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Premières impressions les diverses sélections de films projetés à Auch, au Festival indépendant et création 2018.

  • What You Gonna Do When The World’s On Fire, de Roberto Minervini.

USA/Italie/France, 2 H 03.

Distribution : Shellac.

Sélection au Festival de Venise 2018.

Sortie 5 décembre 2018.

Un an après la mort d’Alton Sterling, une chronique de la communauté afro-américaine de Baton Rouge en Louisiane, durant l’été 2017, quand une série de meurtres violents agite le pays. Une réflexion sur la question raciale, un portait intime de celles et ceux qui luttent pour la justice, la dignité et la survie dans un pays qui les maintient à la marge.

Dans son précédent film, The Other Side, Roberto Minervini nous avait présenté un tableau très cru de poor white mendu Sud des Etats-Unis. En un parallèle saisissant, il nous montre cette fois-ci des gens tout aussi pauvres, mais situés de l’autre côté de la barrière raciale dans le même Sud. Dans les deux cas, une réalité vivante et terrible, éloignée de tous les discours officiels, s’impose à nos regards. La familiarité du réalisateur avec ses personnages est impressionnante, jusqu’à susciter le malaise : comment pouvons-nous – nous, spectateurs – trouver la bonne distance et nous situer dans un tel univers ?

  • Pig, de Mani Haghighi.

Iran, 1 H 47.

Distribution : Epicentre Films.

Sortie 5 décembre 2018.

Un mystérieux serial killer s’attaque aux cinéastes les plus adulés de Téhéran. Hasan Kasmai, un réalisateur iranien, est étrangement épargné. Censuré depuis des mois, lâché par son actrice fétiche, il est aussi la cible des réseaux sociaux. Vexé, au bord de la crise de nerfs, il veut comprendre à tout prix pourquoi le tueur ne s’en prend pas à lui et cherche, par tous les moyens, à attirer son attention.

Il y a dans la littérature persane une tradition de fantastique, de grotesque et d’humour noir, que l’on retrouve par exemple dans La Chouette aveugle de Sadeq Hedayat et qui semblait curieusement absente jusqu’à présent du cinéma iranien. En renouant avec cette tradition, Mani Haghighi signe un film étonnant, réjouissant, qui se joue avec aplomb de tous les tabous. Sans doute mêle-t-il des matériaux très hétéroclites et en fait-il un peu trop, mais, pour un film de ce genre, est-ce un défaut ?

  • Les Invisibles, de Louis-Julien Petit.

France, 1 H 42.

Distribution : Apollo Films.

Prix du public au Festival du film francophone d’Angoulême en 2018.

Sortie 9 janvier 2019.

A la suite d’une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis !

Nourri par un solide travail documentaire préalable de Claire Lajeunie sur des femmes SDF, le film mêle quelques actrices professionnelles (Corinne Masiero, Audrey Lamy, Noémie Lvovsky, Deborah Lukumuena…) à un groupe de femmes venues de la rue. La trame narrative est minimale mais efficace et débouche sur une émouvante dernière séquence. Le film de Louis-Julien Petit est sympathique et généreux.

  • Wildlife, une saison ardente, de Paul Dano.

USA, 1 H 45.

Distribution : ARP Sélection.

Film d’ouverture de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2018.

Soutien AFCAE.

Sortie 19 décembre 2018.

Dans les années 1960, Joe, un garçon solitaire et renfermé, est témoin de l’éclatement du mariage de ses parents, après un déménagement dans le Montana. Sa mère Jeannette tombe amoureuse d’un autre homme…

Situé d’une manière précise au début des années 1960, dans la splendeur des paysages du Montana, alors ravagé par de grands incendies, le premier film de l’acteur Paul Dano est une adaptation très personnelle d’un roman de Richard Ford. C’est un récit initiatique, construit entièrement autour du regard d’un adolescent, plus adulte en fait que le monde qui l’entoure. Le film décrit avec pudeur et subtilité le délitement d’une famille et, à l’arrière-plan, du rêve américain.

  • Les Héritières, de Marcello Martinessi.

Paraguay, 1 H 37.

Distribution : Rouge Distribution.

Prix FIPRESCI au Festival de Berlin 2018.

Sortie 28 novembre 2018.

Chela, la soixantaine, appartient à la bourgeoisie paraguayenne et est forcée d’affronter la vie alors que son héritage est en train de disparaître et que sa compagne est envoyée en prison.

L’héroïne du film essaie d’échapper à l’étouffement d’une grande maison bourgeoise décadente, qui est sans doute une allégorie du Paraguay. Film étrange, dans un univers entièrement féminin, décourageant par son rythme monotone et parfois opaque dans sa narration. Dès qu’il sort du huis-clos de la maison, il fourmille pourtant de notations sur la société paraguayenne, notamment lors de scènes hallucinantes dans une prison de femmes.

