Les Tombées de la nuit, Cirque Galapiat, « Risque zéro », vendredi 6 juillet 2012, Le Triangle

Traverser les bouchons, les orages, les pannes de réseaux, tout ça, lorsqu’on est adulte pour aller voir un spectacle de cirque c’est déjà avoir le goût du risque non ? Et on nous en rabat les oreilles pourtant, paradoxalement dans notre société qui tend à toujours plus de sécurisation optimale : « le risque zéro n’existe pas ». Cette réalité n’est-elle pas au cœur même du cirque, de ce spectacle dont l’essence est éminemment tragi-comique ? Les six jongleurs – voltigeurs de la compagnie Galapiat ont eux remis ce sens du risque au cœur de ce spectacle frémissant. Adultes et enfants jouent à se faire peur, tous retrouvent devant ces numéros qui ne font pas semblant, ce goût de l’enfance, ce goût oublié souvent un peu trop par les « grands » du terrible « cap’ ou pas cap’ » ! Le jeu, avec ces conséquences qu’on feint d’oublier précisément pour jouer, pour ce goût infiniment vivant. Ça swingue, ça danse, ça équilibriste et finalement ça électrise au-dessus du risque, des risques. Les corps en mouvements poétisent la crainte et défient les peurs. Le spectacle, pour peu que l’on accepte ses règles est finalement beau et riche d’enseignement sur les petites échappatoires que nous échafaudons pour tenter de nous prémunir de ce risque insensé qu’est la vie.

Malgré les trombes d’eaux et les avanies une très, très belle façon pour nous de terminer la semaine des festivités rennaises !

 Thierry Jolif

La culture est une guerre contre le nivellement universel que représente la mort (P. Florensky) Journaliste, essayiste, musicien, a entre autres collaboré avec Alan Stivell à l'ouvrage "Sur la route des plus belles légendes celtes" (Arthaud, 2013) thierry.jolif [@] unidivers .fr

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