Le soleil présent, la foule l’était aussi pour ce premier concert de fin d’après-midi. Dans un Magic Mirror quelque peu bondé, on aperçoit sur la scène des éléments de décor enfantin, on entend des accords d’une guitare. Il faut se frayer un chemin, jouer un peu des coudes – mais cela en douceur et porté par la musique – pour se rapprocher. Sur scène, une chanteuse à la voix innocente vêtue d’une robe kitch d’un autre temps. GiedRé est sur scène et les apparences sont trompeuses…

 © David Dain - Didier FraisseCette performance est comme un bonbon. Pas un de ceux sucrés qui collent aux dents ou l’une de ces guimauves fades. Plutôt l’une de ces friandises au goût particulier qui ne laissent, quoiqu’on en pense, pas indifférent sous un habillage de papier criard, voire multicolore.

L’emballage scénographique justement donne le ton. L’univers enfantin que l’on croyait apercevoir de loin est en réalité toute autre chose. Une poupée gonflable à écouteur se taille la part belle aux côtés d’une fourrure et d’une lampe chouette entre autres choses.

Arrivé au plus près de cet univers, au cœur de la chose, on ne peut être qu’étonner, sourire aux enchaînements des vers improbables ou qui vont à chaque fois plus loin. Entre deux accords les ballades s’enchaînent, les paroles sont acides, po(li)ét(h)iquement incorrecte.

 Entre une Ode à la contraception, la Visite conjugale d’une femme à son mari taulard et un Chacun pour soi, la chanson française traditionnelle ou bien trop commerciale en prend pour son grade – avec un grand sourire innocent communicatif. Le public aime, participe et une osmose se crée.

 Sur le ton de l’humour noir, caustique, GiedRé déconstruit l’univers musical attendu de la gentille fille blonde à la pop-folk douceâtre, pour ciseler des portraits et des idées inavouables. On se prend à sourire, à rire, de manière parfois gênée, mais le ton est juste. Ce sont des mots qui prennent tout leurs sens et justifient la place de cette artiste dans ce festival des arts de la parole. Entre chanson et intermède comique, les mots crus laissent un goût acidulé, rafraîchissant, teinté de rire. Une entrée en matière plus que sympathique.

Antoine Mottier

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