Aujourd’hui, François Hollande est en voyage en Chine avec, dans ses bagages, quelques chefs d’entreprise. Parmi eux, Christian Pées, président d’Euralis et qui espère ouvrir une usine en Chine, mais également lobbyiste de l’agroalimentaire.

Euralis est une coopérative agricole et agroalimentaire. Dans cette dernière activité, elle est propriétaire de sociétés productrices de foie gras, comme Montfort ou Rougié, mais surtout de marques de distributeurs. L’implantation dans les marchés émergents est une stratégie clairement affichée par le groupe avec une valorisation par la qualité française et le partenariat avec de « grands chefs ».

gavageEuralis prévoit donc une ouverture d’une usine en Chine autour de 2020. « Aujourd’hui, on est en dessous de 100 000 canards transformés, mais on pourrait en faire trois fois plus », affirme Christian Pèes. L’objectif annoncé est même de 1 million de canards en 2020. Les interdictions de plus en plus fréquentes du foie gras dans les pays occidentaux pour cause de cruauté infligés aux animaux (voir notre article) poussent les groupes à miser sur des marchés déjà producteurs et consommateurs. Mais qu’en est-il des conditions de production eu égard aux problèmes rencontrés dans la production de volaille dans ce pays ? Le groupe Euralis annonce entre 80 et 90 % de production de foie gras par des producteurs chinois dans ce projet.

Le discours marketing du groupe sur le développement en Chine masque beaucoup de choses : manque à gagner du côté des éleveurs français, mélanges réalisés dans les foies gras « grand public », trucage sur les appellations entre produit et conditionné en France… Voilà qui devrait pousser certainement bien des producteurs de foie gras français à abandonner la production, mais cela risque, au contraire, d’aller vers plus de productivisme et de cruauté pour les animaux. La France, parmi les derniers pays d’Europe à produire et commercialiser le foie gras, pourrait bien encore voir sa balance commerciale pencher un peu plus du côté de la Chine, alors que le voyage du président Hollande vise, officiellement, à l’inverse.

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