Gabriel Bacquier vient de fêter ses 88 ans. On peut dire qu’il est encore un jeune homme. Et cette plaisante biographie le montre allégrement. Il est l’un des derniers témoins d’une certaine époque que connut l’opéra… celle de la popularité.

Populaire notamment par le recrutement d’une population particulière de chanteurs. Ces derniers ne provenaient pas de la formation universitaire classique comme le sont tous les interprètes contemporains. Populaire aussi par le public que cet art attirait. Cette tendance ouverte avait ses défauts, absence d’une certaine pureté, mais avait aussi ses qualités avec des conditions artistiques assez surprenantes.

Cet ouvrage, superbement écrit par Sylvie Oussenko, raconte très bien les débuts de la carrière du jeune baryton Bacquier. Il fit ses débuts dans sa ville natale de Béziers avant de partir à Paris pour faire exploser sa carrière. Et ce parcours est admirable. Tout en poursuivant ses études au conservatoire, le jeune artiste chante dans des cabarets. Ces prestations lui permettent d’être repéré très tôt… et c’est ainsi qu’il est engagé à la Monnaie de Bruxelles avant de l’être à l’Opéra Comique pour finir à l’Opéra de Paris. Ce qui l’installa sur la rampe de lancement qui le conduisit à une carrière prestigieuse.

A la lecture de l’ouvrage ce qui saute aux yeux, en plus de sa remarquable qualité d’écriture, c’est la passion qui habite la rédactrice pour son sujet. Cette passion porte cette biographie dans une sphère particulièrement brillante. L’analyse est d’une finesse enivrante. On découvre les qualités et défauts d’un fort tempérament théâtral.

Si, un  bémol : l’agressivité de Sylvie Oussenko envers certains auteurs n’est pas de mise. Ces règlements de comptes sont déplacés dans un ouvrage de ce genre.

Un ouvrage à conseiller pour sa qualité rédactionnelle et ses belles illustrations.

David Norgeot

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