À l’Orangerie du Thabor de Rennes, du samedi 2 juillet au dimanche 4 septembre 2016, la Ville présente Collections 4, rendez-vous estival de l’art contemporain. Cette exposition regroupe 9 œuvres parmi les 23 acquises en 2015 par le biais du Fonds communal d’art contemporain de Rennes.

« La Ville de Rennes soutient la création artistique locale en arts visuels en faisant chaque année l’acquisition d’œuvres d’artistes ayant un lien avec Rennes : artistes ayant fait leurs études dans les écoles d’art locales, y résidant, y travaillant (professeurs d’école d’art) ou ayant marqué la ville par une réalisation (commande publique par exemple).

Le Fonds communal d’art contemporain rennais est aujourd’hui constitué de plus de 500 œuvres, choisies par une commission composée de professionnels de l’art contemporain. La composition de cette commission est renouvelée tous les ans.

Peintures, sculptures, photographies et objets de design… Ces œuvres sont mises à disposition des établissements d’enseignement, des espaces d’exposition et autres lieux publics (au niveau local ou national) qui souhaitent les emprunter pour les exposer temporairement.

Les artistes exposés dans le cadre de Collections 4 : Yuna Amand, Jacques Beun, Anaël Chadli, Caroline Cieslik, Gwenaëlle Gonzalez, Julien Gorgeart, Karim Ould, Frédéric Dupont & Pierre-Yves Racine et Thomas Tudou. »

Le vernissage de l’exposition Collections aura lieu vendredi 1er juillet à 18h30 à l’Orangerie du Thabor.

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Yuna Amand — Dessin, 2015
Skys – Graphite sur papier, 4 dessins de 16 cm x 25 cm
Référence à un cliché romantique, « Skys » est une variation autour de la notion de nuée, de déploiement, d’investissement spatial d’un lieu à un instant T. Paradoxe d’un petit format, proche de la miniature au sens pictural du terme, les « Skys » captent l’immensité d’un phénomène fugace. Tentative illusoire, vouée au morcellement et à la fragmentation d’un évènement aussi vaste et insaisissable que des nuages qui passent dans le ciel. Ces dessins se positionnent comme le prélèvement d’un détail, une partie d’intimité.

Jacques Beun — Photographie, 2013
Thabor 2013 – Tirage numérique contrecollé sur Dibond, caisse américaine, 90 cm x 90 cm
« E et de serres… Vous êtes au Thabor, promeneur à l’instar de Jacques Beun. Il regarde à différentes heures, à di érents moments de saisons di érentes, le même théâtre de lumière. Luxuriance rennaise. Tropique sur Vilaine. Dans cette unité de lieu et pas de temps, Jacques Beun surprend l’ombre des séquoias. Leurs silhouettes sont de Corot, les ciels de Rembrandt, l’énergie du Douanier Rousseau. Rennes est donc baroque et pas que dans ses chapelles ou sur les cimaises de son musée. Jacques Beun photographie sur le motif ! » (Gilles Cervera)

Anael Chadli — Dessin, 2014
Démolition – Texte de Jean-Christophe Belleveaux, écriture manuscrite sur papier, 30 cm x 75 cm
Entre l’instantané de l’œil capable d’embrasser le visible et la lenteur de l’écriture qui travaille l’invisible, un paysage se lève à chaque nouveau regard. Ce regard, sensible, fragile, cultive nos vies. Les noms y poussent comme de l’herbe que le temps comme de l’eau arrose d’oubli et de mémoire. « Je souhaite que ces paysages d’écriture, imaginés au contact d’une œuvre de littérature, puissent nous rappeler que nous ne cessons d’inventer nos vies AVEC, que le langage qui nous exprime est libre et traversé, et que précisé- ment, c’est traversés que nous conjuguons librement nos existences. »
http://www.anaelchadli.com

Caroline Cieslik — Photographie, 2014-2015
Paysages intermédiaires – 4 tirages pigmentaires sous Diasec, 40 cm x 50 cm
Les Prairies Saint-Martin (Rennes), espaces semi-naturels constitués de bois, de berges, d’anciennes industries et jardins familiaux sont depuis 2013 en friche, dans l’attente d’un projet de parc naturel urbain. En 2011, l’INEE (Institut National Écologie Environnement) a souhaité la mise en place d’un observatoire d’écologie urbaine sur le site. « Je mène au sein de celui-ci un observatoire photographique du paysage. De ces images, à la fois mémoire du site et documents analysables par les chercheurs, j’extrais des pièces plastiques qui répondent à la dénomination de paysages intermédiaires. »
http://www.carolinecieslik.com