  • Maya, de Mia Hansen-Love.

France, 1 H 47.

Distribution : Films du Losange.

Sortie 19 décembre 2018.

Décembre 2012, après quatre mois de captivité en Syrie, deux journalistes français sont libérés, dont Gabriel, trentenaire. Après une journée passée entre interrogatoires et examens, Gabriel peut revoir ses proches : son père, son ex-petite amie, Naomi. Sa mère, elle, vit en Inde, où Gabriel a grandi. Mais elle a coupé les ponts. Quelques semaines plus tard, voulant rompre avec sa vie d’avant, Gabriel décide de partir à Goa. Il s’installe dans la maison de son enfance et fait la connaissance de Maya, une jeune indienne.

Le film se situe d’abord dans le temps vif et fiévreux de l’actualité des médias occidentaux pour basculer dans le temps languissant de l’Inde traditionnelle. Où est le réel ? Où est l’illusion (le voile de Maya) ? Le film cherche sans doute à poser ce dilemme, mais sa seconde partie, proprement interminable, m’a semblé inconsistante, dominée par tous les habituels fantasmes occidentaux sur l’Inde. J’avais été touché par le précédent film de Mia Hansen-Love, L’Avenir ; celui-ci est pour moi une grande déception.

  • L’Amour debout, de Michaël Dacheux.

France, 1 H 23.

Distribution : Epicentre Films.

Sélection ACID au Festival de Cannes 2018.

Sortie 30 janvier 2019.

Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu ensemble leur première histoire d’amour. Désormais, chacun s’emploie, vaille que vaille, à construire sa vie d’adulte.

Cette histoire de jeune provincial monté à Paris et qui s’y découvre cinéaste en même temps qu’il y affirme son homosexualité m’inspirait beaucoup de craintes sur le papier (je n’avais même pas cherché à le voir à Cannes). Mais le film – certes objet « de cinéphile et pour cinéphiles », habité par les références à Jean Eustache et Eric Rohmer – a été pour moi une heureuse surprise. Il témoigne d’une belle attention aux lieux et aux gens et d’un véritable sens de la composition. Je lui ai trouvé beaucoup d’intelligence, de finesse et de charme.

  • C’est ça l’amour, de Claire Burger.

France, 1 H 38.

Distribution : Mars Films.

Sortie 27 mars 2019.

Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Après Forbach et Party Girl, Claire Burger continue à tisser ses chroniques provinciales, en l’occurrence dans une famille à la dérive après le départ de la mère. Le père, joué par un touchant Bouli Lanners, s’accroche désespérément à son modèle de famille perdue avant de laisser aller. Le film laisse entendre que sortir d’un rapport fusionnel et accepter les désirs des autres, « c’est ça l’amour », peut-être bien. La réalisation de Claire Burger m’a laissé une impression de justesse mêlée d’une certaine gêne : je me suis souvent senti « en trop » en tant que spectateur.

  • Continuer, de Joachim Lafosse.

France, 1 H 21.

Distribution : Le Pacte.

Sortie 23 janvier 2019.

Sybille, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

Dans cette adaptation d’un roman de Laurent Mauvignier, une mère et son fils, séparés par la vie, se retrouvent au fil d’un long voyage à cheval à travers les steppes du Kirghizistan. Joachim Lafosse manifeste plus d’empathie pour les habitants et les paysages de cette région du monde qu’il n’en avait montré pour l’Afrique lors du tournage des Chevaliers blancs, mais je reste agacé par sa manière de convoquer des décors exotiques comme toile de fond aux états d’âme de personnages très occidentaux.

  • La Dernière folie de Claire Darling, de Julie Bertuccelli.

France 1 H 34.

Distribution : Pyramide Distribution.

Sortie 12 décembre 2018.

À Verderonne, petit village de l’Oise, c’est le premier jour de l’été et Claire Darling se réveille persuadée de vivre son dernier jour… Elle décide alors de vider sa maison et brade tout sans distinction, des lampes Tiffany à la pendule de collection. Les objets tant aimés se font l’écho de sa vie tragique et flamboyante. Cette dernière folie fait revenir Marie, sa fille, qu’elle n’a pas vue depuis 20 ans.

J’avais été passionné par Les Dernières nouvelles du cosmos, le plus récent documentaire de Julie Bertuccelli. J’ai été d’autant plus déçu par cette adaptation d’un roman de Lynda Rutledge, qui a bénéficié d’un gros casting autour de Catherine Deneuve. Le film en appelle à l’émotion du spectateur d’une manière qui m’a semblé très pesante et il m’a laissé malheureusement tout à fait indifférent.

  • Diamantino, de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

Portugal/France/Brésil, 1 H 32.

Distribution : UFO Distribution.

Sélection Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2018.

Sortie 28 novembre 2018.

