guise de prélude, les voix de Clémence Reigal et Valeria Vitrano, comme surgies du calme de la nature, dans un contre-chant tenu et puissant. Puis les ostinatos de Maya Cros au synthétiseur, donnant un caractère répétitif et cyclique au morceau, comme pour évoquer les cycles de la nature, accompagnés par la rythmique implacable de Dimitri Kogane à la batterie, tandis que les voix se séparent, se répondent et s’entremêlent. À la fin, le rythme s’emballe, la cadence s’accélère, donnant l’impression d’un feu d’artifice avant le retour au silence. « Incendie, c’est un titre très lié à la terre, c’est le feu », explique Clémence Reigal. « On avait envie d’exprimer cela par un côté très émulsif et phonétique ».

Et le clip ne contredit pas cette ambiance hypnotique et puissante. Il a été tourné à l’Espace Job à Toulouse, avec l’équipe du pôle créatif 22h04. « Le hasard a fait qu’on a travaillé avec cette équipe », détaille Clémence Reigal. « On s’entoure de graphistes, de vidéastes, mais la difficulté est de trouver des équipes qui nous comprennent. Là, on s’est tout de suite compris, aimés, et on a encore envie de travailler avec eux. On a d’ailleurs un clip prévu pour le troisième titre de l’EP, Aria, qui devrait sortir en novembre. » Après un premier clip pour « Murmuration » centré sur la fiction et les images de synthèse, l’idée du clip d’« Incendie » est de montrer le groupe sur scène, en pleine performance. Mais les jeux de lumière ainsi que les projections en arrière-plan, montrant des personnes sous l’eau, amènent à ce côté réaliste une dimension plus onirique. Entre réalité et fiction, ailleurs lointains et sonorités contemporaines, « c’est un panel de l’univers d’INUI », reconnaît Clémence Reigal.

Un univers qui s’apprécie aussi sur scène, avec une tournée dans le Sud de la France en juillet (Aurillac le 2, Uzerche le 3, et à Lisle-sur-Tarn dans le cadre du festival « Bulle de Jazz » le 17). Pour voir le groupe en Bretagne, il faudra cependant encore patienter, d’autant que les incertitudes pèsent sur les projets. « L’an dernier, on devait faire une tournée de Toulouse à Bristol, qui n’a évidemment pu avoir lieu, précise Clémence Reigal. Avec le Brexit, ce sera très compliqué. On a également des projets en Allemagne, en Italie. » Et Valeria Vitrano de préciser : « On n’a pas encore de réponses, mais les choses vont bouger ! »

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