Frédéric Dupont & Pierre-Yves Racine — Assemblage, 2015
Cabane – puzzle contrecollé sur contre-plaqué. Tirage chromogène contrecollé sur Dibond, caisse américaine sous-verre, 48 cm x 64 cm
L’œuvre, en bas-relief, joue sur la superposition de deux plans : un puzzle représentant une cabane se superpose à la photographie d’une friche por- tant les traces d’une démolition récente. Il s’agit en fait du même point de vue, comme en attestent certains détails inchangés de la végétation. Lors d’installations, habitants des Prairies, passants, visiteurs se sont prêtés au jeu : la cabane a retrouvé sa place dans le paysage. À présent, le temps est suspendu, le puzzle semble laissé à l’abandon. L’œuvre invite le spectateur à se remémorer, à imaginer les éléments manquants.

Gwénaëlle Gonzalez — Photographie, 2014
Rennes 2014 – Noir & blanc, tirage argentique contrecollé sur Dibond, caisse américaine bois clair, 100 cm x 100 cm
« Mon travail est une recherche constante sur le paysage urbain, dans lequel l’homme cherche sa place. La confrontation du passé et du présent est toujours visible quelque part dans la cité et c’est elle qui m’intéresse, à travers les déchirures qu’elle crée dans le tissu urbain, provocant des télescopages quasi surréalistes. L’homme est en général à la clé de ce qu’il veut garder ou non et la superposition dans le temps de ses choix, crée des paysages très singuliers où j’aime déambuler, en agissant comme une archéologue du paysage urbain. »
http://gwenaellegonzalez.wix.com/gwenaelle/

Julien Gorgeart — Peinture, 2015
Hors champ – Huile sur toile, 70 cm x 80 cm
Les œuvres de Julien Gorgeart semblent témoigner du monde contemporain, celui dans lequel l’artiste et le regardeur évoluent. Au pinceau, il traduit le monde réel a n d’ouvrir des perspectives narratives et cinématographiques. Avec une délité de type photographique, ses œuvres représentent des scènes de vies quotidiennes. Pourtant, la réalité n’y est qu’illusion, simulation et réactivation ; Julien Gorgeart est un peintre du simulacre. Issues de sa propre expérience, de celles de ses proches ou d’inconnus, les images subissent un véritable travail de montage.
http://juliengorgeart.com

Karim Ould — Tableau, 2013
Hautes Ourmes – Impression sur adhésif contrecollé sur Dibond, 223 cm x 111 cm
Ce tableau est une vue en plan de façade d’immeuble. Un immeuble de 1971-72, emblématique de la ville de Rennes, œuvre de Georges Maillols dans le quartier du Blosne. Le tableau joue de l’ambiguïté entre représentation et abstraction. Car s’il évoque un quadrillage qui pourrait s’étendre au-delà des bords du support, il est pourtant la recomposition de la trame colorée et géométrique de cette façade sur la surface et à l’intérieur des quatre côtés du tableau.
http://www.karimould.fr

Thomas Tudoux — Dessin, 2014
Sieste – Crayon de couleur sur papier, 6 dessins de 24 cm x 30 cm
Sieste est un intitulé ironique pour constater une certaine rentabilisation de l’espace public. Ces dessins pointent ces nouvelles formes de design urbain qui empêchent toute installation temporaire ou à long terme, tout usage divergent de nos espaces communs. Ces quelques vignettes naturalistes restituent un paysage urbain des plus ordinaires et relèvent à leur insu l’incongruité de tels aménagements de nos espaces publics.
http://www.thomastudoux.fr

Faustine Beuve — Photographie et installation, 2016
Collector – Tirages numériques contrecollés sur Dibond, 80 cm x 58 cm
De manière panoramique, le projet Collector questionne la silhouette du pay- sage urbain et ses métamorphoses. Le focus se porte sur les démolitions de maisons particulières à l’heure où la ville tend à prendre de la hauteur et s’expanse à la verticale en constructions collectives. Au sein d’une projection futuriste, la pérennité de la figure de la maison est mise en péril. Une obsolescence programmée ne planerait-elle pas au-dessus de ces architectures particulières qui les ferait basculer au rang d’objets « Collectors »
http://faustinebeuve.wix.com/works