Diamantino, icône absolue du football, est capable à lui seul de déjouer les défenses les plus redoutables. Alors qu’il joue le match le plus important de sa vie, son génie n’opère plus. Sa carrière est stoppée net, et la star déchue cherche un sens à sa vie. Commence alors une folle odyssée, où se confronteront néofascisme, crise des migrants, trafics génétiques délirants et quête effrénée de la perfection.

Ce premier film de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt est une réjouissante dinguerie autour d’une vedette du football, qui ne peut pas ne pas évoquer le fameux Cristiano Ronaldo. Même s’il tient difficilement la durée d’un long métrage, le film est formellement surprenant et inventif. L’idiotie de son personnage central sert en fin de compte de révélateur très sérieux de toute une époque.

  • Doubles vies, d’Olivier Assayas.

France, 1 H 47.

Distribution : Ad Vitam.

Sélection au Festival de Venise 2018.

Sortie 16 janvier 2019.

Alain et Léonard, écrivain et éditeur, dépassés par les nouvelles pratiques du monde de l’édition, sourds aux désirs de leurs épouses, peinent à retrouver leur place au sein de cette société dont ils ne maîtrisent plus les codes.

Le nouveau film d’Olivier Assayas est une comédie plaisante, par moments brillante, bien écrite et interprétée, dans le petit milieu de l’édition germanopratine. Les questions abordées dans les discussions entre les protagonistes du film concernent l’ensemble du champ de la culture, et donc aussi du cinéma, et ne manquent pas d’intérêt. Mais, au terme de la projection, je me rends compte que je n’ai aimé aucun personnage et que l’univers du film me semble irrémédiablement vide et vain.

  • En liberté !de Pierre Salvadori.

France, 1 H 48.

Distribution : Memento Films.

Sélection Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2018.

Sortie : 31 octobre 2018.

Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

Adèle Haenel et Pio Marmaï brillent particulièrement dans cette comédie de Pierre Salvadori, qui me paraît destinée à un large succès public. Le burlesque y est d’une grande précision. Avec une pointe de mélancolie qui affleure aussi parfois, inopinément, et qui contribue à la réussite de l’ensemble.

  • En Politica, de Jean-Gabriel Tregoat et Penda Houzangbe.

France, 1 H 47.

Distribution : Bodega Films.

Sortie avril 2019.

Emilio et une petite équipe de militants des mouvements sociaux déterminés à changer les choses décident de se présenter pour la première fois à un scrutin. Élus députés sous les couleurs de Podemos, ils se retrouvent plongés dans le monde politique auquel ils se sont toujours opposés. De leur campagne à leurs premiers mois au Parlement, nous suivons ces nouveaux politiques dans le quotidien de leur apprentissage, pris entre leurs idéaux et la réalité pratique de la politique institutionnelle.

Documentaire vivant et incisif sur les premiers pas des députés de Podemos au parlement des Asturies. La politique telle qu’elle se pratique au quotidien… Alors qu’ils n’ont pas de mots assez durs contre « le système » et « les politiciens », les jeunes députés rebelles se révèlent ironiquement politiciens jusqu’au bout des ongles.

  • Les Estivants, de Valeria Bruni Tedeschi.

France, 2 H 07.

Distribution : Ad Vitam.

Sélection au Festival de Venise 2018.

Sortie 30 janvier 2019.

Une grande et belle propriété sur la Côte d’Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de dominations, des peurs et des désirs. Chacun se bouche les oreilles aux bruits du monde et doit se débrouiller avec le mystère de sa propre existence.

Pour entrer dans ce film, il faut accepter une série de conventions préalables : l’autofiction, le huis-clos d’une grande maison bourgeoise, avec les femmes, les maris, les amis, les amants, les serviteurs et toutes sortes de fantômes, y compris ceux de La Règle du jeu de Renoir, les numéros d’acteurs rodés au théâtre, le film sur le film en train de se faire, etc. Chacune de ces conventions prise à part aurait dû me rebuter mais, bizarrement, j’ai été intéressé et en fin de compte touché par ce film, beaucoup plus que je ne l’avais été par les précédentes réalisations de Valeria Bruni Tedeschi.

  • Les Météorites, de Romain Laguna.

France, 1 H 25.

Distribution : KMBO.

Sortie 6 février 2019.

Nina, 16 ans, rêve d’aventure. En attendant, elle passe l’été entre son village du sud de la France et le parc d’attractions où elle travaille. Juste avant de rencontrer Morad, Nina voit une météorite enflammer le ciel et s’écraser dans la montagne. Comme le présage d’une nouvelle vie.

La jeune actrice non professionnelle qui joue le rôle de Nina est attachante et, dans ses meilleurs moments, le film atteint une sorte de fantastique rural, dans le paysage montagneux des environs de Béziers. Mais il y a malheureusement aussi dans Les Métérorites tous les passages obligés du film d’initiation adolescente (fumette, discothèque, errance nocturne…) qui le réduisent à la banalité.