Cédric Brandilly — Création numérique, 2016
Architectural SonarWorks – mise en musique en fonction des données architecturales et morphologiques
Ce projet artistique détourne les modes habituels de représentation du territoire en combinant algorithmes et données géomatiques dans le but de créer une cartographie sonore sensible des villes. Chaque bâtiment devient une note, le relief d’une harmonie. Chaque ville aura un son différent. Cédric Brandilly a fait appel à Romain Dubois, compositeur et ingénieur du son, pour l’illustration musicale de ce projet et la création d’un langage informatique développé spécifiquement pour cette proposition. Plus de trois années ont été nécessaires pour la concrétisation de ce projet.
Co-production : Les Tombées de la Nuit et le réseau In Situ (Création artistique contemporaine dans l’espace public), Centre des Arts d’Enghien-les-Bains (ville numérique Unesco).
http://www.cedricbrandilly.com

Anael Chadli — Dessin, 2016
Voix – Écriture manuscrite sur papier, 200 cm x 150 cm
« Voix est un chantier de 4 années durant lesquelles je cultive une phrase manuscrite unique. Non pas une seule phrase répétée, mais une phrase qui s’invente à mesure que je l’écris. Elle se rami e dans sa croissance presque végétale, à partir de textes de la littérature du monde entier traduits en français. J’ai travaillé avec plus de 500 livres à ce jour. Je souhaite que l’on puisse éprouver la dimension physique du langage écrit, sentir sa vivante complexité qui ne se réduit pas à un message. Le dessin encore en cours de réalisation mesurera 200 cm de hauteur et 450 cm de largeur en 2018. »
http://www.anaelchadli.com

Estelle Chaigne — Photographie, 2016 Mitraille – Papier photo positif direct
Mitraille est un travail sur le procédé photographique et l’obtention d’images via le tir au fusil de chasse à grenailles. L’appareil-photo, une simple boîte, est la cible. Le déclencheur est la centaine de plombs de la cartouche. Les images produites sur papiers photo argentiques, fragiles et criblées de trous, redeviennent uniques et non reproductibles. Les multiples impacts faits par la cartouche permettent une diffraction de l’image, les sujets deviennent des spectres, écho à la violence de la technique qui les a produits.
http://www.estellechaigne.com

Caroline Cieslik — Photographie, 2014-2015
Paysages intermédiaires – tirages pigmentaires sous Diasec, 40 cm x 50 cm
Ces images sont extraites de l’Observatoire Photographique du Paysage des Prairies Saint-Martin (Rennes). Le principe de cet Observatoire consiste à effectuer des prises de vues sur un territoire donné, qui seront à nouveau photographiées dans le temps. Dans ce cadre, les points de vue sont re- conduits quatre fois par an : le processus de création est donc soumis aux temporalités du passage des saisons. La photographie enregistre la difusion de la lumière à travers l’atmosphère et la captation du vent par flous de bougé. Lumière et couvert végétal sont les éléments mobiles de cet ensemble.
http://www.carolinecieslik.com

Chloé Dumond — Sculpture, dessin, 2016
Eugénie & Célestine – marbre blanc de Saint-Béat, massif Pyrénéen, diamètre variable
« La minéralité est le vecteur de mon cheminement ; elle balise mon terrain d’approche. Les pierres sont sujets mais deviennent aussi outils et moyens. Du calcaire au marbre, j’ai déambulé en dedans et au travers, pour glaner ici et là des formes, des matières, empruntées au paysage. »

Julien Gorgeart — Sculpture, 2016
Le Gisant – Étape de la sculpture, métal et résine, 342 cm x 160 cm x 120 cm
Le projet Le Gisant est une sculpture inspirée de la peinture Jardin fantôme. « Par cette sculpture, je remets en scène un élément d’une de mes peintures. Cette pièce représente un drap blanc résiné recouvert d’une peinture de carrosserie et donnera la sensation d’épouser la forme d’une petite voiture de sport. Pour ce projet, je fais référence aux gisants : des sculptures funéraires de l’art chrétien représentant un personnage couché. Mais je fais aussi référence à la représentation du fantôme dans l’imaginaire populaire. Pour cette exposition, des documents de recherches seront présentés ».
http://juliengorgeart.com