  • Petra, de Jaime Rosales.

Espagne/France/Danemark, 1 H 47.

Distribution : Condor Distribution.

Sélection Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2018.

Sortie 6 mars 2019.

Petra, jeune artiste peintre, n’a jamais connu son père. Obstinée, la quête de ses origines la mène jusqu’à Jaume Navarro, un plasticien de renommée internationale. Ce dernier accepte de l’accueillir en résidence dans son atelier, perdu dans les environs de Gérone. Petra découvre alors un homme cruel et égocentrique, qui fait régner parmi les siens rancœur et manipulation. Espérant des réponses, la jeune femme consent à se rapprocher de cette famille où dominent les non-dits et la violence. Petra trouvera-t-elle vraiment ce qu’elle est venue chercher ?

Au-delà des « secrets de famille », qui constituent aujourd’hui la trame de beaucoup de livres, de films et de séries, le film de Jaime Rosales a l’ambition de proposer une histoire tragique, au sens antique, dans un contexte tout à fait contemporain, et il y parvient au moins en partie. Il est servi par une grande rigueur formelle, un peu trop emphatique et ostentatoire à mon goût.

  • Sophia Antipolis, de Virgil Vernier.

France, 1 H 38.

Distribution : Shellac.

Sortie 31 octobre 2018.

Sophia-Antipolis, c’est le nom de ce territoire étrange entre la mer Méditerranée, la forêt et les montagnes. Sous un soleil aveuglant, des hommes et des femmes sont à la recherche d’un sens, d’un lien social, d’une communauté. Ils vont croiser le destin d’une jeune fille disparue.

Comme dans son précédent film, Mercuriales, Virgil Vernier s’efforce de capter le mystère de lieux urbains d’une sinistre banalité. Mercuriales m’avait laissé perplexe, mais Sophia Antipolis m’a semblé moins informe, mieux construit et, du coup, m’a beaucoup plus convaincu. J’ai été sensible à son propos politique, d’autant plus puissant qu’il reste indirect et non formulé d’une manière militante.

  • Tout ce qu’il me reste de la révolution, de Judith Davis.

France, 1 H 28.

Distribution : UFO Distribution.

Prix du Jury au Festival du Film Francophone d’Angoulême en 2018.

Sortie février 2019.

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses.

Formée auprès d’Armand Gatti, membre d’un collectif théâtral dont plusieurs des acteurs se retrouvent avec elle dans le film, Judith Davis signe avec Tout ce qu’il me reste de la révolution une comédie percutante qui questionne la transmission du désir de révolution entre générations. J’ai été séduit par ce film d’une constante justesse et que j’ai même trouvé par moments bouleversant.

Pour la petite histoire, le poème de Victor Hugo, Les Tuileries, mis en musique par Colette Magny, est présent dans le film de Judith Davis, dans la nouvelle version interprétée par Camelia Jordana et Bertrand Belin. L’inoubliable version originale de Colette Magny apparaît, elle, dans L’Amour debout de Michaël Dacheux. Petit fil conducteur significatif entre deux des plus beaux films vus cette année à Auch.

*

A l’initiative d’Alain Bouffartigue et de Daniel Toscan du Plantier, le festival « Indépendance(s) et création » propose depuis 1998, en avant-première, une cinquantaine de films relevant de l’art et essai, toutes écritures et genres confondus, issus du monde entier.

Un festival, sans compétition et sans prix, qui n’a pas d’autres raisons d’être que de partager un certain amour du cinéma et de développer année après année l’attrait des spectateurs pour la diversité et la liberté de la création cinématographique. Des révélations de premiers films aux œuvres inédites de cinéastes de premier plan, du documentaire à la fiction en passant par le cinéma d’animation, ces films sont comme autant d’invitations à la découverte, au plaisir, parfois avec dépaysement et surprise.

Tous les films sont présentés par l’équipe de Ciné32 et à chaque fois que cela est possible une rencontre avec le cinéaste ou d’autres artistes est proposée.

A la diversité des films répond la diversité des publics. Le Festival « Indépendance(s) et création » c’est 4 journées dédiées au cinéma où se côtoient dans une atmosphère conviviale cinéphiles assidus, curieux ponctuels et professionnels du cinéma. Depuis près de 20 ans, la singularité de ce festival est d’être une belle occasion de rencontre entre des cinéastes, des acteurs, des producteurs, des distributeurs et des exploitants de salles de cinéma Art et Essai pour préparer les sorties publiques des films dans les meilleures conditions.

Le festival se déroule principalement à Ciné32 et se déploie dans toutes les salles de cinéma du Gers pour totaliser près de 16 000 entrées.

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