Jean-Benoit Lallemant — Installation, 2015
Expansionism – Flax straw 1000 kg, Ø 200cm x 300cm ; H 250cm
Expansionism est la conversion d’une tonne de paille de lin (5 round-ballers) en un mur de forme elliptique composé de 1050 briques. Thermocom-pressées avec la méthode de fabrication intitulée Massiffication (2015), les briques sont exclusivement constituées de paille de lin. Disposées les unes sur les autres, la gravité est leur seul élément de liaison.
http://www.jeanbenoitlallemant.com

Mael Le Golvan — Photographie, 2014
Paysages hyperboréens – Tirages pigmentaires sur papier RC contrecollés sur Dibond, 60 cm x 90 cm
Ce projet est réalisé en Scandinavie, au-delà du cercle polaire Arctique et en début d’été, durant la période nommée « jour polaire », lorsque la nuit ne tombe jamais. Le sujet est pourtant la nuit ou plutôt sa recréation, par la technique dite « nuit américaine ». De fait, ces paysages photographiques s’affirrment comme des constructions, comme des ctions soulignées par cer- taines mises en scène. Loin d’être en osmose avec le paysage qui l’entoure, l’artiste n’est pas romantique, mais davantage une présence technique, un sujet prométhéen contredisant le réel, transformant le jour en nuit.
http://mael-legolvan.com

Karim Ould — Sculpture, 2014-2016 Cuboctaèdre – Béton, volume : 75 cm, 100 cm x 100 cm, patron : 15 cm x 320 cm x 180 cm
La sculpture est en deux parties. Chacune des deux parties est fragmentée. La première partie est un cuboctaèdre en 8 pièces assemblées pour reformer le volume : 12 sommets, 24 arêtes de degré 4, 14 faces (8 triangles, 6 carrés). La deuxième partie est la matrice dépliée du cuboctaèdre. Elle est la mise à plat des 14 faces, le patron. Jeu de reconnaissance entre deux objets, chacun étant le développement ou la reconstruction de l’autre. Cuboctaèdre est un prototype de recherche sur la création de mobilier urbain associant utilité et réexivité.
http://www.karimould.fr

Jérôme Sevrette — Photographie, 2016 Éphéméride – Tirages numériques contrecollés sur Dibond, 3 photographies, 60 cm x 40 cm Éphéméride (détail du triptyque), extrait de l’ensemble photographique Via Silva – Zone vibrante
Les séries photographiques de Jérôme Sevrette se caractérisent par une attirance pour un décor, une mise en scène à la fois naturelle et structurée. Ainsi émerge le potentiel d’un lieu, d’une scène ou d’une architecture propice à la réalisation d’un ensemble. Pour sa recherche sur le quartier de Rennes Via Silva, il s’attache, d’un point de vue poétique, à la constitution d’une collection d’images du paysage présent. Cette « zone vibrante » se révélera au l du temps, comme le laboratoire à ciel ouvert des « accidents de terrain » engendrés par l’expansion et la transformation de notre habitat.

Mélanie Villemot — Peinture, installation, 2016
Walking by – Peinture en dégradé faite de sable coloré organisé en dalles carrées
Les images s’affranchissent peu à peu du monde matériel. La matière de- vient alors indésirable, double imparfaite de ce monde lisse et régulier. Dans cet univers de surface, l’apparence règne, libérée de toutes exigences de cohérence avec une quelconque vérité. « J’encourage alors le spectateur, non sans un certain désabusement, à se détourner volontairement du monde considéré comme “réel” pour se laisser couler dans ces images faites d’or et de plastique, de cocktails impeccables et de piscines immobiles. »
http://melanie-villemot.tumblr.com/

Collections 4 aura lieu en deux temps :

· une exposition estivale du 2 juillet au 4 septembre à l’Orangerie du Thabor, du mardi au dimanche de 14 h à 19 h. Gratuit.

· une exposition d’automne du 17 septembre au 16 octobre au Parlement de Bretagne et au Phakt, dans le cadre de la Rentrée des arts visuels.

Collections expose le fonds communal d’art contemporain de Rennes was last modified: juin 30th, 2016 by Rennes

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